Festival Radio France & Montpellier : The Amazing Keystone Big Band

C’était un peu la soirée de gala du jazz  au Festival : horaire exceptionnel (concert à 21h, et pas d’avant concert à la Pinède à 20h30) et concert en deux parties, avec d’abord un hommage à Quincy Jones, puis une évocation des grandes chanteuses avec Célia Kameni. Un moment explosif et fédérateur, très couru puisque qu’on a dû fermer l’accès à l’Amphithéâtre : il y avait déjà un peu plus que les 1800 spectateurs autorisés par la capacité du lieu.

 

The Amazing Keystone Big Band

Jon Boutellier, Pierre Desassis, Kenny Jeanney, Julien Pontvianne, Ghyslain Regard (saxophones & flûtes) ; Vincent Labarre, Thierry Seneau, Félicien Bouchot, David Enhco (trompettes & bugles) ; Bastien Ballaz, Jérôme Berthelot, Loïc Bachevillier, Sylvain Thomas (trombones) ; Thibaud François (guitare), Frédéric Nardin (piano & piano électrique), Patrick Maradan (contrebasse), Romain Sarron (batterie), Célia Kameni (voix).

Festival de Radio France & Montpellier Languedoc Roussillon, Amphithéâtre du Domaine d’O, 17 juillet 2015, 21h.

Amazing Keystone Big Band 

     En première partie l’orchestre avait choisi de rendre hommage à Quincy Jones, avec lequel il avait partagé en 2014 la scène du festival Jazz à Vienne. Et le choix se portait sur plusieurs décennies des arrangement du Maître : depuis Air Mail Special, conçu pour Lionel Hampton au début des années 50, à Manteca orchestré pour l’un de ses disques au début des années 70, en passant par l’inoxydable Soul Bossa Nova, et aussi le magnifique Quintessence, élaboré pour Phil Woods, et ici très bien servi par Kenny Jeanney au saxophone alto.

     Pour la seconde partie, après avoir joué un arrangement original du trop méconnu Rythme futur de Django Reinhardt (un arrangement créé en juin au festival de Samois), l’orchestre accueillait une jeune chanteuse lyonnaise, Célia Kameni : belle voix, riche et maîtrisée, belle expression, et un type d’interprétation qui flirte avec la variété américaine, surtout dans le Goldfinger introductif. On parcourt des titres de Porgy and Bess, de West Side Story, mais il y a aussi des détours par Mel Tormé, Sarah Vaughan et Shirley Horn.

     Au fil du concert, l’orchestre fait entendre de très bons solistes (Jon Boutellier, Bastien Ballaz, Loïc Bachevillier, David Enhco, Julien Pontvianne….), et la phalange impressionne par sa cohésion, sa précision et son incroyable énergie. La seule réserve tiendrait au fait que la dynamique est étroite, serrée vers le haut : on est la plupart du temps entre mezzo forte et quadruple forte, et cela s’accentue encore par l’intervention du sonorisateur (celui du groupe, qui officie) : la lisibilité de tous les instruments est très bonne, mais c’est manifestement au prix d’un écrasement des nuances.

     Quoi qu’il en soit, la public était conquis, à juste raison, et cette ultime réserve de votre serviteur rappelle un sain principe : si le public et le chroniqueur étaient toujours d’accord, à quoi servirait le public ?

 

Xavier Prévost


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *