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Dossier Daniel Humair |
| « Je suis multi-jazz » |
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Daniel Humair est né le 23 mai 1938 à Genève, mais qui pourrait se douter que le batteur qui vient de publier “Full Contact” avec Tony Malaby et Joachim Kühn et “Baby Boom II” vient d’avoir 70 ans ? Flash-back sur une vie en jazz pluriels faite de convictions et de combats pour la reconnaissance et l’émancipation de son instrument.
Par Thierry Quénum Extraits : Vous avez d’abord joué en Suède plusieurs mois… … avec l’orchestre d’un vibraphoniste suisse. J’ai eu la chance de jouer avec tous les Suédois de l’école cool, qui marchait fort là-bas. J’y ai aussi entendu pour la première fois Elvin Jones, avec J.J. Johnson et Bobby Jaspar, et j’ai eu l’impression qu’il tombait de la planète Mars. Au retour de Suède, on s’est arrêté à Bruxelles pour l’Exposition Universelle et j’ai été engagé pour faire des démonstrations de batterie. J’y ai rencontré un nombre incroyable d’Américains qui passaient par là et j’ai joué avec eux, ce qui m’a constitué un sacré carnet d’adresses. J’ai alors décidé de m’établir à Paris où Barney Willen, rencontré à Bruxelles, m’a aussitôt fait débuter au Club St-Germain et au Chat qui Pêche. Ensuite ça a été Solal, Urtreger, tous les Américains qui passaient dans ces clubs… Il y avait peu de batteurs disponibles hormis Kenny Clarke, la star : Jean-Louis Viale, Christian Garros… C’est Christian qui m’a le plus soutenu, en m’introduisant entre autres dans les studios où il travaillait. […] Je n’invite pas des Américains, j’invite des gens qui m’apportent un plus et me permettent de ne pas rabâcher. Quitte à paraître prétentieux, vu le niveau des gens avec qui j’ai joué, je ne vois pas l’intérêt d’inviter des sous-Cannonball, des sous-Getz ou des sous-Hubbard. J’ai eu d’énormes satisfactions à jouer avec eux et les choses ont toujours été faciles. Depuis, on a fait Humair/Jeanneau/Texier, j’ai aussi joué avec Christof Lauer, et tout cela place la barre assez haut. Quand je collabore avec Dave Liebman, par exemple, je choisis simplement un musicien avec qui je sais que, dès qu’on montera sur scène, ça jouera terrible. […] Avant de parler des groupes plus récents, un mot sur le trio Kühn/Humair/Jenny-Clarke, qui a lui aussi marqué un jalon. Il correspond plus ou moins à ma petite démission du trio de Martial Solal dans lequel je commençais à me sentir à l’étroit. Là, j’étais co-leader et je pouvais jouer à un volume plus important. C’est ce que je cherchais. On a pu faire une musique originale et je pense qu’on a laissé de beaux disques. Bien sûr le départ de J-F a mis fin à tout cela, et c’est seulement avec Tony Malaby – mais sans basse – que Joachim et moi avons eu envie de reprendre l’aventure, non pas parce que Tony est américain, mais parce nous sentions tous les deux qu’avec lui quelque chose était possible.
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