Coax, la dynamique pantinoise

On ne sait plus très bien au bout du compte qui du duo dadaïste Grand Bazar (Antonin Tri Hoang et Eve Risser, en rupture momentanée d’Onj…) ou du jeune collectif parisien Coax (vivier de groupes comme Radiation 10, Actuus, Rétroviseur, etc.) a initié cette rencontre mais peu importe finalement, tant la soirée fut tout du long placée sous le signe du partage, de la complicité et de l’invention.


Pantin, La Dynamo de Banlieues Bleues, samedi 29 juin Dynamo. Carte blanche au collectif Coax.

 

Tout de suite le ton est donné quand dans la nef de la Dynamo les deux agitateurs de Grand Bazar entreprennent d’ouvrir les festivités en investissant avec malice et un vrai sens de la scénographie toutes les potentialités architecturales du lieu (escaliers, coursives, jardin…) — histoire de littéralement “mettre en scène” les ruptures d’humeurs, de tons et de styles (jazz, musique baroque, échappées contemporaines, installation “cagienne“…) dont leur programme est truffé. À la flûte, au saxophone alto, au piano jouet ou préparé, Bach, Ligeti, Carla Bley et Aphex Twin apparaissent un instant (pour qui sait les reconnaître…), habilement réinterprétés/recyclés avant de réintégrer le flux indifférencié et démocratique de ce grand bazar merveilleusement musical. A plusieurs reprises les musiciens du collectif Coax vinrent rejoindre le duo en diverses formules orchestrales éphémères et cette heure de musique en liberté, habilement scénarisée, se termina en une farandole fellinienne, aux accents d’une musique de cirque à la fois festive et mélancolique… Vint s’installer alors dans la salle de concert habituelle de La Dynamo de Banlieues Bleues, le duo de drum & bass mutant BIG composé depuis plus de 15 ans maintenant d’Edward Perraud et de Frérérick Galiay. Leur set, très court, très dense, eut l’intensité onirique d’une poussée de fièvre qu’on aimerait ne jamais voir finir tant elle libère le corps et l’esprit de sa pesanteur par sa décharge d’énergie… Totalement improvisé, constamment lyrique même dans les moments les plus abstraits et expérimentaux cette manière d’ambient hardcore agit sur l’âme comme une catharsis… La soirée se termina en apothéose par la prestation d’un ensemble de neuf musiciens tous membres du collectif Coax, dirigé pour l’occasion par le batteur et compositeur Yann Joussein. Une musique dans l’esprit syncrétique de la coopérative, faisant le lien entre le jazz moderne (Ornette Coleman), post-moderne (le Zorn de Naked City) et néo le prog-rock, dans des compositions à la fois simples et ouvertes laissant beaucoup d’espace à l’improvisation… Julien Desprez à la guitare ou Aymeric Avice à la trompette s’y engouffrèrent avec une grande fraîcheur… Nul doute que quelque chose du jazz de demain est en germe dans ces propositions… Stéphane Ollivier

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