20 pianistes à suivre : #9 Eve Risser

11 Oct 2018 #Bonus

Chaque jour pendant tout le mois d’octobre, les fines plumes de Jazz Magazine vous révèlent leurs coups de cœur et braquent les projecteurs sur la nouvelle génération des pianistes qui comptent sur la scène jazz internationale. Aujourd’hui, Eve Risser

Choisie par Ludovic Florin
photo © Sylvain Gripoix

Eve Risser séduit d’emblée par la cohabitation chez elle d’une belle sensibilité et d’une grande force. Possédant de solides bases classiques et contemporaines, elle aime cependant le corps à corps avec l’imprévu. Le frisson de l’inconnu et de l’inattendu l’aimante littéralement. C’est du moins ce qui transpire de son album solo “Des pas sur la neige”, où elle recourt à un nombre impressionnant de techniques et d’objets divers pour faire sonner le piano comme jamais auparavant, préparations dans les cordes du piano qu’en concert on peut la voir improviser dans l’instant. Lorsqu’elle revient sur le clavier, des réminiscences classiques peuvent par ailleurs lui venir sous les doigts : « Je cherche vraiment à avoir des textures sonores et, en même temps, à me servir de l’harmonie pour aller vers des émotions plus romantiques, ou parfois plus énergiques », ce qui l’inscrit d’une certaine façon dans le sillage de Marilyn Crispell, le piano préparé en plus. Si Eve Risser possède une discipline on ne peut plus sérieuse, un bon sens de l’humour lui sert d’antidote à toute affectation, qualité qu’elle tient sans doute autant de sa fréquentation des musiques de John Cage que de Thelonious Monk. Tour à tour troublante, fantomatique, romantique, drôle, Eve Risser possède tous les atouts pour provoquer deux des émotions fondamentales du jazz : le choc immédiat de la surprise, et la densité émotionnelle de la réflexion. •
À écouter
“Les Deux Versants se regardent” (Clean Feed, 2017)

Brève de jazz

Les Grands Prix de l’Académie Charles Cros ont été décernés hier soir

Grand Prix Jazz à CÉCILE McLORIN SALVANT pour son disque 'The Window' (Mack Avenue / Pias) Grand Prix Blues au groupe DELGRES pour son disque 'Mo Jodi' (PIAS) JORDI PUJOL, du label Fresh Sound, a reçu un Prix in honorem pour son travail sur l'édition phonographique et les rééditions, depuis 1983, et en particulier pour ses récentes publications de rééditions et d'inédits du jazz français des années 40 à 60. JOËLLE LÉANDRE a reçu un Prix in honorem en musique contemporaine pour l'ensemble de son parcours musical, à l’occasion de la parution récente de 'Double bass', ( B. Jolas, G. Scelsi, J. Cage, J. Druckmann, J. Léandre par J. Léandre) (Empreinte digitale). Elle a publié également cette année plusieurs disques de musique improvisée http://charlescros.org

Bill Carrothers: solo unique au Duc

C'est sans doute le pianiste le plus rare de notre époque, à tous les sens du terme: si l'ont tient bien nos tablettes, l'immense Bill Carrothers ne s'était plus produit à Paris depuis... 2011! Alors, pour une fois qu'il quitte sa retraite du fin fond du Michigan, on ne manquera pas sous aucun prétexte son unique date au Duc des Lombards ce jeudi 6 décembre, qui plus dans l’intimité d'un solo, configuration dans laquelle il nous a livré ses plus grands disques.

Palmarès.

C’est l’Auxane Trio du pianiste Auxane Cartigny avec le contrebassiste Samuel F’hima et le batteur Tiss Rodriguez qui a remporté l’édition 2018 du prix international Jazzymatmut dans le cadre des actions culturelles du Groupe Matmut. Le trio a touché un chèque de 8 000 €. 2ème prix : le quartette de Ludovic Ernault (5 000 €). 3ème prix : l’Eugène quintette (2 000 €). Auxane Cartigny avait ouvert la série de des 20 pianistes à suivre publiée tout au long du mois d’octobre dans les Bonus de jazzmagazine.com.

EN KIOSQUE

20190501 - N° 716 - 100 pages

En 1976, la sortie du premier album de Jaco Pastorius fut un événement considérable qui bouleversa le paysage du jazz....