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Jazz à Vienne, 12 juillet

Plateau de luxe hier soir au Théâtre antique, avec pas moins de trois têtes d’affiche confirmées ou en devenir : José James, Youn Sun Nah et Avishai Cohen.

 

José James: José James (voc, g), Takuya Kuroda (tp), Kris Bowers (cla), Solomon Dorsey (elb), Richard Spavens (dm).

En guise de mise en bouche, le chanteur soul labellisé Blue Note ouvrait les festivités avec un set exemplaire d’efficacité. Sur des grooves impeccables, James déroula le répertoire de son récent "No Beginning No End", aux chansons si bien troussées qu’on leur pardonne volontiers quelques facilités ici ou là (cette reprise du refrain transposée un ton plus haut à la fin de la ballade Come To My Door… tss-tss). Comme devait le confirmer la suite de la soirée, une vedette digne de ce nom doit toujours avoir un ou deux petits numéros dans sa manche pour mettre le public dans sa poche. Dans le cas de José James, il s’agit du vocal deejaying, consistant à émuler avec sa voix les effets qu’un DJ hip-hop tire de sa platine. Pas mal dans son genre. Reste qu’en matière de nu-soul, le déjà vétéran Omar devait mettre la barre encore bien plus haut lors de sa prestation au Jazz Mix plus tard dans la nuit.


Youn Sun Nah Quartet: Youn Sun Nah (voc), Ulf Wakenius (g), Vincent Peirani (acc), Simon Tailleu (b).

Avec Youn Sun Nah, l’intensité de la musique monte encore de plusieurs crans. Que dire sur elle que l’on n’ait pas déjà écrit ailleurs ? Ce mélange de virtuosité ébouriffante et de timidité, cet équilibre entre exubérance et simplicité… La chanteuse coréenne reste décidément un mystère. Si la prestation guitaristique à grand spectacle d’Ulf Wakenius lui rallièrent tous les suffrages, on aura pour notre part surtout été épaté par la musicalité de Vincent Peirani, capable de capter l’attention de milliers de personnes avec la même facilité qu’un conteur au coin du feu. Standing ovations répétées tout au long de ce concert, qui restera l’un des grands triomphes de Jazz à Vienne 2013.


Avishai Cohen Quartet: Avishai Cohen (b, elb, voc), Eli Degibri (ts, ss), Nitai Hershkovits (p, cla), Ofri Nehemya (dm).

Après un tel succès, comment prendre la suite ? Placé face à ce défi, Avishai Cohen a d’abord l’intelligence de ne pas chercher à surenchérir. Alors que la musique de Youn Sun Nah lorgnait volontiers vers le rock, la chanson ou les musiques du monde, il choisit au contraire d’amener le public sur un terrain purement jazz, calmant le jeu d’emblée avec un set straight ahead de toute beauté, élégant et intimiste. Les grooves plus contemporains et les quelques tubes qui ont fait son succès sont gardés pour la fin, de même que ses bottes secrètes : le solo voix / contrebasse et les reprises du générique des Flinstones (sur un swing up tempo échevelé) et de Besame Mucho.

Il est déjà près d’une heure du matin lorsque les spectateurs quittent le Théâtre antique, des étoiles dans les yeux. La nuit prochaine, le concert n’aura pas de fin, ou presque : ce sera jazz all night long, jusqu’au petit-déjeuner. Votre chroniqueur survivra-t-il à cette épreuve ? Vous le saurez en lisant mon dernier blog viennois.


Pascal Rozat

 

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