Têtes de jazz, Avignon, Donkey Monkey, des têtes et des affiches

 

Quand le mistral se lève, les affiches tombent, restent uniquement les têtes : c’est « Têtes de Jazz » à l’Ajmi. Quand le vent souffle, il fait frais mais on a rapidement la tête qui tourne. Et quand la folie guette, c’est « Donkey Monkey », un drôle de duo féminin venu de l’est, comme si les vierges folles de la cathédrale de Strasbourg étaient descendues de leur emplacement. 

 

Donkey Monkey : Eve Risser (p, voc), Yuko Oshima (dm, voc, electronics)

 

Entre hommages à Ligeti et à Carla Bley et compositions personnelles, « Donkey Monkey » est un duo réjouissant, drôle, canaille, virtuose, rebondissant. À regarder les choses par le côté de la fabrique, c’est une musique plus classiquement « jazz » qu’on pourrait croire. On dirait, en termes savants du siècle dernier, que la diachronie l’emporte sur la synchronie. Ou encore que la trame narrative importe plus que la mise en relation des éléments dans une forme. Bref, ça vous emporte assez loin, ça vous prend par la main et ça vous retient. Complices et musiciennes accomplies, Eve Risser et Yuko Oshima mettent en appétit de musique, et en soif d’émotions.

 

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En 1969, Michel F., qui m’héberge, habitait dans le nord de la France, et il s’est rendu au festival d’Amougies. Un changement profond dans sa vie d’auditeur, dans sa vie tout court peut-être. L’affiche du festival d’Amougies, regardez-là de près. Pour le coup, on a les têtes, mais aussi l’affiche. En écrivant ces lignes, j’écoute M.E.V. (« Musica Elettronica Viva »), l’un des disques les moins connus de la série des « BYG ». L’année suivante, Michel était à l’Ile de Wight. Il y a donc vu et entendu – entre autres – Jimi Hendrix. Quand il dit ça au trio « Journal Intime », ils en restent coi. Et, croyez-moi, il en faut, pour les faire taire ! De mon côté, provincial bayonnais et chargé de famille, je n’ai eu droit qu’à Châteauvallon 1972. Voir « Jazz Magazine » de ce mois-ci pour les concerts-souvenir. Et faites circuler de nouveau de toute urgence le film sur Amougies, « Music Power » (European Music Revolution), de Jérôme Laperrousaz et Jean-Noël Roy. Merci.

 

Philippe Méziat

 

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