Jazz live
Publié le 9 Fév 2017

Avec Paul Lay, Lady Day résonne dans les Landes

Il vient juste de jouer quelques notes. Sur le grand écran qui lui fait face apparait soudain le visage de Billie Holiday. Puis on distingue le son de sa voix inimitable. Derrière elle, des mains qu’on dirait du Duke glissent sur le clavier. Paul Lay emboite ces accords, comme placés en direct…

Paul Lay (p) + montage images/son (Olivier Garouste, vidéaste)

Jazz au Pôle, St Pierre du Mont (40280), 8 février

La chose n’est pas si aisée qu’il y paraît. Déjà, poser de la musique improvisée à même le produit complexe d’un vidéaste (montage d’images, photos, sons, texte signé du vidéaste Olivier Garrouste) Ensuite tenir compte du contexte, de l’histoire, du personnage traité, Billie Holiday, sa vie, sa légende, sa symbolique, ce summum d’émotions fortes restitué par l’image et le son de sa voix unique. Question de choix, de moment, de tempo, de bonne manière, de respect quoi afin de placer quelque note que ce soit. Telle se présente la  forme de pari offert à Paul Lay dans le programme intitulé Billie Holliday, passionnément

Bien sur on part des images qui défilent. La plupart sont restituées en muet. Déjà un texte placé en incrustation raconte une histoire partant des principes de la fondation de l’Amérique du Nord pour en venir au début du XXe siècle, à la naissance de celle qui deviendra Lady Day. Au commencement de cette vie d’une enfant négro américaine restituée par l’écran, l’attention du spectateur ne va pas forcément tout de suite à la musique. Comme dans un film il faut, par l’oeil, être attiré. Là intervient le pianiste, soulignant juste l’action à l’instar de ses glorieux ainés du temps du cinéma sans parole. Les notes surgissent peu à peu,, sur-lignent, écrivent une histoire parallèle, cherchent à dessiner un relief. En douceur, en profondeur, le jeune pianiste orthézien impose sa manière, ses traits mélodiques personnels (Improvisations) ses trouvailles  rythmiques (Valse pour Billie) Et lorsque l’on découvre Billie, jeune, ambitieuse, magnifique entrer pour la première fois dans un club de Harlem pour y imprimer définitivement la chaleur de sa voix, son piano incruste dès lors les couleurs qui parlent vrai (Désillusion, Blues)

Ce Paul Lay n’est pas forcément celui, charmeur, volubile, brillant qu’on a choisi de sacraliser l’an passé au travers d’un prix « Django Reinhardt » Ce pianiste là fait le boulot avec, sur ses épaules en surplomb du clavier, le poids de l’histoire, de son envie de témoigner, de s’engager à propos de la vie quotidienne des noirs américains par et pour le jazz. On l’écoute jouer, on le regarde lever les yeux sur le défilé des images à l’écran. On sent dans son toucher affleurer une pointe d’émotion. Il s’arrête net lorsque viennent dans le film des bribes d’interview, de témoignage. Puis il reprend son illustration sonore des épisodes suivants, entre thèmes  devenus des standards (Don’t explain, Cheek to cheek, Caravan, God bless the child) et moments improvisées sur les séquences vidéos  consacrées aux chansons de Billie : Fine and Mellow, Symphony in black, New Orleans -occasion de découvrir une très poignante interprétation de Lady Day s’appuyant sur les contrechants calculés de Louis Amstrong

A noter enfin un sommet d’émotion pure mise à l’image par le vidéaste, version à capella de Strange Fruit, caméra centrée sur le visage de la chanteuse filmée en gros plan. Tout au long de ces épisodes, pris avec recul ou au contraire de plein fouet, quitte à forcer le trait au besoin à coup de séquences d’accords frappés fort, Paul Lay dans son apport musical original ajoute son propre ressenti au fil de l’histoire chaotique de la vie de Billie Holliday.

Au total on vit une prise de risque, oui. Disons une manière de pari artistique eu égard à la combinaison d’ingrédients divers à appréhender en simultané. Cette démarche requiert sans doute une attention soutenue de la part du spectateur/auditeur. A chacun son sentiment final. Tout l’intérêt du travail live du pianiste tient dans la part de sens supplémentaire donné par la musique, le propos intense d’un jazz livré brut, et qui va au delà du seul choc émotionnel tenant à la figure de la « meilleure des chanteuses de jazz » (dixit Ella Fitzgerald) devenue une icône, et remise en scène à l’approche du centième anniversaire de sa naissance.

Et à la fin le public landais rappelle le pianiste par trois fois…Paul Lay, termine son concert spectacle sur un vibrant Round about midnight. Seul aux prises avec son piano.

Robert Latxague

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Il vient juste de jouer quelques notes. Sur le grand écran qui lui fait face apparait soudain le visage de Billie Holiday. Puis on distingue le son de sa voix inimitable. Derrière elle, des mains qu’on dirait du Duke glissent sur le clavier. Paul Lay emboite ces accords, comme placés en direct…

Paul Lay (p) + montage images/son (Olivier Garouste, vidéaste)

Jazz au Pôle, St Pierre du Mont (40280), 8 février

La chose n’est pas si aisée qu’il y paraît. Déjà, poser de la musique improvisée à même le produit complexe d’un vidéaste (montage d’images, photos, sons, texte signé du vidéaste Olivier Garrouste) Ensuite tenir compte du contexte, de l’histoire, du personnage traité, Billie Holiday, sa vie, sa légende, sa symbolique, ce summum d’émotions fortes restitué par l’image et le son de sa voix unique. Question de choix, de moment, de tempo, de bonne manière, de respect quoi afin de placer quelque note que ce soit. Telle se présente la  forme de pari offert à Paul Lay dans le programme intitulé Billie Holliday, passionnément

Bien sur on part des images qui défilent. La plupart sont restituées en muet. Déjà un texte placé en incrustation raconte une histoire partant des principes de la fondation de l’Amérique du Nord pour en venir au début du XXe siècle, à la naissance de celle qui deviendra Lady Day. Au commencement de cette vie d’une enfant négro américaine restituée par l’écran, l’attention du spectateur ne va pas forcément tout de suite à la musique. Comme dans un film il faut, par l’oeil, être attiré. Là intervient le pianiste, soulignant juste l’action à l’instar de ses glorieux ainés du temps du cinéma sans parole. Les notes surgissent peu à peu,, sur-lignent, écrivent une histoire parallèle, cherchent à dessiner un relief. En douceur, en profondeur, le jeune pianiste orthézien impose sa manière, ses traits mélodiques personnels (Improvisations) ses trouvailles  rythmiques (Valse pour Billie) Et lorsque l’on découvre Billie, jeune, ambitieuse, magnifique entrer pour la première fois dans un club de Harlem pour y imprimer définitivement la chaleur de sa voix, son piano incruste dès lors les couleurs qui parlent vrai (Désillusion, Blues)

Ce Paul Lay n’est pas forcément celui, charmeur, volubile, brillant qu’on a choisi de sacraliser l’an passé au travers d’un prix « Django Reinhardt » Ce pianiste là fait le boulot avec, sur ses épaules en surplomb du clavier, le poids de l’histoire, de son envie de témoigner, de s’engager à propos de la vie quotidienne des noirs américains par et pour le jazz. On l’écoute jouer, on le regarde lever les yeux sur le défilé des images à l’écran. On sent dans son toucher affleurer une pointe d’émotion. Il s’arrête net lorsque viennent dans le film des bribes d’interview, de témoignage. Puis il reprend son illustration sonore des épisodes suivants, entre thèmes  devenus des standards (Don’t explain, Cheek to cheek, Caravan, God bless the child) et moments improvisées sur les séquences vidéos  consacrées aux chansons de Billie : Fine and Mellow, Symphony in black, New Orleans -occasion de découvrir une très poignante interprétation de Lady Day s’appuyant sur les contrechants calculés de Louis Amstrong

A noter enfin un sommet d’émotion pure mise à l’image par le vidéaste, version à capella de Strange Fruit, caméra centrée sur le visage de la chanteuse filmée en gros plan. Tout au long de ces épisodes, pris avec recul ou au contraire de plein fouet, quitte à forcer le trait au besoin à coup de séquences d’accords frappés fort, Paul Lay dans son apport musical original ajoute son propre ressenti au fil de l’histoire chaotique de la vie de Billie Holliday.

Au total on vit une prise de risque, oui. Disons une manière de pari artistique eu égard à la combinaison d’ingrédients divers à appréhender en simultané. Cette démarche requiert sans doute une attention soutenue de la part du spectateur/auditeur. A chacun son sentiment final. Tout l’intérêt du travail live du pianiste tient dans la part de sens supplémentaire donné par la musique, le propos intense d’un jazz livré brut, et qui va au delà du seul choc émotionnel tenant à la figure de la « meilleure des chanteuses de jazz » (dixit Ella Fitzgerald) devenue une icône, et remise en scène à l’approche du centième anniversaire de sa naissance.

Et à la fin le public landais rappelle le pianiste par trois fois…Paul Lay, termine son concert spectacle sur un vibrant Round about midnight. Seul aux prises avec son piano.

Robert Latxague

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Il vient juste de jouer quelques notes. Sur le grand écran qui lui fait face apparait soudain le visage de Billie Holiday. Puis on distingue le son de sa voix inimitable. Derrière elle, des mains qu’on dirait du Duke glissent sur le clavier. Paul Lay emboite ces accords, comme placés en direct…

Paul Lay (p) + montage images/son (Olivier Garouste, vidéaste)

Jazz au Pôle, St Pierre du Mont (40280), 8 février

La chose n’est pas si aisée qu’il y paraît. Déjà, poser de la musique improvisée à même le produit complexe d’un vidéaste (montage d’images, photos, sons, texte signé du vidéaste Olivier Garrouste) Ensuite tenir compte du contexte, de l’histoire, du personnage traité, Billie Holiday, sa vie, sa légende, sa symbolique, ce summum d’émotions fortes restitué par l’image et le son de sa voix unique. Question de choix, de moment, de tempo, de bonne manière, de respect quoi afin de placer quelque note que ce soit. Telle se présente la  forme de pari offert à Paul Lay dans le programme intitulé Billie Holliday, passionnément

Bien sur on part des images qui défilent. La plupart sont restituées en muet. Déjà un texte placé en incrustation raconte une histoire partant des principes de la fondation de l’Amérique du Nord pour en venir au début du XXe siècle, à la naissance de celle qui deviendra Lady Day. Au commencement de cette vie d’une enfant négro américaine restituée par l’écran, l’attention du spectateur ne va pas forcément tout de suite à la musique. Comme dans un film il faut, par l’oeil, être attiré. Là intervient le pianiste, soulignant juste l’action à l’instar de ses glorieux ainés du temps du cinéma sans parole. Les notes surgissent peu à peu,, sur-lignent, écrivent une histoire parallèle, cherchent à dessiner un relief. En douceur, en profondeur, le jeune pianiste orthézien impose sa manière, ses traits mélodiques personnels (Improvisations) ses trouvailles  rythmiques (Valse pour Billie) Et lorsque l’on découvre Billie, jeune, ambitieuse, magnifique entrer pour la première fois dans un club de Harlem pour y imprimer définitivement la chaleur de sa voix, son piano incruste dès lors les couleurs qui parlent vrai (Désillusion, Blues)

Ce Paul Lay n’est pas forcément celui, charmeur, volubile, brillant qu’on a choisi de sacraliser l’an passé au travers d’un prix « Django Reinhardt » Ce pianiste là fait le boulot avec, sur ses épaules en surplomb du clavier, le poids de l’histoire, de son envie de témoigner, de s’engager à propos de la vie quotidienne des noirs américains par et pour le jazz. On l’écoute jouer, on le regarde lever les yeux sur le défilé des images à l’écran. On sent dans son toucher affleurer une pointe d’émotion. Il s’arrête net lorsque viennent dans le film des bribes d’interview, de témoignage. Puis il reprend son illustration sonore des épisodes suivants, entre thèmes  devenus des standards (Don’t explain, Cheek to cheek, Caravan, God bless the child) et moments improvisées sur les séquences vidéos  consacrées aux chansons de Billie : Fine and Mellow, Symphony in black, New Orleans -occasion de découvrir une très poignante interprétation de Lady Day s’appuyant sur les contrechants calculés de Louis Amstrong

A noter enfin un sommet d’émotion pure mise à l’image par le vidéaste, version à capella de Strange Fruit, caméra centrée sur le visage de la chanteuse filmée en gros plan. Tout au long de ces épisodes, pris avec recul ou au contraire de plein fouet, quitte à forcer le trait au besoin à coup de séquences d’accords frappés fort, Paul Lay dans son apport musical original ajoute son propre ressenti au fil de l’histoire chaotique de la vie de Billie Holliday.

Au total on vit une prise de risque, oui. Disons une manière de pari artistique eu égard à la combinaison d’ingrédients divers à appréhender en simultané. Cette démarche requiert sans doute une attention soutenue de la part du spectateur/auditeur. A chacun son sentiment final. Tout l’intérêt du travail live du pianiste tient dans la part de sens supplémentaire donné par la musique, le propos intense d’un jazz livré brut, et qui va au delà du seul choc émotionnel tenant à la figure de la « meilleure des chanteuses de jazz » (dixit Ella Fitzgerald) devenue une icône, et remise en scène à l’approche du centième anniversaire de sa naissance.

Et à la fin le public landais rappelle le pianiste par trois fois…Paul Lay, termine son concert spectacle sur un vibrant Round about midnight. Seul aux prises avec son piano.

Robert Latxague

|

Il vient juste de jouer quelques notes. Sur le grand écran qui lui fait face apparait soudain le visage de Billie Holiday. Puis on distingue le son de sa voix inimitable. Derrière elle, des mains qu’on dirait du Duke glissent sur le clavier. Paul Lay emboite ces accords, comme placés en direct…

Paul Lay (p) + montage images/son (Olivier Garouste, vidéaste)

Jazz au Pôle, St Pierre du Mont (40280), 8 février

La chose n’est pas si aisée qu’il y paraît. Déjà, poser de la musique improvisée à même le produit complexe d’un vidéaste (montage d’images, photos, sons, texte signé du vidéaste Olivier Garrouste) Ensuite tenir compte du contexte, de l’histoire, du personnage traité, Billie Holiday, sa vie, sa légende, sa symbolique, ce summum d’émotions fortes restitué par l’image et le son de sa voix unique. Question de choix, de moment, de tempo, de bonne manière, de respect quoi afin de placer quelque note que ce soit. Telle se présente la  forme de pari offert à Paul Lay dans le programme intitulé Billie Holliday, passionnément

Bien sur on part des images qui défilent. La plupart sont restituées en muet. Déjà un texte placé en incrustation raconte une histoire partant des principes de la fondation de l’Amérique du Nord pour en venir au début du XXe siècle, à la naissance de celle qui deviendra Lady Day. Au commencement de cette vie d’une enfant négro américaine restituée par l’écran, l’attention du spectateur ne va pas forcément tout de suite à la musique. Comme dans un film il faut, par l’oeil, être attiré. Là intervient le pianiste, soulignant juste l’action à l’instar de ses glorieux ainés du temps du cinéma sans parole. Les notes surgissent peu à peu,, sur-lignent, écrivent une histoire parallèle, cherchent à dessiner un relief. En douceur, en profondeur, le jeune pianiste orthézien impose sa manière, ses traits mélodiques personnels (Improvisations) ses trouvailles  rythmiques (Valse pour Billie) Et lorsque l’on découvre Billie, jeune, ambitieuse, magnifique entrer pour la première fois dans un club de Harlem pour y imprimer définitivement la chaleur de sa voix, son piano incruste dès lors les couleurs qui parlent vrai (Désillusion, Blues)

Ce Paul Lay n’est pas forcément celui, charmeur, volubile, brillant qu’on a choisi de sacraliser l’an passé au travers d’un prix « Django Reinhardt » Ce pianiste là fait le boulot avec, sur ses épaules en surplomb du clavier, le poids de l’histoire, de son envie de témoigner, de s’engager à propos de la vie quotidienne des noirs américains par et pour le jazz. On l’écoute jouer, on le regarde lever les yeux sur le défilé des images à l’écran. On sent dans son toucher affleurer une pointe d’émotion. Il s’arrête net lorsque viennent dans le film des bribes d’interview, de témoignage. Puis il reprend son illustration sonore des épisodes suivants, entre thèmes  devenus des standards (Don’t explain, Cheek to cheek, Caravan, God bless the child) et moments improvisées sur les séquences vidéos  consacrées aux chansons de Billie : Fine and Mellow, Symphony in black, New Orleans -occasion de découvrir une très poignante interprétation de Lady Day s’appuyant sur les contrechants calculés de Louis Amstrong

A noter enfin un sommet d’émotion pure mise à l’image par le vidéaste, version à capella de Strange Fruit, caméra centrée sur le visage de la chanteuse filmée en gros plan. Tout au long de ces épisodes, pris avec recul ou au contraire de plein fouet, quitte à forcer le trait au besoin à coup de séquences d’accords frappés fort, Paul Lay dans son apport musical original ajoute son propre ressenti au fil de l’histoire chaotique de la vie de Billie Holliday.

Au total on vit une prise de risque, oui. Disons une manière de pari artistique eu égard à la combinaison d’ingrédients divers à appréhender en simultané. Cette démarche requiert sans doute une attention soutenue de la part du spectateur/auditeur. A chacun son sentiment final. Tout l’intérêt du travail live du pianiste tient dans la part de sens supplémentaire donné par la musique, le propos intense d’un jazz livré brut, et qui va au delà du seul choc émotionnel tenant à la figure de la « meilleure des chanteuses de jazz » (dixit Ella Fitzgerald) devenue une icône, et remise en scène à l’approche du centième anniversaire de sa naissance.

Et à la fin le public landais rappelle le pianiste par trois fois…Paul Lay, termine son concert spectacle sur un vibrant Round about midnight. Seul aux prises avec son piano.

Robert Latxague