Un jour à marquer d’une pierre noire et d’une pierre blanche

05 Oct 2018 #Concerts

En ce 1er octobre, Jon Grandcamp et Emma Lamadji, accompagnés d’un groupe variable par sa géométrie mais constant dans sa qualité, investissent le New Morning pour la release party d’un premier album au même nom que leur formation, Ourim Toumim.

Les ventilateurs du New Morning tournent à plein régime, comme pour tenter de refroidir, en vain, une salle en pleine effervescence avant le début d’un concert qui n’aura rien d’un début simplement timide et encourageant : ce soir-là, la salle s’est embrasée plus d’une fois.

Dès son arrivée sur scène, Emma Lamadji, après les salutations coutumières, invite le public qui se tient, un peu timidement, au fond de la fosse, à se rapprocher. Le ton est donné, et le maître mot, dans la frénésie du groove ou dans la prière collective, sera communion.

Evidemment, le programme ne fait pas de doute : Ourim Toumim est là pour défendre un album qui, bien qu’il sorte à peine, a déjà bien muri au fil des tournées et de leurs collaborations avec d’autres musiciens (faut-il rappeler que Jon et Emma travaillent aux côtés de la grande Oumou Sangaré ?).

Mais par bonheur, le groupe évite le piège du concert-démo : il propose une setlist sélective et bien équilibrée qui, dès le début, laisse s’installer un groove qui sera décliné en de nombreuses facettes polyrythmiques, mais toujours présent. Les pieds et les mains d’un public enthousiaste (certains peut-être conquis d’avance) ne cesseront pas de battre jusqu’à la fin du concert. Sur scène, c’est maîtrisé : la voix de Lamadji, jouissive par sa tessiture, sa puissance et ses multiples nuances, se mêle parfaitement au travail du reste du groupe, tandis que Grandcamp, tout sourire, entretient avec le plus grand naturel une rythmique tissée tout en contramétricité.

Ces deux constantes sont le pilier de tout ce live, ou presque : l’espace d’un morceau, Emma Lamadji s’éclipse, et le groupe se lance dans un morceau où un Jim Grandcamp flamboyant, qui les a rejoint sur scène juste avant, s’illustre en un show mi-solo mi-rythmique funk à couper le souffle. C’est peut-être la seule fois que l’on sent les musiciens approcher de la crête de la vague qui semble les porter ce soir-là, et au creux de laquelle, jusqu’ici, ils passaient apparemment facilement d’une partie de leur répertoire à l’autre. Ce n’est qu’un des exemples qui ont montré la qualité de cet ensemble de musiciens ce soir-là, aussi bons solistes (à l’image du claviériste Julien Agazar) que rythmiciens (les excellents Amen Viana à la guitare et Clive Govinden à la basse électrique), tout en restant dans une appréciable retenue, au service de l’écoute et sans complaisance.

On aurait juste rêvé qu’Ourim Toumim passe un peu plus de temps sur scène (partagée avec The Big Hustle, très convaincants aussi dans un tout autre style), car tout laisse penser que ce concert, déjà mémorable, n’est qu’une étape dans une très belle aventure.

Yazid Kouloughli

Brève de jazz

Stan Getz à l’Espace Cardin le 27 novembre 1979 – samedi 3 et dimanche 4 novembre à 18h dans Les Légendes du Jazz de Jérôme Badini sur France Musique

Après Miles Davis en 2015, Charles Mingus en 2016 et Ella Fitzgerald en 2017, un autre trésor vient de ressurgir des archives Ina - Radio France… Jérôme Badini y a déniché une nouvelle pépite, celle que nous offrait le 27 novembre 1979, dans le superbe écrin de l’Espace Cardin, le saxophoniste Stan Getz. Une retransmission France Musique jamais rediffusée dans son intégralité et n'ayant fait l'objet d'aucune parution phonographique et spécialement re-masterisée pour Les Légendes du jazz par l’Ina.

MARTIAL SOLAL en solo Salle Gaveau le 23 janvier 2019

Pour ceux qui n'iront pas l'écouter à Munich le 14 décembre 2018, et même pour ceux qui auront fait ce voyage, car on ne s'en lasse pas, réservez votre soirée du mercredi 23 janvier 2019 à Paris : MARTIAL SOLAL revient Salle GAVEAU, mais plus en trio comme en 1962-63 : en SOLO. Réservez votre soirée..... et vos places ! http://www.sallegaveau.com/spectacles/martial-solal-piano-solo

BON ANNIVERSAIRE MARTIAL !!!

MARTIAL SOLAL, notre héros du piano syncopimprovisé fête aujourd'hui ses 91 ans. Le 26 septembre il jouera à Vienne, en Autriche, au Porgy and Bess ; et en décembre il jouera à Münich. Les organisateurs autrichiens et allemands ont conservé leurs oreilles ouvertes aux disques de ces derniers mois : «Masters in Bordeaux», avec Dave Liebman, et le fantastique solo de Gütersloh en novembre dernier «My One And Only Love, Live at Theater Gütersloh, European Jazz Legends #15» (sans parler des formidables inédits de Los Angeles 1966 !). Amis programmateurs de l'hexagone, seriez-vous frileux ? Xavier Prévost https://www.porgy.at/en/events/8968/

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20181001 - N° 710 - 100 pages

L’histoire du jazz est traversée de moments de grâce pas toujours connus du grand public. Pour remettre en lumière les...