Déjà repéré aux côtés de Terence Blanchard ou de Mark Guiliana, ce brillant pianiste d’origine cubaine donnera ce samedi son premier concert sous son nom en France : une découverte à ne pas manquer !

 

 

Il se passe quelque chose de neuf et d’excitant du côté des pianistes cubains-américains : on ne veut pas parler de ceux qui recyclent une énième fois Guantanamera, Quizás, quizás, quizás et autres vieilles lunes, mais bien de ceux qui, à l’instar d’Aruán Ortiz ou de David Virelles, réinventent la tradition de l’île en la frottant aux explorations les plus avancées du jazz actuel. Fabian Almazan, trente-quatre ans, s’inscrit avec brio dans cette mouvance. Naissance et enfance à La Havane, immigration à Miami, et finalement installation à New York : le parcours biographique est on ne peut plus classique, la musique beaucoup moins, à en juger par son dernier album “Alcanzaˮ (déjà son troisième), paru sur le label dématérialisé-mais-pas-complètement Biophilia. Organisé comme une suite, l’opus dévoile une fascinante musique latine progressive combinant héritage cubain, jazz moderne et écriture classique, dans un mélange baroque et étourdissant où s’entremêlent voix, quatuor à cordes et électronique. Mais c’est dans une version resserrée pour trio seul que Fabian Almazan nous présentera sa musique sur scène, flanqué de deux accompagnateurs de haut vol : la contrebassiste Linda Oh, partenaire de Dave Douglas ou Pat Metheny, et le batteur Henry Cole (d’origine portoricaine comme son nom ne le suggère pas), connu notamment pour son rôle crucial au sein du quartette de Miguel Zenón. Si l’on juge du niveau d’un artiste par celui de ses sidemen, il n’y a plus à hésiter : tous au Duc !

 

Pascal Rozat

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20181101 - N° 711 - 108 pages

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