Una Striscia di terra feconda (II), Francesco Diodati/Didier Levallet Quintet "Voix Croisées"

La journée s’annonce chaude et belle. Chic ! On se dirige vers Barberini, on remonte la rue des Quatre Fontaines, on prend à droite la rue du Quirinal, un peu plus bas à gauche après un jardin se trouve l’église San Andrea Dal Quirinale, par le Bernin, « la doctrine » m’avait dit un ami en me conseillant vivement de m’y rendre. Las ! Elle est, à cette heure, fermée. Qu’à cela ne tienne. On revient sur nos pas, et sur la droite se trouve une autre église, Saint Charles aux Quatre Fontaines. Pas de chance, il est midi passé, elle vient de fermer. Là, c’était Borromini qui régnait en maître. Nullement découragés, nous entrons dans le Palazzo Barberini, qui abrite la Galerie Nationale d’Art Ancien. Le même ami m’avait dit : voir le plafond du salon Pietro Da Cortona…

 

FRANCESCO DIODATI « YELLOW SQUEEDS » : Francesco Diodati (g), Enrico Zanisi (p), Francesco Lento (tp, fr-h), Glauco Benedetti (tu), Enrico Morelli (dm)


DIDIER LEVALLET QUINTET « VOIX CROISEES » : Céline Bonacina (bs, as), Airelle Besson (tp), Sylvaine Hélary (fl, b-fl), Didier Levallet (b, comp), Simon Goubert (dm)


Et en effet. Mais dans le salon Pietro Da Cortona, c’est une surprise qui nous attend, une surprise à vous couper le souffle. On approche, on entend de la musique, encore indistincte, ce sont des cordes, des violons, des altos, des violoncelles : une répétition du premier sextuor de Brahms, celui-là même qui servit de musique à Louis Malle pour « Les Amants ». Sous la direction du violoniste Robert McDuffie, le « Rome Chamber Music Festival » va commencer lundi (demain), et c’est une répétition publique. Sur le programme, David Krakauer doit jouer les « Esquisses hébraïques » de Alexander Krein (lundi), mais sont annoncés aussi la Sonate pour piano et violon op 13 de Fauré, le trio en la mineur de Ravel, un quatuor pour piano et cordes de Dvorak, un sextuor du même, le Quintette pour clarinette de Mozart, le second sextuor de Brahms, etc. On se laisse aller à la tendresse de cette musique, à son suspens merveilleux quand les violons et les alti jouent en pizzicatti, on regarde aussi ce plafond magnifique. Et le plus émouvant est à venir. Dans les salles de peinture, « La Fornarina » de Raphaël vous regarde, de son regard étrange qui semble être dirigé sur votre droite, là où personne ne se trouve, et puis on a droit encore à ce ventripotant d’Henri VIII par Holbein, quelques Caravage, la plus grande peinture quoi…


En sortir indemne. Descendre la Via Del Tritone, traverser en direction de la Piazza Navone, sacrifier aux rites du tourisme le plus « low down », déguster un « Tartufo Nero », glace au chocolat, chez « Ai Tre Tartuffi », admirer le service, se laisser aller à trouver cela insupportable et à le supporter quand même. Retour vers la piazza del Popolo.


Le quintet de Francesco Diodati joue une musique écrite avec soin, un peu plate néanmoins : orchestration subtile, originale, soli sans génie, du travail reste à faire pour adresser le tout à un public qui n’attend que ça. Dans les « Voix Croisées » de Didier Levallet (troisième fois que je l’entends depuis la création) seul Simon Goubert est en lieu et place de François Laizeau. Les trois filles (variations sur le noir et le rouge, toujours) font entendre ce même délicieux son d’ensemble (c’est entre le satin et la broderie, ça vous caresse les oreilles d’une façon insistante), Sylvaine Hélary très en verve aux flûtes, Airelle rebondit d’idées en idées, Céline séduit toujours par ce son de baryton. Un programme sage, certes, mais tellement bien écrit, arrangé, joué !!!


Ce soir « Quartetting », suivi de Rosario Giuliani « French Reunion ». A 21.00, toujours Parco Della Musica. Il est 07.40, il fait encore frais, le ciel est bleu. Chic !


Philippe Méziat

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