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Pour sa 17 e édition Jazz à Junas avait choisi de faire se rencontrer dans le site original des carrières new York et le Languedoc Roussillon. Autour du jazz et des musiques improvisées, évidemment.
Interview de Stéhane Pessina-Dassonville président de l’association Jazz à Junas
« Le parti pris était cette année de mesurer l’influence du jazz made in USA sur le processus de développement de cette même musique en Europe. Concrètement nous voulions mesurer avec notre public in vivo, c’est à dire sur scène par la confrontation des genres si le jazz avait évolué de façon autonome sur le dit vieux continent. D’où la présentation, une fois n’est pas coutume d’orchestre 100 % américain, plus d’autres mixtes avec des invités (Ben Monder, Ellery Eskelin, David Murray, Dave Liebman etc…) Jazz Mag : Mais pour prouver quoi ? Stéphane Pessina-Dassonville : Il est bon me semble-t-il de faire ressortir ainsi par l’exemple les clefs qui marquent le jazz tel qu’il se pratique en France ou en Europe. Ceux qui étaient présents devant la scène des Carrières ont pu me semble-t-il découvrir une esthétique, un son, un lien également entre le jazz à proprement parler et les musiques improvisées qui existent aussi dans la tradition européenne, chez les improvisateurs comme chez les compositeurs. JM : Des ingrédients propres à l’Europe ou la France viendraient nourrir le jazz ? S.P-D : Les concerts que l’on a suivis ici à Junas cette année ont proposé une certaine image assez représentative des traditions, des identités, des folklores au bon sens du terme qui confèrent à cette musique un aspect, un fondement populaire. JM : Le casting des musiciens était fait en ce sens ? S.P-D : Pas seulement. Nous avons veillé également à ce que des générations de musiciens différentes puissent se croiser à l’intérieur des orchestres ou pour se succéder sur scène. Exemple : Humair avec Jérôme Sabbagh ou Dave Liebman, John Abercrombie et consort juste après eux. Dans le même ordre d’idée il nous paraît absolument nécessaire de donner une place à différents (nouveaux) artistes pour qu’ils puissent s’affirmer. Et cela dans un ressort régional, local voire international. JM : Montrer les différences, surprendre ? S.P-D : Eviter le ronronnement festivalier en tous cas. Nous programmons en toute connaissance de cause des soirées à risque quitte à faire un grand écart entre les genres (Franck Vigroux-Ellery Eskelin suivi d'Al Di Meola s’il fallait une illustration) Car l’_object_if demeure bien de faire découvrir des choses musicales plus ou moins difficiles à un public plus ou moins connaisseur. JM : Un festival a vocation de faire dans la pédagogie également ? S. P-D : La découverte peut effectivement faire œuvre de pédagogie. l’une au service de l’autre. D’ailleurs dans l’action que nous menons en saison hors festival nous travaillons avec les scolaires En ce sens toujours suite à une première tentative de stage visant cette année à donner des clefs aux journalistes de presse écrite pour mieux appréhender, donc traiter le jazz nous lancerons pour 2011 un autre module de formation. Mis au point par Guy Lochard membre de l’association et prof à Paris III avec la collaboration de l’Université France Télévision et du Festival Radio France de Montpellier et baptisé « Réaliser un reportage sur un concert » destiné au perfectionnement des journalistes et chargés de production en matière de télévision. JM : Le lieu même, le cadre du festival représentent-t-ils un atout supplémentaire ? S.P-D : Les carrières, ce décor naturel extraordinaire évidemment, tous les musiciens qui s’y produisent nous le disent. Mais les à côtés, les villages à commencer par celui de Junas qui nous accueille, sa municipalité en tête, Sommières également, la région aussi avec ses traditions locales, ce pays de la vigne et du vin ont un lien, nous en sommes persuadés avec la personnalité même du festival. Au total nous voulons que tous ces éléments constitutifs fassent en sorte qu’au-delà du jazz en particulier, ces cultures présentes chez tous les musiciens et le public présents se rapprochent. Sans doute s’agit-il de la meilleure façon de démontrer par le vécu que le jazz s’affirme bien aujourd’hui comme un vecteur de culture populaire »
Propos recueilli par Robert Latxague
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