Larry Ochs et Gerald Cleaver au 19 rue Paul Fort : « Mélodies en sous-sol »

Au 19 rue Paul Fort, dans le Sud de la capitale,  à quelques pas de la Porte d’Orléans, Hélène Aziza accueille avec chaleur et amitié des artistes- créateurs. Jeudi soir, au milieu d’une exposition d’assiettes en céramiques, de photographies de Geneviève Hoffman et de peintures de Rebecca Scott, Larry Ochs et Gerald Cleaver ont investi ce lieu insolite et magique.

Larry Ochs (saxophone ténor), Gerald Cleaver (batterie, percussions)

Ces deux amis américains faisaient escale à Paris avant de rejoindre la région de Toulouse pour réaliser un enregistrement pour le label libertaire « Rogueart » dans une grotte préhistorique privée. Le premier sous-sol du 19 rue Paul Fort était le lieu idéal pour s’acclimater à une ambiance troglodyte chargée d’histoire. Ici pas d’estrade, musiciens et auditeurs attentifs sont au même niveau. Le set de batterie de Cleaver est minimaliste : une caisse claire, une grosse caisse et un tom basse, deux cymbales et une charleston. Il dispose aussi d’une collection de petites percussions pour dialoguer avec les anches fiévreuses de Larry Ochs.

Les échanges débutent au son d’une agreste clarine agitée ou percutée par Cleaver pour accompagner le ténor incandescent de Ochs. Tout au long de cette heure de généreuses improvisations, Cleaver fouille dans son arsenal de percussions enfantines pour colorer l’espace et stimuler l’imagination de son partenaire souffleur. Ce maître artisan, cisèle, avec vivacité, des sons espiègles avec des clochettes, un petit tambourin enfantin, des chaînes canines, des hochets colorés. Il travaille amoureusement cymbales et peaux tout en effleurements, frottements, caresses, chocs amortis, griffures. Il peut aussi tordre et la détordre passionnément sa grande cymbale. A deux reprises, il utilise sa batterie de façon plus orthodoxe pour déclencher  de puissants orages.

Auréolé de sa chevelure blanche, Larry Ochs, l’un des quatre artificiers du groupe Rova, délivre toute la puissance de feu de son saxophone ténor. Attentif aux trouvaille rythmiques de Cleaver, il occupe l’espace avec force et dynamisme. Les envolées granuleuses de ce funambule sont d’une richesse infinie. Au sopranino, son discours est plus aigrelet et recèle de puissants parfums africains.

Une très belle heure de musique improvisée pour découvrir de nouvelles mélodies en sous-sol.

Paul Jaillet

Prochain concert : Joëlle Léandre et Phil Minton le 8 octobre

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