Laurent de Wilde Vincent Peirani, une première pour Ravel

05 Sep 2019 #

Le Festival Ravel convoque des musiciens venus célébrer sur la Côte Basque, la musique du compositeur sur sa terre natale. Jean François Heisser, pianiste de renom lui même et Gilles Mounaix, cœurs battants de ces échos classiques de septembre tiennent pourtant à y faire résonner aussi les accents du jazz. Avec svp une première : l’idée d’y faire se rencontrer les claviers de Laurent de Wilde et Vincent Peirani.

Laurent de Wilde ce soir est en veine de confidence pour évoquer des amours contrariées avec son instrument de travail « Le piano est une drôle de grosse machine. On doit amadouer du bout des doigts une mécanique de 500 kilos. Vous imaginez ? Alors j’éprouve envers lui des sentiments diffus. Contrastés. Contradictoires. Le matin je le hais. Le soir venu je l’aime à nouveau… »

Laurent de Wilde (p), Bruno Rousselet (b), Donald Kontomanou (dm) 

Invité: Vincent Peirani (acc)

Festival Ravel, Théâtre Quintaou, Anglet (64600)

 

Laurent de Wilde, Vincent Peirani

Sa connaissance de l’oeuvre autant que son amour pour la dimension de Monk, personnalité humaine et musicien confondus, l’y prédispose sans doute. Pourtant à l’évidence c’est en toute occasion que Laurent de Wilde affiche une maîtrise du rythme. Et lorsque l’occasion lui est enfin donnée d’une rencontre avec un autre expert dans ce domaine, envies et savoir faire s’additionnent à plaisirs « Et oui c’est bien la première fois que nous partageons la scène avec Vincent Peirani. Cela peut paraître bizarre mais il en est ainsi…grâce à l’invitation de Jean François Heisser, pianiste de renom et âme du Festival Ravel, ici sur la terre de naissance du grand compositeur. J’ai fait le choix de revisiter avec lui, avec le trio, des compositions datant de dix, quinze ou..vingt ans, mâtures…» Alors question rythmes quoi de plus judicieux que de partir de l’épreuve du Fleurette africaine de Duke Ellington époque Money Jungle ? Histoire de goûter à plein aux petits décalages savants dont Donald Kontomanou régale avec tact et finesse. Suit un thème intitulé paradoxalement  « Le présent «  (en date de l’an 2000 !): le batteur y tournant toujours autour de la sésure des barres de mesures tandis que le pianiste cultive la doxa du juste tempo à coup d’accords syncopés marqués des deux mains au centre du clavier. L’accordéon s’y inscrit en petites touches de broderie fine. Le fait rythmique s’est installé comme dans une course de fond menée en peloton bien groupé, chacun dans son rôle, son attribution contrebasse y compris  (Bruno Rousselet, compagnon de route de longue date de Laurent de Wilde remplaçait sans problème ce soir là Jérome Regard) Dommage que le son de l’accordéon de Vincent Peirani -lequel, en situation,  à l’évidence joue mais écoute aussi beaucoup- ne bénéficie pas toujours d’un juste équilibre question niveau sonore. Cette première rencontre validée dans l’échange, le partage des tâches via l’improvisation trouve une justification s’il en fallait une autre que le hasard d’une invitation le long d’une composition du pianiste écrite à l’occasion de la tournée du spectacle monté avec le comédien Jacques Gamblin, jazz fan s’il en est.

 

Sometimes blues pris en quartet à part égale livre un contenu jazz qui, dans des traces de blues prends son temps, prends du bon air pour respirer. Le souffle soft des soufflets de l’accordéon venant mine de rien toujours comme en garantie qualité. Sans fracture, tout le long du concert.

Robert Latxague

Brève de jazz

Raphaël Imbert à la tête du CRR de Marseille

La Ville de Marseille vient d’annoncer la nomination du saxophoniste Raphaël Imbert à la tête du conservatoire à rayonnement régional de Marseille, quelques jours à peine après avoir fait l’affiche du festival de jazz des cinq continents avec sa compagnie le Nine spirit.

Les Grands Prix de l’Académie Charles Cros ont été décernés hier soir

Grand Prix Jazz à CÉCILE McLORIN SALVANT pour son disque 'The Window' (Mack Avenue / Pias) Grand Prix Blues au groupe DELGRES pour son disque 'Mo Jodi' (PIAS) JORDI PUJOL, du label Fresh Sound, a reçu un Prix in honorem pour son travail sur l'édition phonographique et les rééditions, depuis 1983, et en particulier pour ses récentes publications de rééditions et d'inédits du jazz français des années 40 à 60. JOËLLE LÉANDRE a reçu un Prix in honorem en musique contemporaine pour l'ensemble de son parcours musical, à l’occasion de la parution récente de 'Double bass', ( B. Jolas, G. Scelsi, J. Cage, J. Druckmann, J. Léandre par J. Léandre) (Empreinte digitale). Elle a publié également cette année plusieurs disques de musique improvisée http://charlescros.org

Bill Carrothers: solo unique au Duc

C'est sans doute le pianiste le plus rare de notre époque, à tous les sens du terme: si l'ont tient bien nos tablettes, l'immense Bill Carrothers ne s'était plus produit à Paris depuis... 2011! Alors, pour une fois qu'il quitte sa retraite du fin fond du Michigan, on ne manquera pas sous aucun prétexte son unique date au Duc des Lombards ce jeudi 6 décembre, qui plus dans l’intimité d'un solo, configuration dans laquelle il nous a livré ses plus grands disques.

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20191101 - N° 722 - 100 pages

Pour la première fois, Kyle Eastwood le fils et Clint Eastwood le père sont réunis dans les pages de Jazz...