Jazz live
Publié le 9 Déc 2014

Ciné-concert par Patrice Caratini : le corps ou l’âme ?

Hier 8 décembre, ciné-concert au cinéma Le Balzac à Paris, avec le film Body and Soul du premier réalisateur noir, Oscar Micheaux, sur une musique de Patrice Caratini interprétée par son Jazz Ensemble. Jazz ou cinéma ?

 

Qu’il s’agisse d’aller au cinéma Le Balzac ou d’aller écouter la musique du Jazz Ensemble de Patrice Caratini, on s’y rend avec le même appétit. Au cinéma Le Balzac, je m’y rends moins comme à une banale séance de cinéma dans un quelconque multiplex, qu’aux vieux cinémas d’antan, cinémas de quartier ouverts certains jours pour des projections uniques, voire cinéma ambulant (hommage au vieux François Morénas qui, de 1945 à 1954, sillonna la Provence à bicyclette avec son projecteur, sa toile et ses films, et qui, dans son auberge de jeunesse du Regain sur les flancs du Lubéron, projeta ensuite ses vieux films une fois par semaine. Je me souviens qu’il avait repéré que j’avais un violon avec moi et m’avait sommé d’accompagner des courts muets. J’avais sorti mon “violon diatonique” et mon répertoire de reels, jigs et autres hornpipes irlandais. « T’a pas autre chose ? » m’avait-il coupé au troisième morceau).

 

Le Merveilleux du cinéma, tel que je le confonds parfois avec le merveilleux du guignol aux cures de la Bourboule où l’on m’emmenait soigner mes rhinopharyngites ! De ce merveilleux (qui ont le voit peut se confondre avec les chandelles nasales de l’enfance mal mouchée), Patrice Caratini et son Jazz Ensemble n’en furent pas avare dans leurs hommages à Louis Armstrong ou Cole Porter. Il nous a un peu manqué hier avec une musique pourtant distinguée d’un “Choc” bien mérité dans nos pages de décembre, pour une musique que, dans le contexte de ce ciné-concert, j’ai eu du mal à apprécier. Il va sans dire que l’on ne va pas voir un film pour écouter une musique. Il m’arrive d’apprécier la musique de film comme “en plus”. D’être saisi par un vertige que ma disponibilité de spectateur me permet d’identifier à une certaine utilisation de la musique, voire d’en analyser le comment. Il m’arrive plus souvent, n’ayant pas de compétences cinéphiliques particulières, de sortir comblé sans avoir “entendu” la musique, mais de réaliser après coup (ou pas) que la musique a participé à mon vertige. Et je me souviens aussi de quelques-uns de ces ciné-concerts donnés avec des orchestres de jazz, notamment au Balzac, où, sortant mes antennes de “jazz-critic”, j’ai dû batailler pour engranger les informations nécessaires à un compte rendu sur ce blog et jouir en même temps de la découverte du film, ces ciné-concerts se donnant souvent sur des muets relativement rares et que je découvrais donc sans préalable.

 

Hier, je ne dirais pas que je n’ai pas entendu la musique, mais plutôt qu’elle m’a gêné. Trop omniprésente, sans laisser d’espace à l’image ni à l’imaginaire, sauf à en faire abstraction. Comme si Patrice Caratini s’était laissé prendre au piège le plus classique du jazz à l’écran, qui impose son rythme, sa pulsation, son débit, son empreinte stylistique “modern jazz” trop typée, au risque de nous priver du merveilleux du film muet pour lequel, me semble-t-il, la manière moins typée de son répertoire “On the Ground” aurait mieux convenu. Certes, on pourrait avancer que les pianistes du muet ne s’embarrassaient pas de tels scrupules… Voir ! De bons moments, certes, les meilleurs durant les scènes de prêche, lorsque la musique se plie aux accents musicaux de l’église noire ou lorsque, les négligeant, elle simule néanmoins l’hystérie collective. Mais le plus souvent, je n’y ai entendu ni illustration sonore à l’unisson de l’action, ni contrepoint, mais une espèce d’à côté, quoique formidablement réalisé et millimétré (on voit bien que le séquençage du film est admirablement maîtrisé) pour un film qui est plus une curiosité qu’un chef-d’œuvre et dont on regrette que le Jazz Ensemble n’ait pas su “l’enchanter”. Ce dont on sait Patrice Caratini capable. Il nous enchantera donc avec la seule musique de son CD “Body and Soul” et l’on attend avec grand appétit la création de son nouveau programme 12 Portraits de femmes  avec la chanteuse Hiledegarde Wanzlawe, le saxophoniste Rémi Sciuto et l’Orchestre régional de Basse Normandie : le 30 janvier à Mondeville, le 31 à L’Aigle, le 5 février à Viré, le 7 à Houlgate. Franck Bergerot

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Hier 8 décembre, ciné-concert au cinéma Le Balzac à Paris, avec le film Body and Soul du premier réalisateur noir, Oscar Micheaux, sur une musique de Patrice Caratini interprétée par son Jazz Ensemble. Jazz ou cinéma ?

 

Qu’il s’agisse d’aller au cinéma Le Balzac ou d’aller écouter la musique du Jazz Ensemble de Patrice Caratini, on s’y rend avec le même appétit. Au cinéma Le Balzac, je m’y rends moins comme à une banale séance de cinéma dans un quelconque multiplex, qu’aux vieux cinémas d’antan, cinémas de quartier ouverts certains jours pour des projections uniques, voire cinéma ambulant (hommage au vieux François Morénas qui, de 1945 à 1954, sillonna la Provence à bicyclette avec son projecteur, sa toile et ses films, et qui, dans son auberge de jeunesse du Regain sur les flancs du Lubéron, projeta ensuite ses vieux films une fois par semaine. Je me souviens qu’il avait repéré que j’avais un violon avec moi et m’avait sommé d’accompagner des courts muets. J’avais sorti mon “violon diatonique” et mon répertoire de reels, jigs et autres hornpipes irlandais. « T’a pas autre chose ? » m’avait-il coupé au troisième morceau).

 

Le Merveilleux du cinéma, tel que je le confonds parfois avec le merveilleux du guignol aux cures de la Bourboule où l’on m’emmenait soigner mes rhinopharyngites ! De ce merveilleux (qui ont le voit peut se confondre avec les chandelles nasales de l’enfance mal mouchée), Patrice Caratini et son Jazz Ensemble n’en furent pas avare dans leurs hommages à Louis Armstrong ou Cole Porter. Il nous a un peu manqué hier avec une musique pourtant distinguée d’un “Choc” bien mérité dans nos pages de décembre, pour une musique que, dans le contexte de ce ciné-concert, j’ai eu du mal à apprécier. Il va sans dire que l’on ne va pas voir un film pour écouter une musique. Il m’arrive d’apprécier la musique de film comme “en plus”. D’être saisi par un vertige que ma disponibilité de spectateur me permet d’identifier à une certaine utilisation de la musique, voire d’en analyser le comment. Il m’arrive plus souvent, n’ayant pas de compétences cinéphiliques particulières, de sortir comblé sans avoir “entendu” la musique, mais de réaliser après coup (ou pas) que la musique a participé à mon vertige. Et je me souviens aussi de quelques-uns de ces ciné-concerts donnés avec des orchestres de jazz, notamment au Balzac, où, sortant mes antennes de “jazz-critic”, j’ai dû batailler pour engranger les informations nécessaires à un compte rendu sur ce blog et jouir en même temps de la découverte du film, ces ciné-concerts se donnant souvent sur des muets relativement rares et que je découvrais donc sans préalable.

 

Hier, je ne dirais pas que je n’ai pas entendu la musique, mais plutôt qu’elle m’a gêné. Trop omniprésente, sans laisser d’espace à l’image ni à l’imaginaire, sauf à en faire abstraction. Comme si Patrice Caratini s’était laissé prendre au piège le plus classique du jazz à l’écran, qui impose son rythme, sa pulsation, son débit, son empreinte stylistique “modern jazz” trop typée, au risque de nous priver du merveilleux du film muet pour lequel, me semble-t-il, la manière moins typée de son répertoire “On the Ground” aurait mieux convenu. Certes, on pourrait avancer que les pianistes du muet ne s’embarrassaient pas de tels scrupules… Voir ! De bons moments, certes, les meilleurs durant les scènes de prêche, lorsque la musique se plie aux accents musicaux de l’église noire ou lorsque, les négligeant, elle simule néanmoins l’hystérie collective. Mais le plus souvent, je n’y ai entendu ni illustration sonore à l’unisson de l’action, ni contrepoint, mais une espèce d’à côté, quoique formidablement réalisé et millimétré (on voit bien que le séquençage du film est admirablement maîtrisé) pour un film qui est plus une curiosité qu’un chef-d’œuvre et dont on regrette que le Jazz Ensemble n’ait pas su “l’enchanter”. Ce dont on sait Patrice Caratini capable. Il nous enchantera donc avec la seule musique de son CD “Body and Soul” et l’on attend avec grand appétit la création de son nouveau programme 12 Portraits de femmes  avec la chanteuse Hiledegarde Wanzlawe, le saxophoniste Rémi Sciuto et l’Orchestre régional de Basse Normandie : le 30 janvier à Mondeville, le 31 à L’Aigle, le 5 février à Viré, le 7 à Houlgate. Franck Bergerot

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Hier 8 décembre, ciné-concert au cinéma Le Balzac à Paris, avec le film Body and Soul du premier réalisateur noir, Oscar Micheaux, sur une musique de Patrice Caratini interprétée par son Jazz Ensemble. Jazz ou cinéma ?

 

Qu’il s’agisse d’aller au cinéma Le Balzac ou d’aller écouter la musique du Jazz Ensemble de Patrice Caratini, on s’y rend avec le même appétit. Au cinéma Le Balzac, je m’y rends moins comme à une banale séance de cinéma dans un quelconque multiplex, qu’aux vieux cinémas d’antan, cinémas de quartier ouverts certains jours pour des projections uniques, voire cinéma ambulant (hommage au vieux François Morénas qui, de 1945 à 1954, sillonna la Provence à bicyclette avec son projecteur, sa toile et ses films, et qui, dans son auberge de jeunesse du Regain sur les flancs du Lubéron, projeta ensuite ses vieux films une fois par semaine. Je me souviens qu’il avait repéré que j’avais un violon avec moi et m’avait sommé d’accompagner des courts muets. J’avais sorti mon “violon diatonique” et mon répertoire de reels, jigs et autres hornpipes irlandais. « T’a pas autre chose ? » m’avait-il coupé au troisième morceau).

 

Le Merveilleux du cinéma, tel que je le confonds parfois avec le merveilleux du guignol aux cures de la Bourboule où l’on m’emmenait soigner mes rhinopharyngites ! De ce merveilleux (qui ont le voit peut se confondre avec les chandelles nasales de l’enfance mal mouchée), Patrice Caratini et son Jazz Ensemble n’en furent pas avare dans leurs hommages à Louis Armstrong ou Cole Porter. Il nous a un peu manqué hier avec une musique pourtant distinguée d’un “Choc” bien mérité dans nos pages de décembre, pour une musique que, dans le contexte de ce ciné-concert, j’ai eu du mal à apprécier. Il va sans dire que l’on ne va pas voir un film pour écouter une musique. Il m’arrive d’apprécier la musique de film comme “en plus”. D’être saisi par un vertige que ma disponibilité de spectateur me permet d’identifier à une certaine utilisation de la musique, voire d’en analyser le comment. Il m’arrive plus souvent, n’ayant pas de compétences cinéphiliques particulières, de sortir comblé sans avoir “entendu” la musique, mais de réaliser après coup (ou pas) que la musique a participé à mon vertige. Et je me souviens aussi de quelques-uns de ces ciné-concerts donnés avec des orchestres de jazz, notamment au Balzac, où, sortant mes antennes de “jazz-critic”, j’ai dû batailler pour engranger les informations nécessaires à un compte rendu sur ce blog et jouir en même temps de la découverte du film, ces ciné-concerts se donnant souvent sur des muets relativement rares et que je découvrais donc sans préalable.

 

Hier, je ne dirais pas que je n’ai pas entendu la musique, mais plutôt qu’elle m’a gêné. Trop omniprésente, sans laisser d’espace à l’image ni à l’imaginaire, sauf à en faire abstraction. Comme si Patrice Caratini s’était laissé prendre au piège le plus classique du jazz à l’écran, qui impose son rythme, sa pulsation, son débit, son empreinte stylistique “modern jazz” trop typée, au risque de nous priver du merveilleux du film muet pour lequel, me semble-t-il, la manière moins typée de son répertoire “On the Ground” aurait mieux convenu. Certes, on pourrait avancer que les pianistes du muet ne s’embarrassaient pas de tels scrupules… Voir ! De bons moments, certes, les meilleurs durant les scènes de prêche, lorsque la musique se plie aux accents musicaux de l’église noire ou lorsque, les négligeant, elle simule néanmoins l’hystérie collective. Mais le plus souvent, je n’y ai entendu ni illustration sonore à l’unisson de l’action, ni contrepoint, mais une espèce d’à côté, quoique formidablement réalisé et millimétré (on voit bien que le séquençage du film est admirablement maîtrisé) pour un film qui est plus une curiosité qu’un chef-d’œuvre et dont on regrette que le Jazz Ensemble n’ait pas su “l’enchanter”. Ce dont on sait Patrice Caratini capable. Il nous enchantera donc avec la seule musique de son CD “Body and Soul” et l’on attend avec grand appétit la création de son nouveau programme 12 Portraits de femmes  avec la chanteuse Hiledegarde Wanzlawe, le saxophoniste Rémi Sciuto et l’Orchestre régional de Basse Normandie : le 30 janvier à Mondeville, le 31 à L’Aigle, le 5 février à Viré, le 7 à Houlgate. Franck Bergerot

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Hier 8 décembre, ciné-concert au cinéma Le Balzac à Paris, avec le film Body and Soul du premier réalisateur noir, Oscar Micheaux, sur une musique de Patrice Caratini interprétée par son Jazz Ensemble. Jazz ou cinéma ?

 

Qu’il s’agisse d’aller au cinéma Le Balzac ou d’aller écouter la musique du Jazz Ensemble de Patrice Caratini, on s’y rend avec le même appétit. Au cinéma Le Balzac, je m’y rends moins comme à une banale séance de cinéma dans un quelconque multiplex, qu’aux vieux cinémas d’antan, cinémas de quartier ouverts certains jours pour des projections uniques, voire cinéma ambulant (hommage au vieux François Morénas qui, de 1945 à 1954, sillonna la Provence à bicyclette avec son projecteur, sa toile et ses films, et qui, dans son auberge de jeunesse du Regain sur les flancs du Lubéron, projeta ensuite ses vieux films une fois par semaine. Je me souviens qu’il avait repéré que j’avais un violon avec moi et m’avait sommé d’accompagner des courts muets. J’avais sorti mon “violon diatonique” et mon répertoire de reels, jigs et autres hornpipes irlandais. « T’a pas autre chose ? » m’avait-il coupé au troisième morceau).

 

Le Merveilleux du cinéma, tel que je le confonds parfois avec le merveilleux du guignol aux cures de la Bourboule où l’on m’emmenait soigner mes rhinopharyngites ! De ce merveilleux (qui ont le voit peut se confondre avec les chandelles nasales de l’enfance mal mouchée), Patrice Caratini et son Jazz Ensemble n’en furent pas avare dans leurs hommages à Louis Armstrong ou Cole Porter. Il nous a un peu manqué hier avec une musique pourtant distinguée d’un “Choc” bien mérité dans nos pages de décembre, pour une musique que, dans le contexte de ce ciné-concert, j’ai eu du mal à apprécier. Il va sans dire que l’on ne va pas voir un film pour écouter une musique. Il m’arrive d’apprécier la musique de film comme “en plus”. D’être saisi par un vertige que ma disponibilité de spectateur me permet d’identifier à une certaine utilisation de la musique, voire d’en analyser le comment. Il m’arrive plus souvent, n’ayant pas de compétences cinéphiliques particulières, de sortir comblé sans avoir “entendu” la musique, mais de réaliser après coup (ou pas) que la musique a participé à mon vertige. Et je me souviens aussi de quelques-uns de ces ciné-concerts donnés avec des orchestres de jazz, notamment au Balzac, où, sortant mes antennes de “jazz-critic”, j’ai dû batailler pour engranger les informations nécessaires à un compte rendu sur ce blog et jouir en même temps de la découverte du film, ces ciné-concerts se donnant souvent sur des muets relativement rares et que je découvrais donc sans préalable.

 

Hier, je ne dirais pas que je n’ai pas entendu la musique, mais plutôt qu’elle m’a gêné. Trop omniprésente, sans laisser d’espace à l’image ni à l’imaginaire, sauf à en faire abstraction. Comme si Patrice Caratini s’était laissé prendre au piège le plus classique du jazz à l’écran, qui impose son rythme, sa pulsation, son débit, son empreinte stylistique “modern jazz” trop typée, au risque de nous priver du merveilleux du film muet pour lequel, me semble-t-il, la manière moins typée de son répertoire “On the Ground” aurait mieux convenu. Certes, on pourrait avancer que les pianistes du muet ne s’embarrassaient pas de tels scrupules… Voir ! De bons moments, certes, les meilleurs durant les scènes de prêche, lorsque la musique se plie aux accents musicaux de l’église noire ou lorsque, les négligeant, elle simule néanmoins l’hystérie collective. Mais le plus souvent, je n’y ai entendu ni illustration sonore à l’unisson de l’action, ni contrepoint, mais une espèce d’à côté, quoique formidablement réalisé et millimétré (on voit bien que le séquençage du film est admirablement maîtrisé) pour un film qui est plus une curiosité qu’un chef-d’œuvre et dont on regrette que le Jazz Ensemble n’ait pas su “l’enchanter”. Ce dont on sait Patrice Caratini capable. Il nous enchantera donc avec la seule musique de son CD “Body and Soul” et l’on attend avec grand appétit la création de son nouveau programme 12 Portraits de femmes  avec la chanteuse Hiledegarde Wanzlawe, le saxophoniste Rémi Sciuto et l’Orchestre régional de Basse Normandie : le 30 janvier à Mondeville, le 31 à L’Aigle, le 5 février à Viré, le 7 à Houlgate. Franck Bergerot