JEAN-PAUL CELEA

Jazz : une scène créative en région, forum, concerts, Chalon/s/Saône, 14 et 15 juin (II)

Ce fut un régal, au terme d’une journée de forums bien remplie et toujours consacrée à l’insertion des jeunes musiciens de jazz, d’assister aux concerts du soir au théâtre Piccolo et de voir comment les musiciens invités pour le forum, qui n’ont pas souvent l’occasion d’assister aux prestations de leurs collègues, ont su accueillir ces performances et se réjouir d’y avoir pris plaisir. Ce fut le cas pour Exultet, en première partie de soirée, mais aussi du trio de Jean-Paul Celea autour de la musique d’Ornette Coleman.

Jazz : une scène créative en région, forum, concerts, Chalon/s/Saône, 14 et 15 juin (I)

Le Centre Régional du Jazz de Bourgogne (direction Roger Fontanel), la ville de Chalon/s/Saône et le Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Chalon, ainsi que le club « L’Arrosoir », se sont associés pour ce « temps fort » du jazz à Chalon, destiné à illustrer concrètement la vitalité de la scène régionale et à mettre en débat les questions de l’émergence et de l’insertion professionnelle des jeunes musiciens de jazz. Avec en prime la présence de Radio-France pour un « Open Jazz » en direct du Conservatoire, hier soir, et deux concerts ouverts au grand public, avec le « Tinissima Quartet » de Francesco Bearzatti (hier soir) et le trio de Jean-Paul Celea (« Yes Ornette ! ») ce soir.

Jean-Paul Celea "Yes Ornette !" & Marc Ducret "Tower-Bridge" à Strasbourg (Jazzdor)

Il existe plusieurs entrées possibles au « Tower-Bridge » de Marc Ducret : on en soulignera quelques unes, après Ludovic Florin qui a largement traité le sujet dans son compte-rendu du concert de Nevers (voir sur ce même blog). D’abord le lien entre littérature et musique : ici marqué par la référence à Nabokov, plus précisément à « Ada ou l’Ardeur » (1969), dont le guitariste cite des extraits dans la note d’intention qu’il fait distribuer avant chaque concert. S’y dévoile un univers de rêves et d’élaborations enfantines, où les événements du monde sont rangés selon des catégories à la fois logiques et fantaisistes, en « choses » (things), dont certaines sont dites « vraies » quand elles sont rares et inestimables (real things), les autres se rangeant selon des catégories qui vont en se dégradant jusqu’aux fantômes ou brouillards – la mort constituant le dernier degré dans cette chute. Ces choses peuvent ensuite s’agréger selon deux principes, celui de la « tour » (tower), où elles sont empilées simultanément, et celui du « bridge » (pont) lorsqu’elles se succèdent dans le temps. La combinaison des deux catégories citées peut donc donner des « vraies tours » et des « vrais ponts », moments de joies intenses de la vie, mais aussi bien sûr des « tours ruinées » et autres « ponts écroulés », quand les choses ne vont pas comme on aimerait. A partir de là, des correspondances formelles deviennent possibles entre construction littéraire et élaboration musicale, selon des lois formelles qu’il suffit d’appliquer…

Europa Jazz Festival 2012, le final (2)

Dans ma courte liste des jeunes musiciens du « baby boom » actuel du jazz de France – et je n’emploie pas l’expression par hasard – j’ai oublié Vincent Peirani (mais aussi tant d’autres), qui fait partie avec Emile Parisien du nouveau quartet de Daniel Humair, l’un des plus fins dénicheurs de talents qui soient. Dont acte, surtout après le solo d’accordéon dont il nous a régalé hier, dans une collégiale St-Pierre-La-Cour plein à craquer, ce que nous n’avons pas tardé de faire tant la musique proposée à notre écoute était de nature à réconcilier les âges, les classes sociales, et surtout la ridicule opposition entre le « savant » et le « populaire ».  

elindio

Europa Jazz Festival 2012, le final (1)

Un sans logis s’était réfugié dans les voitures de première classe, et il y dormait paisiblement. Impossible de le déloger, il connaissait son droit. Il fallut donc faire appel aux forces de police, qui furent d’une certaine lenteur à intervenir. Ajoutez à ce premier retard d’une heure un autre, probablement lié aux « difficultés de circulation » et vous saurez pourquoi je n’ai pas pu assister au solo de Fanny Lasfargues, hier jeudi, en la Collégiale St-Pierre-La-Cour. Déception, puisque j’avais beaucoup aimé sa prestation l’an dernier à Apt (voir sur ce même blog), et aussi, dans un genre un peu différent, ce qu’elle avait fait entendre (toujours en solo) à Cenon, il y a quelques mois.