Le Jazz Live

Steve Coleman inattendu ?

Voici deux jours, vendredi 4 septembre, je fendillais l’unanimité autour du concert de la Mystic Rhythm Society de Steve Coleman au Trabendo. Et puis, samedi 5, il y a eu The Council of  Balance du même Coleman. Enfin, hier après-midi dimanche 6, Natal Eclipse, et nous voici tout ébranlé.

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Jazz à la Villette : l'époustouflante Cécile McLorin Salvant

La chanteuse a définitivement conquis le public en usant d’un éventail de carte inattendues. De quoi faire frémir les mélomanes les plus aguerris. Récit d’un retour de flamme à l’incandescence quasi divine. Cecile McLorin Salvant © Katia Touré Il faut bien le reconnaître. Ce n’est pas seulement à l’écoute du deuxième opus de Cécile McLorin Salvant, ô combien salvateur pour les amateurs de jazz vocal, qu’il est possible de mesurer l’étendue de son talent. Aussi, sa prestation ce samedi de septembre, à l’occasion du Festival Jazz à la Villette, n’était pas un simple coup de poker car “For One To Love” annonçait déjà la couleur. Mais Miss McLorin Salvant s’était visiblement attachée à laisser planer le mystère sur ce qui devait définitivement finir par nous terrasser. La jeune femme de 26 ans n’est pas une chanteuse de jazz attachée à un répertoire de standards piochés au hasard. C’est une comédienne qui incarne absolument sa musique. Une geek de l’interprétation. Elle joue sur ses madeleines de Proust. Elle joue sur les mots qui la transcendent. Elle joue sur la portée des textes qu’elle clame avec justesse et malice. Elle sourit peu mais s’amuse en cheminant, d’un pas assuré, sur le fil de son articulation, toute aussi parfaite en anglais qu’en français, et de son timbre aux mille et une nuances dont elle se sert pour toujours mieux nous duper. On ne sait jamais quelle sera la teneur de ses attaques, le degré d’audace au cours de son jeu. On ne sait pas quand elle s’éteindra un brin pour revenir brûler avec fracas.

Jazz à La Villette: le retour de Steve Coleman

Et voilà, Jazz à La Villette, c’est reparti. C’est même reparti depuis deux jours, avec une “Soul Revue” avant-hier. Et hier, 4 septembre, Steve Coleman qui est la vedette de notre numéro actuellement en kiosque (et en vente à la Librairie de la Cité de la Musique) et qui contribue à rendre cette édition plutôt appétante. Il sera à Jazz à La Villette encore ce soir et demain.

La Kreiz Breizh Akademi enregistre

J’ai à plusieurs reprises mentionné dans ces pages la Krei Breizh Akademi fondée par le chanteur traditionnel breton Erik Marchand. Qu’est-ce que ça vient faire dans nos pages ? Eléments de réponse à propos de l’enregistrement auquel j’ai assisté mardi dernier ,25 août, de la 5ème édition de cette institution bretonne, sous la direction de la contrebassiste Hélène Labarrière et Jacky Molard. Concert le samedi 28 août au festival Fisel de Rostrenen.

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Braves nantais, rendez-vous ! De Cambronne à la "walking bass" en passant par le timbre de Jeanne Added

Dans l’avion qui me ramène « sur » Bordeaux – 30 minutes de vol, 12 personnes dans un Embraer de 100 places, pourquoi n’utilise-t’on pas plus souvent ce moyen de transport rapide, peu coûteux (moins cher que le train en s’y prenant à temps) je ne comprends pas ? – sans compter que la voie de chemin de fer dans le marais poitevin est en mauvais état et que les trains y perdent encore un temps considérable. Voilà une question réglée. Reste l’éternel match Bordeaux/Nantes, qui dure depuis 1917, depuis que les premiers musiciens noirs embarqués dans la grande guerre ont choisi Nantes pour débarquer, et pas Bordeaux. Nantes : 1, Bordeaux : zéro. Faut dire aussi que le mémorial sur l’abolition de l’esclavage à Nantes est un beau succès et qu’à Bordeaux, malgré l’action exemplaire de Karfa Diallo, on en est encore aux balbutiements. Nantes : 2, Bordeaux : zéro. J’apprends que Bordeaux a gagné au football dimanche. C’est bien. Mais ça ne suffit pas. Bon, il y a cette question épineuse du vin. Muscadet : 1, Médoc, Graves, Sauternes, et Pomerol : 4. Et j’ai laissé le St Emilion de côté pour de mauvaises raisons, j’avoue. C’est bien, suivez…

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Un lieu unique, et les concerts qui vont avec : rendez-vous de l'Erdre !!!

Ah les salauds !!! Ils m’ont bien eu !!! J’avais pourtant bien juré qu’on ne m’y prendrait pas, à me mettre dans tous mes états pour des musiques déjà éprouvées depuis longtemps… Charles Mingus – qu’il ne faut jamais appeler Charlie, ne lui dites pas « je suis Charlie » ça le met en pétard – Charles Mingus donc je connais bien !!! On ne me la fait pas… J’ai tout de lui, en vinyl, en CD, en fichier mp3, même les pièces écrites pour le big band que sa veuve entretient depuis la mort de son contrebassiste de mari !!! Et puis patatras !!! Toutes les bonnes résolutions ont fondu. Mais lisez la suite…

Nantes

Les Rendez-vous de l'Erdre : surprenantes !!!

  Il me revient, en tant que doyen des rédacteurs de ce blog, d’inaugurer la nouvelle présentation de ce site, et conséquemment du « Jazz Live ». J’en suis honoré, même si la tâche est lourde, et la responsabilité écrasante, les opérations de migration s’étant heurtés à des problèmes techniques qu’il m’a été également donné de découvrir le premier en voulant placer le compte rendu qui suit. Les désordres entrainés sont nombreux, notamment la disparition de tous nos comptes rendus depuis le 17 juillet. En lisant le “faux texte” qui constitue l’en-tête de cette page, nos lecteurs auront compris que ce site est en travaux . Mais, pendant les travaux, la vie du jazz continue: les « Rendez-vous de l’Erdre », point d’orgue des festivals de jazz des mois d’été les plus emblématiques (juillet et août), nous donnent chaque année l’occasion d’une fête unique de « tous les jazz(s) », et c’est bien qu’ils soient ainsi à l’honneur. Surprenantes scènes jazz à Nantes !!!

Trotignon Turner Quartet

Jazz à Ramatuelle: Trotignon et Terrasson en liberté

Le jazz d’aujourd’hui nous a habitués aux « concerts d’album », où le leader se contente de rejouer (parfois dans l’ordre) le répertoire de son disque le plus récent – son « projet », comme on dit maintenant – en compagnie des mêmes musiciens. Rien de tel lors des concerts de Baptiste Trotignon et Jacky Terrasson ayant clôt le festival Jazz à Ramatuelle, où les deux pianistes se sont chacun produit dans des configurations inédites, laissant une large place à la spontanéité.

Malguénac 3 : Belly Up et Jeanne Added

Comme chaque année au festival Arts des villes, Arts des champs, à Malguénac, la dernière soirée se fait pop, world, funk, soul… Ce que l’on appelle “musiques actuelles”, même si les accents canterburiens de Belly Up étaient actuels il y a quarante ans, même si le récital de Jeanne Added n’est ni plus ni moins actuel que les abstractions sonores (entendez par là sans paroles, on formatée couplet-refrain) de Franck Vaillant ou du compositeur dit “contemporain” Philippe Manoury. Foin des étiquettes, j’étais une fois encore à Malguénac hier et je n’en suis pas rentré déçu.

Malguénac 2 : Kami, Benzine et autres Biddle

Kami, Raising Benzine, Electric Biddle… Que se cache-t-il derrière derrière ces noms ? Réponse hier au festival Arts des villes, Arts des champs de Malguénac où s’exprimait une génération de musiciens grandis dans le sillage de Steve Coleman (Pascal Charrier, Franck Vaillant) et d’une certaine scène anglaise (Julien Lourau).