Jazz Magazine n°674 -

Jazz Magazine 674

Salut l’altiste par Frédéric Goaty

“Tomorrow Is The Question !”, “The Shape Of Jazz To Come”, “New York Is Now !”, “Science Fiction”, “Body Meta”, “In All Languages”, “Tone Dialing”, “Sound Grammar”… : comment ne pas être ému par la sonorité tendrement plaintive du saxophone alto d’Ornette Coleman ? Comment ne pas s’incliner devant la beauté intemporelle de ces mélodies dansantes, faussement naïves et joyeusement décapantes ? Des lustres durant, cet homme au regard doux et malicieux n’aura cessé d’exercer sa drôle de fascination.
Écouter ses disques, le voir sur scène, ou, grand privilège, l’interviewer – ce que j’eus la chance de faire en 1995 avec Philippe Carles –, c’était comme approcher une figure mystérieuse et rassurante à la fois. Quand en 1986 parut “Song X”, enregistré avec l’un de ses plus grands admirateurs, Pat Metheny (lire p. 5), je me souviens de réactions violentes, voire de rejets hystériques. Pourtant, comme disait le poète, « la beauté sera convulsive ou ne sera pas ». Mais il est des beautés, aussi convulsives soient-elles, qui ne vont pas, qui ne vont jamais d’emblée de soi. Ce sont souvent les plus durables.
Quatre jours avant le bouclage du numéro que vous tenez entre vos mains, quand seules quelques pages peuvent encore être mises “au marbre”, Ornette Coleman s’est donc éteint. Impossible, en si peu de temps, de rendre l’hommage qu’il mérite à cet incendiaire tranquille, à cet inventeur de langage qui a inspiré tant de vocations et tant de musique(s). À très bientôt dans ces colonnes Monsieur Coleman.
Que dis-je, à demain, car c’est bien là qu’a toujours été la question, n’est-ce pas ?


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