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JAZZ EN LUBERON (III)
Antonello Salis (Italie) délaisse le piano qui lui sourit de toutes ses dents pour se consacrer uniquement à son accordéon, miraculeusement rescapé des chicanes aériennes. Un régal. Assez loin de ses habituelles improvisations, généreuses mais qui passent parfois un peu trop en force, il traverse et habite un répertoire populaire, ou retrouvé tel par un mécanisme de régression tout à fait superbe : il en va ainsi de tel air du « Trouvère » de Verdi… revisité et transformé. Suivent des évocations de Nino Rota, ou pour finir d’Hermeto Pascoal. On a beaucoup parlé du jazz pendant le café philo (« Le jazz est-il soluble dans les autres musiques ? »), on s’est demandé aussi comment les essences (les Idées platoniciennes) pouvaient à la fois exister comme telle dans leur pureté, et se mélanger dans la réalité empirique. Casse-tête épouvantable… La journée d’hier a été consacrée à un « Jazz Promenade » dans tout le centre ville d’Apt, fort apprécié du public qui s’est pressé dans les vingt lieux de concerts (places, recoins, estrades, cathédrale, terrasses de café, etc.) et a fait fête à toutes les formes de « jazz » qui lui étaient proposées. On a relevé et écouté avec intérêt le projet de Dominique Lièvre (« Jack l’égoutteur« , hommage à Jackson Pollock), les bien venues recréations du « Pacific Jazz Quartet », mais aussi en encore Michel Massot dans la cathédrale, la fanfare « A Bout de Souffle », et pour finir bien sûr le trio Jean-Louis, magnifiquement installé avec camion, sono portative et vif désir de jouer dans une sorte de cour d’école aux murailles imposantes, parfaitement adaptée à la musique. Rémi Charmasson, venu animer le bal final, n’en a pas perdu une miette, avant de se lancer avec ses compères dans des reprises de Sting, J.J. Cale et autres stars des années 70... Ce soir, on attend Emile Parisien et son quartet. Philippe Méziat
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