Vincent Courtois

Jazz campus en Clunisois : de château en abbaye (19 et 20 août)

      Si vous avez la chance de disposer du temps nécessaire, plongez à Cluny dans un «grand bain musical» de 8 jours, à la fin de l’été. Ou alors, faites comme moi et, en deux jours, six concerts à une cadence effrénée, vous aurez une idée assez précise de ce festival qui, résistant vaillamment à la baisse drastique de subventions municipales, proposait cette année un programme éclatant des plus copieux, à prix doux. Jazz campus , le festival de Didier Levallet, explore la géographie du Clunisois, en Saône et Loire (71). Depuis l’an dernier, il s’est ouvert à un nouveau lieu, le château de Berzé, construit  pour protéger l’abbaye de Cluny : un vrai château médiéval au pays de Lamartine qui a conservé ses tours, son châtelet d’entrée et des jardins avec des buis taillés en pièces d’échec. La comtesse propose de visiter la propriété avant le concert de 19 heures, dans le « tinaillier » renfermant cuves et pressoir, tout en proposant de goûter à ses vins. Et l’on sait que la Bourgogne sud  a des vins blancs insurpassables…

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Méfions-nous des yeux

Les yeux c’est bien. C’est utile, ça vous tire de bien des situations délicates. Mais d’un autre côté ça fige, ça découpe, ça enferme. C’est un organe  un peu surestimé. Les antennes, c’est mieux. Ça effleure, ça anticipe, ça accompagne. On ne parle pas assez des antennes. C’est ce qu’on se disait en sortant du Triton samedi 9 novembre. On avait vu deux musiciens grand cru classés (Louis Sclavis et Vincent Courtois) accompagner deux danseurs de haute volée (Loïc Touzé et Patricia Kuypers)    

Jazzèbre : duo Flament/Janinet, trio "Mediums" (Courtois, Erdmann, Fincker)

Duo, trio, quartet : une soirée sous le signe de la progression (en nombre), qui s’est révélée en fait marquée par une constance dans la qualité de la musique. Mais pour beaucoup, la révélation fut quand même d’abord cet étonnant duo violon/vibraphone, dont la découverte (à Rome) m’avait laissé entrevoir les possibilités, et dont on peut dire aujourd’hui qu’elles apparaissent totalement et en pleine lumière.  

Jazz Campus en Clunisois (1) : Vincent Courtois et Pierre Baux, « L’Amérique »

Après quelques belles journées ensoleillées à Jazz à Ramatuelle, changement total de paysage et de climat avec Jazz Campus en Clunisois. Alors que l’on déplore souvent la prétendue uniformité des festivals hexagonaux, il est pourtant difficile d’imaginer deux manifestations plus différentes que celles-là, et c’est tant mieux comme ça. Là où le public varois a pu se régaler de grandes têtes d’affiche principalement américaines, à l’identité « jazz » clairement affirmée, l’équipe de Jazz Campus emmenée par Didier Levallet propose en ses terres bourguignonnes une programmation mettant la scène française à l’honneur, aux confins de l’improvisation libre et des expérimentations en tout genre. Le tout en essaimant généreusement sur cinq communes d’un territoire rural où le festival est ancré depuis maintenant trente-cinq ans. Démonstration mardi soir à Massilly avec le spectacle « L’Amérique » de Pierre Baux et Vincent Courtois – créé à créé à l’Atelier du Plateau, à l’occasion de Jazz à la Villette 2011 –, où texte et musique entrent en résonnance pour un résultat d’une rare intensité.

Jazz Campus en Clunisois (1) : Vincent Courtois et Pierre Baux, « L’Amérique »

Après quelques belles journées ensoleillées à Jazz à Ramatuelle, changement total de paysage et de climat avec Jazz Campus en Clunisois. Alors que l’on déplore souvent la prétendue uniformité des festivals hexagonaux, il est pourtant difficile d’imaginer deux manifestations plus différentes que celles-là, et c’est tant mieux comme ça. Là où le public varois a pu se régaler de grandes têtes d’affiche principalement américaines, à l’identité « jazz » clairement affirmée, l’équipe de Jazz Campus emmenée par Didier Levallet propose en ses terres bourguignonnes une programmation mettant la scène française à l’honneur, aux confins de l’improvisation libre et des expérimentations en tout genre. Le tout en essaimant généreusement sur cinq communes d’un territoire rural où le festival est ancré depuis maintenant trente-cinq ans. Démonstration mardi soir à Massilly avec le spectacle « L’Amérique » de Pierre Baux et Vincent Courtois – créé à créé à l’Atelier du Plateau, à l’occasion de Jazz à la Villette 2011 –, où texte et musique entrent en résonnance pour un résultat d’une rare intensité.

Laurent Dehors

Jazz à la Tour d'Aigues, Laurent Dehors, Amarco, Open Bal

L’art de Laurent Dehors tient à la fois du magicien, de l’illusionniste, et du ciseleur, de l’orfèvre. Sa proposition « d’immersion musicale et décalée dans quatre siècles d’opéra » se révèle en même temps être une plongée dans un monde rêvé où tout est possible et où l’on pressent comme une sorte d’univers à la Lewis Carroll, et découverte d’un très conséquent travail d’arrangement/détournement qui ne doit rien au hasard, mais tout au labeur le plus précis. Comme il est accompagné dans cette « petite histoire » par des instrumentistes superlatifs, qui partagent avec lui le souci du travail bien fait, on passe un moment délicieux.

Europa Jazz Festival 2012, le final (3)

Je pourrais reprendre, à propos du solo de Vincent Courtois (violoncelle), quasiment les mêmes termes utilisés hier à vanter les mérites du solo de Vincent Peirani (accordéon), sans oublier de souligner la présence du public, de plus en plus insistante dans le lieu (Collégiale St-Pierre-La-Cour), comme dans la Fonderie pour les concerts d’après-midi. Même si, pour les musiciens, ce n’est pas toujours évident, les concerts de midi ou de cinq heures sont pour les auditeurs une respiration, un bol d’art, accompagné du sentiment de partager quelque chose de rare. Cela dit, le violoncelle plaît, et il se situe sur un versant naturel de noblesse plus facilement que l’accordéon. La performance de Vincent Courtois n’en est que plus impressionnante dans la mesure où il n’a recours qu’à des thèmes de sa composition (ou exceptionnellement de Louis Sclavis), qu’il déplie dans un lyrisme exigeant, une technique sans faille, et un recours plus que minimal à des effets de manche ou d’archet. « Sensuel et perdu » dit un des titres de ce beau récital, à retrouver sur CD « L’Imprévu », Label La Buissonne/Harmonia Mundi. Perdu peut-être, mais pas pour tout le monde…