Festival Radio France & Montpellier : David Enhco Quartet

Soirée contrastée du festival de Radio France & Montpellier Languedoc Roussillon le 20 juillet avec, sous la Pinède à 20h30, la musique atmosphérique, nappée de sons électroniques, du quintette Fälk, puis à 22h dans l’Amphithéâtre, le très acoustique David Enhco Quartet.


Fälk

Le groupe Fälk, à 20h30 sous la pinède


David Enhco Quartet : David Enhco (trompette, bugle), Roberto Negro (piano), Florent Nisse (contrebasse), Gautier Garrigue (batterie). Festival de Radio France & Montpellier Languedoc Roussillon, Amphithéâtre du Domaine d’O, 20 juillet 2015, 22h.

David Enhco  Roberto Negro 

David Enhco & Roberto Negro


    Très collectif dans l’esprit, même si le trompettiste assure un incontestable leadership, ce groupe manifeste déjà les belles connivences d’aventures partagées. Le répertoire du concert, rappel excepté, provient du CD « Layers », publié en 2014 sous le label Nome. C’est d’ailleurs par ce titre, composé par David Enhco, que le quartette commence. Puis c’est un thème du contrebassiste, avec une envolée torride du pianiste, suivie d’un ostinato fébrile de la trompette qui va bientôt rompre les amarres, avant de revenir vers un leitmotiv.

    Ce qui frappe, c’est le sens de la forme : qu’il s’agisse des compositions (le jazz aussi sait construire des formes : que l’on se rappelle un thème comme Elm de Richie Beirach….) ou des improvisations ; ici en effet, les improvisations échappent aux automatismes qui consistent à dérouler sur la grille harmonique des variations-inventions suggérées par le thème et le contexte ; et c’est encore une forme qui s’élabore, mesure après mesure, séquence après séquence.

    Ce sens de la construction et de la dramaturgie se révèle à nouveau dans une composition malicieuse du pianiste, dans une bluette mélancolique du trompettiste, et dans un étonnant échange entre le pianiste et le batteur : sur une sorte de concerto pour batterie au sein du quartette, signé par Roberto Negro, Gautier Garrigue confirme un exceptionnel talent que nous avions découvert en 2011, sur cette même scène, dans le trio d’Éric Barret. Et après une chaleureuse ovation du public, le concert se conclut en rappel par Silence de Charlie Haden, joué à son exacte lenteur.

Xavier Prévost


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