Jazz Campus en Clunisois : Louis Sclavis Quartet

En clôture du festival, Louis Sclavis a enthousiasmé le public bourguignon avec sa nouvelle formation, qui s’enrichit notamment de l’apport du percussionniste Keyvan Chemirani.

 

Louis Sclavis Quartet, « Silk & Salt Melodies »

Samedi 24 août 2014, Cluny, Théâtre des arts

Louis Sclavis (clar), Benjamin Moussay (p, elp, synth), Gilles Coronado (elg), Keyvan Chemirani (perc).


Jazz Campus en Clunisois, ce ne sont pas seulement des événements musicaux dans des lieux et des contextes atypiques (cf. mon précédent blog sur le sujet), mais aussi des concerts du soir plus traditionnels (au moins pour ce qui est du cadre !), dans la belle salle du théâtre-cinéma de Cluny. Après l’impression mitigée laissée par le « power trio » du piansite luxembourgeois Michel Reis le 22 août, puis les belles explorations « tradi-free » proposée par le Workshop de Lyon le 23, le concert de clôture donné par Louis Sclavis aura sans aucun doute été l’un des événements de l’édition 2014.


Le clarinettiste y présentait un avant-goût de son nouvel album, « Silk & Salt Melodies », annoncé chez ECM pour le 1er septembre. Son précédent disque le faisait entendre au sein de l’Atlas Trio, en compagnie de Benjamin Moussay aux claviers et de Gilles Coronado à la guitare : une formule électrique originale, sans rythmique, qui lui avait valu un accueil unanimement positif. Par la suite, il eut l’idée d’inviter le percussionniste d’origine persane Keyvan Chemirani à se joindre au groupe sur scène. De cette rencontre est né ce nouveau quartette.


Par le caractère inédit de son instrumentation et la diversité des personnalités qu’il met en valeur, ce groupe révèle d’emblée un haut potentiel. À partir d’un superbe matériau compositionnel, toujours profondément mélodique, on sent qu’ils peuvent à tout moment partir dans une direction inattendue, tout en maîtrisant totalement leur propos. Entre eux, la musique circule naturellement, les réactions se font au quart de tour, sans forcer. Le groove à la fois puissant et tout en nuances instillé par les percussions de Chemirani tire la sonorité de la clarinette vers des couleurs orientales, tandis que la guitare électrique de Gilles Coronado apporte une touche de rock, tout en ouvrant l’espace. Quant à Benjamin Moussay, c’est déjà un monde musical à lui tout seul, jouant successivement ou simultanément du piano, du synthé-basse et du Fender Rhodes. Son introduction à la ballade L’autre rive, dédiée à Jean-Jacques Avenel, restera comme l’un des moments forts du concert.


À suivre prochainement sur disque, donc !


Pascal Rozat

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