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Europa Jazz : Petite Vengeance, Peter Evans, Marc Ducret "Tower Bridge". Et Paulette...

 

On commencera par Paulette. Qui a quitté les siens, ses proches, le festival, le 27 février dernier. Elle était bénévole depuis quasiment les débuts, accueillante derrière son comptoir. On venait y boire un verre ou une tasse, grignoter des tartines, toutes les conversations d'après concert avaient lieu autour de cet endroit. Paulette (Louis Sclavis lui a dédié un morceau) figure désormais à gauche de ce même comptoir, en photo avec Han Bennink (photo Méphisto). Elle était à la fois une mascotte, et un emblème. Rien ne la prédestinait à aimer le jazz, ce n'était pas dans sa culture. Sa culture était d'amour, et elle a écouté ces musiques sans a priori. Du coup, très vite, elle a aimé ça. Tout le projet de l'Europa est résumé dans ce parcours : faire aimer le jazz à des personnes qui ne savent pas que cette musique, d'une part n'a rien  de compliqué ou d'élitiste, et d'autre part les attend.

Du jazz chez Picasso

 

 

Picasso3ÂAcAlvoet2015Vendredi soir, au Musée Picasso en nocturne, les étudiants du département jazz du CNSM improvisaient devant les chefs d’œuvres du peintre catalan…

Yonathan Avishai au "Caillou du Jardin Botanique", à Bordeaux

Et d'abord, rappeler que le "Caillou" est toujours programmé - pour ce qui touche au jazz - par Cédric Jeanneaud, pianiste bordelais dont j'ai déjà signalé ici les multiples talents d'instrumentiste, arrangeur et chef d'orchestre. Ensuite, rappeler aussi que Yonathan Avishai fut naguère programmé par mes soins dans le "Bordeaux Jazz Festival". À l'époque il résidait en Dordogne, et jouait souvent avec Bertrand Noël (dm). Aujourd'hui, il est établi en Bourgogne, et semble s'en porter bien si j'en juge d'une part par le concert d'hier soir, mais aussi par le disque qui vient de sortir. Que je conseille vivement (label "Jazz@people", avec de remarquables notes de pochette de Vincent Bessières.

Jazzahead ! 10° année, "accents français", Airelle Besson 4tet

Invité par l'Europe Jazz Network (EJN), dans le cadre d'un projet au long cours en vue de la publication d'une "Comprehensive History Of Jazz In Europe" (titre provisoire), je suis donc arrivé à Brème le vendredi 24, soit le lendemain de la grande soirée dédiée aux musiciens français, la "French Night" du 23 avril. Pour cette dixième édition la France était donc à l'honneur, et, de l'avis général, elle a non seulement tenu sa place avec les groupes sélectionnés et engagés (1) (Vincent Peirani et Emile Parisien, Sylvain Rifflet Alphabet Quartet, Théo Ceccaldi Trio, Donkey Monkey, Henri Texier Hope Quartet, Papanosh, Thomas Pourquery Supersonic, et l'ONJ qui avait de toutes façons été intégré à cette "french night"), mais encore très favorablement impressionné les spectateurs/auditeurs par la qualité, la vivacité, l'invention musicale des prestations. Ajoutez que tout cela s'est passé dans une ambiance assumée de joie et de sourires, pas du tout contraints ou superficiels, mais renvoyant profondément à ce qui, dans le jazz - et je le rappelle ici encore - est affirmation de la vie (Bejahung) contre tout instinct, ou pulsion, de destruction. Et je sais qu'il ne suffit pas de le dire, hélas... 

Kevin Lucchetti, batteur-conteur

K.LucchettiÂAcALvoet2015 1Il y a quelques mois nous avions entendu Kevin Lucchetti avec le trio de Dexter Goldberg. Il y montrait sa puissance, son inventivité. Aux disquaires, mercredi 15 avril, ce jeune batteur tout juste sorti du CNSM prouve qu’il possède également un univers très personnel.

De Timothée Quost à Tony Tixier, une soirée parisienne contrastée

Au Théâtre de Verre, lieu associatif en plein déménagement, le trompettiste de Timotée Quost présentait son Quostet, formation issue du CNSM. Le même soir, profitant d’un séjour au Ronnie Scott's de Londres avec Christian Scott début avril, Tony Tixier était de retour à Paris pour un concert au Sunside.

La concordance des temps ou feux d’art, dis, fils !

Pour qui est avare de ses sorties, les surprises ne sauraient être que précieuses. Outre les sept (Géraldine L, Pierrick P, Médéric C, Manu C, Christophe M, Bernard L et Michel P) que je n’avais ni vus ni entendus depuis longtemps, les découvertes (de l’impressionnant percussionniste Louis Lubat et du zigoto polyvirtuose Fabrice Vieira) ne furent pas les moindres illuminations de mes soirées.

Quand les Jazzmen parlent aux psychanalystes...

JazzPsyÂAcAlvoet2015d4  C’est le printemps, on fait le ménage dans les carnets qui s’amoncellent sur le bureau, parmi les papiers gras, les épluchures de banane, et les cadavres d’animaux. Tout à coup, on se tape sur le front : « Zut ! j’ai oublié de rédiger le colloque Jazz et psychanalyse du mois de mars ! ».

 

Alerte rouge pour le jazz à Radio France

A l’arrière plan de la grève à Radio France, avec notamment le combat pour la préservation des deux orchestres symphoniques, un autre combat entamé l'été dernier perdure, celui de la place du jazz à France Musique et du maintien d’un Bureau du jazz de Radio France et des productions de concerts de jazz, combat autour duquel s’est constitué un comité de défense. Après avoir réuni plus de 7000 signatures, et s’être fait promettre une relance du Bureau du jazz, ce comité lance un appel à la mobilisation urgente des jazzfans pour rejoindre sa pétition . En effet, après que le PDG de Radio France a évoqué la disparition de France Musique sur les ondes, puis rassuré en proposant de recentrer France Musique sur le classique et le jazz, les mesures d’économie de 5% à 10% déclarées nécessaires pour la radio publique se traduisent par une réduction de 25% du budget du Bureau du jazz pour la saison à venir. Un bras de fer se joue dans les jours qui viennent.

Claudia Solal et Benjamin Moussay : Butter in My Brain

 Hier soir, 16 avril, la chanteuse Claudia Solal et le pianiste Benjamin Moussay créaient leur nouveau programme, Butter in My Brain, dans le cadre du festival d’art vocal Les Enchanteuses proposé par le Triton à chaque nouveau printemps, inauguré le 27 mars cette année par Laurence Malherbe et qui s’achève après-demain, samedi 18 avril, par un double plateau que se partageront Lou Tavano et Clotilde Rullaud, précédées la veille par la chanteuse de flamenco Paloma Pradal et le saxophoniste Jean-Marc Padovani. Un programme éclectique, d’un éclectisme qui m’invite, en prologue à ce compte rendu, à me pencher sur une question qui ressemble au sparadrap du Capitaine Haddock dans l’autocar pour la Bordurie de l’Affaire Tournesol.

Cully Jazz 2015, le jazz suisse et ses entours... (III)

Encore quelques mots sur un festival qui doit connaître son acmé en cette fin de semaine : Brad Mehldau c'était lundi soir (avec Andreas Schaerer/Luca Niggli en première partie, hier les festivaliers helvètes ont eu droit à Anouar Brahem, puis Yom, ce soir c'est Dan Tepfer en solo (veinards !), Lisa Simone et Shai Maestro trio, vendredi on attend John Scofield, Erika Stucky (j'enrage de la manquer celle-là, bien dans la veine d'un jazz suisse qui sait rire de lui-même), et puis samedi ce sera Joshua Redman, Daniel Humair et son "Sweet and Sour". Mais revenons sur deux concerts de vendredi et dimanche derniers.