Aruán Ortiz sur son 31

Belle découverte que ce pianiste doté d’une grande culture musicale (classique et jazz… TOUS les jazz), au style déjà affirmé, qu’il n’a plus qu’à mener, à son rythme, dans la direction qui lui siéra. Les compositions du Cubain sont très valides, ménageant une place non négligeable à l’improvisation. Sur la foi de cette prestation, Aruán Ortiz semble promis à un bel avenir.

Automne club, Toulouse, 24 octobre 2013 – Festival Jazz sur son 31

Aruán Ortiz quartet

Aruán Ortiz, p / John Hébert, b / Eric McPherson, d / Rez Abbasi, elg

Son approche fait partiellement écho aux démarches de Matthew Shipp, Craig Taborn ou Vijay Iyer (pour n’en citer que quelques-uns parmi les plus talentueux sur le même instrument) par un goût manifeste pour les boucles asymétriques obsessionnelles développées sur une durée conséquente (peut-être trop, comme le notait Thierry Quénum à propos de « Banned in London », chroniqué dans notre numéro de septembre), mais renvoie aussi aux labeurs du grand Andrew Hill, qu’accompagnèrent naguère les admirables John Hébert et Eric McPherson, ce qui n’est pas un hasard. Le blues, Thelonious Monk, Charlie Parker, le latin jazz et même Don Cherry, auquel il rend hommage, sont profondément inscrits dans l’ADN musical d’Ortiz, qui ne se contente pas de les citer à la légère mais en a assimilé les préceptes et trouvailles. Le guitariste se situe à la croisée de Pat Metheny et John Abercrombie, sonorité aussi douce que le mouvement des doigts est célère. En lieu et place de David Gilmore, annoncé sur le programme à ce poste, on retrouve le discret Rez Abbasi, complice de longue date de John Hébert, Vijay Iyer et Rudresh Mahantappa. Sa présence inspire la confiance, même si le guitariste semble éprouver quelques difficultés à se tirer de partitions il est vrai particulièrement ardues. Renseignement pris, il s’agissait du tout premier concert de ce quartette nouvellement constitué, ce qui explique ces tâtonnements sans gravité, que quelques répétitions devraient rapidement dégauchir.

David Cristol

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