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Le Jazz Live

MG 4022-2 classés dans: Non classé

Christian Scott @ Duc des Lombards

Trois soirs durant, du 14 au 17 novembre, Christian Scott est au Duc des Lombards à Paris. On a eu l’opportunité d’assister aux balances et de voler quelques images au passage. Musicalement, les quelques notes entendues ont confirmé les dires de Fred Goaty, qui l’avait vu au New Morning cet été.

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Jean-Paul Celea "Yes Ornette !" & Marc Ducret "Tower-Bridge" à Strasbourg (Jazzdor)

Il existe plusieurs entrées possibles au « Tower-Bridge » de Marc Ducret : on en soulignera quelques unes, après Ludovic Florin qui a largement traité le sujet dans son compte-rendu du concert de Nevers (voir sur ce même blog). D’abord le lien entre littérature et musique : ici marqué par la référence à Nabokov, plus précisément à « Ada ou l’Ardeur » (1969), dont le guitariste cite des extraits dans la note d’intention qu’il fait distribuer avant chaque concert. S’y dévoile un univers de rêves et d’élaborations enfantines, où les événements du monde sont rangés selon des catégories à la fois logiques et fantaisistes, en « choses » (things), dont certaines sont dites « vraies » quand elles sont rares et inestimables (real things), les autres se rangeant selon des catégories qui vont en se dégradant jusqu’aux fantômes ou brouillards – la mort constituant le dernier degré dans cette chute. Ces choses peuvent ensuite s’agréger selon deux principes, celui de la « tour » (tower), où elles sont empilées simultanément, et celui du « bridge » (pont) lorsqu’elles se succèdent dans le temps. La combinaison des deux catégories citées peut donc donner des « vraies tours » et des « vrais ponts », moments de joies intenses de la vie, mais aussi bien sûr des « tours ruinées » et autres « ponts écroulés », quand les choses ne vont pas comme on aimerait. A partir de là, des correspondances formelles deviennent possibles entre construction littéraire et élaboration musicale, selon des lois formelles qu’il suffit d’appliquer…

Nevers 14 nov 2012 007 classés dans: Non classé

D’jazz de chambre : 3 trios et 1 solo

Entre deux soirées avec grands orchestres, D’jazz Nevers Festival proposait trois trios très différents à son public. Et ce ne sont pas forcément les plus connus qui ont frappé les esprits. En effet, si Joachim Kühn s’est montré flamboyant, c’est peut-être le trio d’Olivier Py qui a présenté la musique la plus inattendue.Le lendemain midi, Vincent Peirani proposait un autre moment de bonheur.

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Vijay Iyer, géométrie du jazz au Duc

Ses yeux se fixent sur le manche de la contrebasse à hauteur de ses mains. Ses lèvres suivent le tempo dans un drôle de mimétisme. En mouvement ordonné ou grimaces pronnoncées elles s’animent comme dans le plan fixe d’un  film muet. Toutes les parties de son visage se modèlent alors autour d’un chant mimé note par note. Stephan Crump « from Brooklyn », bassiste du trio, est un musicien acteur singulier que l’on dirait inspiré directement de Buster Keaton et Dany Boon à la fois.

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Actuum & Lucian Ban's "Enesco Re-Imagined" à Jazzdor, Strasbourg

  Deuxième formation présentée dans le cadre de « Jazz Migration » après l’Imperial Quartet, Actuum associe une écriture serrée, fouillée, manifestement ornettienne, explicitement telle, et en même temps pleine de légèreté, de vivacité, d’humour, et pour tout dire du plus pur élan. C’est qu’au fond tout est dans la manière, et dans le point d’énonciation. A la fois très sérieusement engagés dans la musique, les quatre d’Actuum font preuve aussi de distance, à l’instar de celui qui présente leur programme, le trompettiste Louis Laurain. Les autres membres de ce quartette sans piano étant le bayonnais Benjamin Dousteyssier (as), Ronan Courty (b) et Julien Loutelier (dm). 

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Tower Bridge de Marc Ducret : pour l'Histoire (suivi de "L'Amérique" par Baux et Courtois)

En accueillant le Tower Bridge de Marc Ducret (la réunion de ses trois groupes nommés « Real Thing »), les organisateurs du festival de D’jazz Nevers Festival n’ont pas seulement offert à leur public la possibilité d’écouter l’une des musiques les plus excitantes de ces dernières années, ils ont également fait acte historique. Par la richesse du projet « Tower », Marc Ducret marque en effet d’une empreinte essentielle l’histoire de la musique créative européenne, comme cette interprétation nivernaise a pu le confirmer.La littérature est encore présente, mais de manière plus explicite, dans le spectacle très émouvant que le comédien Pierre Baux et Vincent Courtois ont donné le lendemain midi.

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Imperial Quartet & Bill Frisell à Strasbourg et Illkirch/Graffenstaden (Jazz D Or)

  Graffenstaden !!! Dans les années 60, quand j’écoutais les résultats sportifs à la radio – une émission de Georges Briquet – ce nom résonnait (depuis Bayonne faut-il le rappeler) comme l’exemple même de l’exotisme le plus radical. Un seul nom de ville française pouvait rivaliser, celui de Longwy, plus au nord et bien plus froid. Graffenstaden faisait partie de l’élite du basket français, aux côtés de Villeurbanne par exemple, dont le nom m’était plus familier car j’y avais des parents très proches. Quelle ne fut pas ma surprise hier soir en me rendant au concert de Bill Frisell, quand je constatais qu’on ne disait plus « Graffenstaden » tour court mais « Illkirch/Graffenstaden », et quand j’appris que l’équipe de basket existait toujours mais sous le nom peu romantique de « SIG », pour Strasbourg/Illkirch/Graffenstaden. J’appris aussi qu’on avait construit à Graffenstaden des machines à vapeur, dont la célèbre 242 (1) dite « La Divine », qui avait remorqué les Paris-Lille pendant près de dix ans, avant d’être mise au repos définitif. Et ainsi, tout doucement, je rentrais dans des méditations sur le cours de l’histoire et les effets de l’écoulement du temps bien adaptées au concert qui allait suivre.

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La bossa neuve de Vinicius cantuaria

Au Duc, du fond du de la salle on entend normalement la musique produite sur scène. Sauf lorsqu’on se trouve placé derrière un couple de geeks en goguette pour une nuit parisienne, échangeant sur tout ou rien à débit continu, babillage incessant plus ou moins intime ponctué de rires saccadés. A ce prix, majoré de consommations aptes à alimenter chez ce type de spectateur cochon payeur le buisson ardent d’un strict désintérêt pour la choses musicale, la bossa comme le tempo souple de la chanson brésilienne peuvent donner lieu à quelques interludes pour un journaliste marri…

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11 pour le 11/11. Jazzdor, Strasbourg : Peter Brötzmann Chicago Tentet + 1 à Pôle Sud.

  11 pour le 11/11. Jazzdor, Strasbourg : Peter Brötzmann Chicago Tentet + 1 à Pôle Sud. Peter Brötzmann (s, cl), Joe McPhee (tp, s, tb), Mats Gustafsson (ts, bs), Ken Vandermark (ts, bs, cl), Johannes Bauer (tb), Jeb Bishop (tb), Per-Äke Holmlander (tb, tu), Fred Lonberg-Holm (cello, élec), Kent Kessler (b), Michael Zerang (d), Paal Nilssen-Love (dm). Ah ça, on peut dire qu’ils auront commémoré le 11 novembre de façon unique à Pôle Sud. D’une part parce que c’était le seul concert en France du Chicago Tentet + 1 — et ten + 1, si mes souvenirs de calcul mental sont exacts, ça fait 11 —, d’autre part parce que Peter Brötzmann, en Tentet, Onztet, ou autre formation, a l’habitude de célébrer les événements (chacun de ses concerts en est un) à sa façon.

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Jazzdor. Strasbourg, Pôle Sud, 10/11.

Jazzdor. Strasbourg, Pôle Sud, 10/11 : Daniel Erdmann (ts), Heinz Sauer (ts), Johannes Fink (b), Christophe Marguet (dm); Michel Portal (cl, bcl, bandonéon, Keyvan & Bijan Chemirani (perc, sas). Quartet inédit, transgénérationnel et transfrontalier, spécialement réuni à l’initiative de Jazzdor pour fêter les 10 ans de son programme « Jazz Passage » — qui réunit des musiciens allemands et français des deux côtés de la frontière — et pour rendre hommage à Albert Mangelsdorff, le combo « ornettien » Erdmann/Sauer/Fink/Marguet réussit à convaincre dès les premières notes.