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Brad Mehldau à Malte (1 lecteur(s)) (1) Invité(s)
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SUJET: Brad Mehldau à Malte
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Brad Mehldau à Malte 6 Moiss, 3 Semaines ago Karma: 7  
Malta Jazz Festival, 16 juillet 2009, La Vallette (Malte).
Brad Mehldau Trio : Brad Mehldau (p), Larry Grenadier (b), Jeff Ballard (dm).
Orlando “Maraca” Valle : Orlando "Maraca" Valle (comp, fl), Reynaldo Melian Alvarez (tp), Roberto Perez Garcia (tp), Andres Perez Jane (sax), Alejandro Falcon Rodriguez (p), Erik Delgado Garcia (voc), Lester Hojas Mendoza (voc), Keisel Jimenez Leyva (dm), Sergio Raveiro Gato (b), Rafael Valente Morejon (perc).


Trois ans que Malte attendait ça. Le retour de son festival de jazz créé en 1990 par le batteur Charles “City” Gatt dans son lieu naturel, Ta’Liesse Wharf à La Vallette, la capitale de l’île. Et pour cause, nichée sur un quai en plein cœur d’un port historique, la scène de ce 16e Malte Jazz Festival a fière allure. La nuit tombée, les monuments bâtis par les légendaires chevaliers il y a près d’un demi-millénaire, s’illuminent comme un seule homme et jettent sur les concerts une lumière “historique”. Chick Corea, lors de l’inaugurale édition du festival, fut bien inspiré de déclarer : “Il ne m’était encore jamais arrivé de jouer dans une carte postale !”

Pour l’ouverture 2009, le directeur artistique de l’événement, Sandro Zerafa, guitariste maltais que nous vous avions présenté en septembre dernier dans Jazz Mag, avait choisi de lancer dans l’arène portuaire le trio de Brad Mehldau. Bien lui en a pris. Certes l’Américain installe une ambiance bien plus intimiste que la fiesta menée tambour battant par l’orchestre du flûtiste cubain Orlando “Maraca” Valle qui l’a chronologiquement suivi sur la scène de la Vallette. Certes le pianiste star entretient certains caprices, telle l’interdiction absolue de prendre des photos ou le refus de toute interview en chair et en os (il faut fonctionner par e-mail). Certes, Brad n’est pas un musicien expressif : il ne s’adresse au public que pour présenter ses (excellents) musiciens, son contrebassiste de toujours, Larry Grenadier et son nouveau batteur Jeff Ballard. Son geste fétiche ? Le salut du comédien, tête baissée, buste incliné, à chaque réaction favorable du public.
Pourtant impossible de ne pas s’incliner soi-même face à tant d’élégance. Là où son successeur scénique (Orlando Valle) choisit de “mettre l’ambiance”, d’inviter à la danse (louables ambitions plus sociales que proprement musicales) et joue d'une certaine prédictibilité d'une musique cubaine “déjà vue, déjà entendue”, le pianiste américain choisit la surprise, l’intransigeance, l’aventure. Un oiseau de passage, venu faire “un petit tour et puis s’en va” au-dessus de la tête d’un Jeff Ballard amusé en plein milieu du concert, ne s’y est pas trompé. Quelques exemples : en postlude du concert, le pianiste se la joue solo dans le genre d’improvisation où le temps suspend son vol. La rumeur de l’audience, qui se faisait logiquement persistante dans un tel festival en plein air, se tut. Une femme enceinte, debout dans les premiers rangs, laissa perler quelques larmes, sans doute heureuse qu’un enfant en devenir puisse assister à de tels instants. Dans une divagation toute en accords lyriques comme l’Américain sait si bien les tisser, le recueillement s’imposait comme la seule réaction possible. Brad Mehldau prouvait une fois de plus que, s’il n’était pas le génie annoncé par les “on dit”, il était à coup sûr l'un des plus grands stylistes de ces dernières années. Son jeu main gauche - prodigieux - fait la paire avec la contrebasse claquante de l'impeccable Larry Grenadier. Ces amis de quinze ans n’ont pas leur pareil pour construire des ostinatos mélodiques à souhait et manier le subtile “question/réponse” des basses.
On parle souvent de “power trio” à propos des formations jazz qui lorgnent vers le rock. Mais on ne parle pas assez du tribut qu’elles doivent à Mehldau dont l’influence “rock” s’est affirmée depuis l’arrivée de la force tranquille de Jeff Ballard aux baguettes, en lieu et place du formidable Jorge Rossy. Durant sa prestation, Mehldau jongle entre les registres, reprenant Monk en rappel, alternant phrases elliptiques et lyrisme forcené, oscillant entre ballades romantiques et rythmes sud-américains. Après lui, la prestation d’Orlando Valle semblait “jazzistiquement parlant” bien fade, bien que “festivistiquement” bien faite. Car Brad Mehldau n’était pas là pour faire la fête. Il semblait, comme toujours, en quête de la meilleure phrase pianistique possible. Parfois il tricote vainement pour la dénicher. Mais quand il la trouve, c’est le jazz qui est à la fête. Mathieu Durand

Demain, un ancien collègue de Mehldau sera aux manettes, le trop rare guitariste américain Kurt Rosenwinkel et son “Standards Trio”. Pour l’épauler, la chanteuse et pianiste brésilienne Eliane Elias et la jeune garde du jazz maltais en la personne du trio du contrebassiste Olivier Degabriele “featuring” la voix d’Alison Galea.
http://maltajazzfestival.org/
 
 
Dernière édition: 19-07-2009 à 08:44 Par jazzadmin.
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