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Michel Portal, Louis Sclavis (bcl, ss), Jean-Paul Céléa (b), Daniel Humair (dm). Paris, Arènes de Montmartre, 25 juillet.
Soit mes muscles fessiers se sont endurcis depuis le premier soir du festival des Arènes du jazz, soit la gaieté produite par le littéral all-stars de ce dimanche conclusif eut l’efficacité d’une musicothérapie magique : du premier affrontement des deux clarinettes basse jusqu’à l’ultime explosion festive, j’ai quasiment oublié la rudesse des gradins de pierre montmartrois. En fait (et en fête – la paronymie fonctionne ici parfaitement), la réunion attendue comme une apothéose combla nos espoirs et effaça toutes nos craintes (l’imprévu étant la seule certitude). Si aucun de ces quatre-là n’a plus grand chose à prouver ni besoin d’être présenté, la surprise fut de les retrouver, non seulement tels qu’en eux-mêmes, mais surtout artisans complémentaires d’une manière d’hymne progressif à la joie dont les thèmes successifs constituaient les divers mouvements. En un jeu vertigineux de miroirs, les souffleurs, sans rien sacrifier de leur idiosyncrasie, distillaient au contraire une superbe intelligence l’un de l’autre, celui-ci plus introverti et parfois percussif, celui-là plus lyriquement extraverti et quasiment showman (à vous de deviner qui est qui), tandis que Celea et Humair s’imposaient comme garants indissociables de la liberté magnifiquement contrôlée de cette partie carrée où le plaisir du son fut l’objet de tous les gestes et échanges. Et là un enregistrement vidéo eût été indispensable pour garder trace des concentrations, grimaces, sourires, clins d’œil et autres phases de la chorégraphie du quartette à quoi la gestuelle du batteur et du contrebassiste, tous deux assis, participaient à plein. Jusqu’au chant hispanique de Portal hurlant comme un loup à la lune en direction du public fasciné et frustré derrière des grilles qui n’avait pu trouver place dans les arènes combles. PHILIPPE CARLES
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