Têtes de jazz, Avignon, Journal Intime "Lips on Fire" + Le bal des faux frères

« Journal Intime », c’est sans doute l’appellation la plus paradoxale qui soit, pour un trio qui donne à entendre une musique tournée vers l’extériorité, fortement adressée, assez à l’opposé quand même de cette sorte de repli sur soi qu’implique l’idée de l’intimité. Quoique notre temps ait réussi à faire partager jusqu’en des extrêmes ce qui fait la vie de chacun. 

 

Trio Journal Intime : Frédéric Gastard (bass-sax), Matthias Mahler (tb), Sylvain Bardiau (tp), + Guillaume Magne (voc, g), + Fabien Kisoka (ts), Fabrice Lerigab (dm), Laurent Di Carlo (dm)

 

Retrouver le son et la musique de ce trio après quelques années procure un plaisir extrême, et ce pour de multiples raisons. La première est que les qualités musicales de la formation se sont affirmées encore : précision des arrangements, perfection de l’exécution, « groove » infernal, sens des voix plurielles, beauté des solos sont au rendez-vous comme au premier jour, avec manifestement l’effet d’avoir beaucoup joué. La deuxième raison de se réjouir tient précisément à cette longévité : le trio va avoir dix ans de vie, et non seulement il perdure, mais encore il étend et diversifie ses projets. La rencontre et le travail avec Marc Ducret et Vincent Peirani a laissé des traces au-delà des enregistrements, « Journal Intime » rencontre aussi « Donkey Monkey », et on annonce des créations à venir avec Guillaume Magne, pour un « Lips On Fire » numéro II. Enfin en 2016 le trio devrait revisiter les grands standards du jazz (co-production avec Jazzdor).

 

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Et on ne s’en lasse pas ! D’autant que le guitariste chante à merveille une belle balade de Jimi Hendrix, que les membres du trio sont à un mètre cinquante et vous envoient du son avec une rare intensité (je n’ai pas dit « force » mais « intensité »), et que prendre ainsi de plein fouet cette musique emplit le corps d’une jouissance peu fréquente. L’association avec les Faux Frères fonctionne si bien que les danseurs sont de sortie. On ne résiste pas à une telle invite, qui est aussi raffinée dans l’écriture que les dernières oeuvres de Lester Bowie. 

 

Ce soir encore à 21.30

 

Philippe Méziat

 

 

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