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Le Jazz Live

Corea Pleyel 1 classés dans: Non classé

Chick Corea trio à Pleyel

  Quelles étaient les couleurs des baskets de Chick Corea ? Après le concert – et un pot entre potes –, en attendant le métro à la station Ternes, je me disais que les lecteurs du blog de Jazz Magazine/Jazzman seraient sans doute intéressés de l’apprendre. Car après tout, comment rendre compte de la musique par des mots, d’exprimer l’ineffable, de saisir l’immanence ? Certainement pas avec ce vocabulaire de technique musicale dont la grande majorité des Français ne soupçonne pas l’existence. Fi donc de la description nécessairement insatisfaisante – et de surcroit frustrante pour les quelques visiteurs du site aptes à saisir le sens de formules a priori porteuses d’ennui. Absorbé par cette réflexion, ne voyant plus vraiment les rues de Paris défiler à travers les vitres du métro, j’eus soudain la conviction que la réponse à cette lancinante question était en réalité la clé propre à rendre compte du concert donné par le trio de Corea dans la prestigieuse salle Pleyel.  

Jacques Coursil II classés dans: Non classé

Jacques Coursil, François Corneloup/Mark Solborg, Strasbourg, Jazzdor

Jacques Coursil s’échauffe. Philippe Ochem vient à sa rencontre, exprime sa joie de pouvoir enfin le recevoir dans le cadre de « Jazzdor ». Les responsables du lieu (la médiathèque Olympe de Gouges à Strasbourg) viennent voir si tout va bien pour le concert. Jacques souhaiterait un micro, mais rien n’est disponible en ce samedi après-midi. Aucune importance, on fera sans micro. D’ailleurs la voix de Coursil est de celles qui portent. On lui propose par contre de mettre à sa disposition sur scène une chauffeuse. « Une chauffeuse ? » interroge-t’il l’air hilare, et comme semblant donner une légère dimension érotique à cette proposition. On lui apportera en effet une chauffeuse de cuir rouge, du plus bel effet, sur scène.

Nevers Ping 1 classés dans: Non classé

D'jazz Nevers : Ping festival et musique d'Iyer (sans oublier d'ouïr la Grande campagnie)

Ping Machine, la Grande campagnie des musiques à ouïr et le trio de Vijay Iyer : il fallait vraiment être bégueule l’autre soir à Nevers pour ne pas trouver son compte. Le public ne s’y est pas trompé qui a fait salles combles. Au final, une très belle performance du grand ensemble de Fred Maurin et une prestation étourdissante du pianiste américain. Quant à la Compagnie des musiques à ouïr, les avis furent partagés.

MG 4022-2 classés dans: Non classé

Christian Scott @ Duc des Lombards

Trois soirs durant, du 14 au 17 novembre, Christian Scott est au Duc des Lombards à Paris. On a eu l’opportunité d’assister aux balances et de voler quelques images au passage. Musicalement, les quelques notes entendues ont confirmé les dires de Fred Goaty, qui l’avait vu au New Morning cet été.

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Jean-Paul Celea "Yes Ornette !" & Marc Ducret "Tower-Bridge" à Strasbourg (Jazzdor)

Il existe plusieurs entrées possibles au « Tower-Bridge » de Marc Ducret : on en soulignera quelques unes, après Ludovic Florin qui a largement traité le sujet dans son compte-rendu du concert de Nevers (voir sur ce même blog). D’abord le lien entre littérature et musique : ici marqué par la référence à Nabokov, plus précisément à « Ada ou l’Ardeur » (1969), dont le guitariste cite des extraits dans la note d’intention qu’il fait distribuer avant chaque concert. S’y dévoile un univers de rêves et d’élaborations enfantines, où les événements du monde sont rangés selon des catégories à la fois logiques et fantaisistes, en « choses » (things), dont certaines sont dites « vraies » quand elles sont rares et inestimables (real things), les autres se rangeant selon des catégories qui vont en se dégradant jusqu’aux fantômes ou brouillards – la mort constituant le dernier degré dans cette chute. Ces choses peuvent ensuite s’agréger selon deux principes, celui de la « tour » (tower), où elles sont empilées simultanément, et celui du « bridge » (pont) lorsqu’elles se succèdent dans le temps. La combinaison des deux catégories citées peut donc donner des « vraies tours » et des « vrais ponts », moments de joies intenses de la vie, mais aussi bien sûr des « tours ruinées » et autres « ponts écroulés », quand les choses ne vont pas comme on aimerait. A partir de là, des correspondances formelles deviennent possibles entre construction littéraire et élaboration musicale, selon des lois formelles qu’il suffit d’appliquer…

Nevers 14 nov 2012 007 classés dans: Non classé

D’jazz de chambre : 3 trios et 1 solo

Entre deux soirées avec grands orchestres, D’jazz Nevers Festival proposait trois trios très différents à son public. Et ce ne sont pas forcément les plus connus qui ont frappé les esprits. En effet, si Joachim Kühn s’est montré flamboyant, c’est peut-être le trio d’Olivier Py qui a présenté la musique la plus inattendue.Le lendemain midi, Vincent Peirani proposait un autre moment de bonheur.

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Vijay Iyer, géométrie du jazz au Duc

Ses yeux se fixent sur le manche de la contrebasse à hauteur de ses mains. Ses lèvres suivent le tempo dans un drôle de mimétisme. En mouvement ordonné ou grimaces pronnoncées elles s’animent comme dans le plan fixe d’un  film muet. Toutes les parties de son visage se modèlent alors autour d’un chant mimé note par note. Stephan Crump « from Brooklyn », bassiste du trio, est un musicien acteur singulier que l’on dirait inspiré directement de Buster Keaton et Dany Boon à la fois.

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Actuum & Lucian Ban's "Enesco Re-Imagined" à Jazzdor, Strasbourg

  Deuxième formation présentée dans le cadre de « Jazz Migration » après l’Imperial Quartet, Actuum associe une écriture serrée, fouillée, manifestement ornettienne, explicitement telle, et en même temps pleine de légèreté, de vivacité, d’humour, et pour tout dire du plus pur élan. C’est qu’au fond tout est dans la manière, et dans le point d’énonciation. A la fois très sérieusement engagés dans la musique, les quatre d’Actuum font preuve aussi de distance, à l’instar de celui qui présente leur programme, le trompettiste Louis Laurain. Les autres membres de ce quartette sans piano étant le bayonnais Benjamin Dousteyssier (as), Ronan Courty (b) et Julien Loutelier (dm). 

PB130034 classés dans: Non classé

Tower Bridge de Marc Ducret : pour l'Histoire (suivi de "L'Amérique" par Baux et Courtois)

En accueillant le Tower Bridge de Marc Ducret (la réunion de ses trois groupes nommés « Real Thing »), les organisateurs du festival de D’jazz Nevers Festival n’ont pas seulement offert à leur public la possibilité d’écouter l’une des musiques les plus excitantes de ces dernières années, ils ont également fait acte historique. Par la richesse du projet « Tower », Marc Ducret marque en effet d’une empreinte essentielle l’histoire de la musique créative européenne, comme cette interprétation nivernaise a pu le confirmer.La littérature est encore présente, mais de manière plus explicite, dans le spectacle très émouvant que le comédien Pierre Baux et Vincent Courtois ont donné le lendemain midi.