Hamid Drake

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Nevers D'Jazz, 4° journée, Baloni, Claudia Solal, Kamilya Jubran & Sarah Murcia, Giornale di Bordo

Encore une journée sans trop de creux, à Nevers. Serait-ce pour compenser l’aspect parfois un peu désolé de la ville, où les commerces disparaissent les uns après les autres, dont évidemment ceux qui me tiennent le plus à coeur, libraires, disquaires, magasins de petite brocante ? On ne sait. En tous cas, un festival où l’on vient de loin, où l’on reste parfois la semaine en louant un appartement. Pas si fréquent en plein mois de novembre…

Le Kidd de New Orleans s'impose sur le ring de Sons d'hiver

Un pur hasard ? Un effet de continuité recherché dans la programmation ? Toujours est-il que dans cette salle de la mairie de St Mandé marqué d’enluminures de plafonds aux teintes claires, certains spectateurs fidèles à Sons d’hiver peuvent alors se  souvenir d’ avoir vu un saxophoniste au nom lui aussi emblématique de l’activité jazz d’une cité des Etats-Unis célébrer, par le biais d’une improvisation débridée, le son de sa ville. Il y a deux ans c’était de Chico Freeman qu’il s’agissait portant ici même le sceau du Chicago sound. Ce soir c’est au tour de Kidd Jordan de faire résonner l’écho d’un ténor « madness » restituant l’empreinte très actuelle imprimée par cet instrument à La Nouvelle Orléans.

Atlantique Jazz Festival : Gerry Hemingway 5tet, Ellery Eskelin, Eténesh Wassié, Hamid Drake

Le « Vauban » fête ses cinquante ans d’existence. Au début des années 60, dans le cadre de la reconstruction de Brest, on a réuni en un seul lieu plusieurs affaires appartenant à la même famille, restaurant, hôtel, boite de jazz. D’où le « Vauban », qui a cinq niveaux de chambres, une vaste salle à manger, et en sous-sol un grand club de jazz (ou d’autres formes musicales). Pratique. Quasiment dans son jus avec tables à pieds en ferraile et formica. Quelques marches conduisent au parterre, comme si le concepteur du lieu, au parfum des pratiques jazzistiques, avait anticipé les trois niveaux d’écoute. Au plus près on fait silence et on écoute, en deuxième rideau on écoute mais on ne se prive pas d’embrasser sa voisine et de lui murmurer des choses indécentes (comme le titre du morceau, par exemple I’m In The Mood For Love), au troisième niveau on fait son commerce, on traite des contrats, on s’autorise à ne rien écouter du tout.

Atlantique Jazz Festival, Alexandre Pierrepont

PROFIL ALEXANDRIN   Pas si peinard que ça, le jazz armoricain Malgré son nom d’ici. « Penn Ar Jazz » dites-vous ? Et puisqu’il est question, du jazz américain Jusqu’à celui de Brest d’avoir le projet fou D’y établir des ponts, qu’ils soient alexandrins Et de pierre construits.

Europa Jazz Festival 2012, le final (2)

Dans ma courte liste des jeunes musiciens du « baby boom » actuel du jazz de France – et je n’emploie pas l’expression par hasard – j’ai oublié Vincent Peirani (mais aussi tant d’autres), qui fait partie avec Emile Parisien du nouveau quartet de Daniel Humair, l’un des plus fins dénicheurs de talents qui soient. Dont acte, surtout après le solo d’accordéon dont il nous a régalé hier, dans une collégiale St-Pierre-La-Cour plein à craquer, ce que nous n’avons pas tardé de faire tant la musique proposée à notre écoute était de nature à réconcilier les âges, les classes sociales, et surtout la ridicule opposition entre le « savant » et le « populaire ».