D’JAZZ NEVERS 8, BOUQUET FINAL : ROBERTO NEGRO-THÉO CECCALDI, TOUS DEHORS, ABRAHAM INC.

Le festival touchait à son terme, entre un duo explosif, un orchestre espiègle, une injonction festive, et quelques autres événements artistiques autant d’éducatifs : bref, la fin rutilante d’une belle semaine 


Danse de Salon©Maxim François     Photo©Maxim François

ROBERTO NEGRO & THÉO CECCALDI « Danse de salon »

Roberto Negro (piano), Théo Ceccaldi (violon)

Maison de la Culture, salle Lauberty, 18 novembre 2017, 12h15

En rendant compte, en mai 2016, de la création de ce duo au festival Europa Jazz, le chroniqueur écrivait ces mots : tarentelle, Bartók, Mozart, free calypso, Ravel, danse tzigane, valse à la Satie, Berg, polka, Einstein on the Beach…. Dix-sept mois plus tard me viennent Stravinski, soul-funk, Debussy plutôt que Ravel, polka viennoise d’Argentine, tarentelle rock’n’roll : bref le mélange est toujours de mise, la pirouette virtuose de rigueur, et la joie communicative. Une petite mozarterie conduit directement à une déconstruction sauvage comme en osait le XXème siècle finissant, et une danse caribéenne tourne au calypso speedé avant de virer vers les rythmes lancinants d’une sorte d’allegro barbaro : certains trouvent ce zapping un peu trop superficiel en dépit de sa virtuosité musicale autant qu’instrumentale. Quant à moi, j’adhère et je jubile !

 

Elodie Pasquier au Musée de la Faïence©Maxim François      Élodie Pasquier au musée de la Faïence et des Beaux-Arts           Photo©Maxim François

Pendant les concerts et les conférences, la machine à comptes-rendus ne chôme pas. Tandis que le chroniqueur expédiait le déjeuner après la rencontre, à 13h15, entre le duo qui vient de jouer et le public, la clarinettiste Élodie Pasquier jouait au Musée. Et pendant que le plumitif se battait avec le wi-fi réticent de l’hôtel pour télécharger les photos de Maxim François, et envoyer ses chroniques sur le site de Jazz Magazine, le duo Smoking House offrait un spectacle aux enfants, puis Jean-Paul Ricard tenait conférence sur le thème « La Nouvelle Orléans : un creuset pour le jazz ? »

Tous Dehors©Maxim François       Photo©Maxim François

LAURENT DEHORS / TOUS DEHORS « Best of »

Laurent Dehors (composition, direction, saxophones ténor & soprano, clarinette et clarinette contrebasse), Catherine Delaunay (clarinette, clarinette basse, accordéon), Gérard Chevillon (saxophones basse & soprano, flûtes à bec, cornet), Damien Sabatier (saxophones alto, baryton & sopranino, clarinette), Denis Chancerel (guitare, banjo), Gabriel Gosse (guitare), Jean-Marc Quillet (marimba basse, vibraphone, xylophone, trompette), Bastien Stil (piano, tuba, trombone), Franck Vaillant (batterie, percussion, percussions électroniques)

Maison de la Culture, salle Philippe-Genty, 18 novembre 2017, 20h30

En vingt ans d’existence, le grand orchestre (atypique par son instrumentation) de Laurent Dehors a multiplié les expériences musicales tous azimuts, dans un esprit de liberté et de transgression humoristique, sans rien céder à la densité musicale. Les musiques et leurs référence varient, mais l’approche est constante : vitalité vibrionnante, contrastes violents, pirouettes acrobatiques, moments de douceur expressive aussitôt happés par le tourbillon renaissant, tout est à l’image du compositeur-multi-instrumentiste (et de ses amis). Et l’on s’immerge dans ce joyeux bonheur musical. C’est vivant, malin, bon enfant mais sans démagogie : on aime !

Abraham inc.©Maxim François      Photo©Maxim François

ABRAHAM INC. Feat. DAVID KRAKAUER , FRED WESLEY & SOCALLED

David Krakauer (clarinette, voix), Fred Weslel (tromobone, voix), Socalled (échantillonneur, boîte à ryhtme, accordéon, voix, piano, clavier numérique), Taron Benson (rap), Gary Winters (trompette, bugle), Brandon Wright (saxophone ténor), Allen Watsky (guitare, voix), Sheryl Bailey (guitare), Jerome Harris (guitare basse, voix), Michael Sarin (batterie)

Maison de la Culture, salle Philippe-Genty, 18 novembre 2017, 22h30

Cette soirée en forme de bouquet final se concluait avec ce groupe où klezmer, jazz, funk, hip-hop (et plus si affinité) se mêlent jusqu’au vertige. La clarinette de David Krakauer est noyée dans la masse, desservie par un problème de spectre du système de sonorisation, lequel a manifesté, dès le début de soirée un déséquilibre en terme d’égalisation, avec surenchère de l’aigu au relatif détriment du médium. Mais une séquence en trio, et un long solo, nous permettront d’entendre le clarinettiste dans la rondeur de son timbre. On est dans l’énergie speedée, attisée par Socalled, hyper-actif aux manettes et au micro, jouant le joyeux entertainer et faisant de son mieux pour remuer le public. Fred Wesley tient son rôle, à la voix comme au trombone, et quelques moments de gravité militantes permettent d’évoquer le 45ème président des USA (jamais nommé), et aussi le drame de Charlottesville. Mais la musique manque quand même d’épaisseur, et l’injonction festive qui incite laborieusement le public à se lever pour danser, si elle produit finalement ses effets, me laisse un léger sentiment de malaise. La fête, bien sûr, c’est le bouquet final. Mais je suis rétif à ce que l’on me force la main pour simuler une forme de spontanéité : serais-je devenu un vieux con ? Je ne l’exclus pas, et je vous laisse juges….

Xavier Prévost

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