Jazz live
Publié le 22 Jan 2016

Luigi Grasso prend du volume

Luigitrio

Vendredi soir, au Sunside, Luigi Grasso avait provisoirement délaissé son instrument de prédilection, le saxophone alto pour s’exprimer au baryton.

Luigi Grasso (saxophone baryton), Stéphane Chandelier (batterie), Gilles Naturel (contrebasse), Le Sunside, 15 janvier 2016

Les amateurs de jazz connaissent bien Luigi Grasso. Ce jeune musicien d’une trentaine d’années installé à Paris est réputé pour sa technique au saxophone alto. Sa maîtrise qui lui permet de surfer avec aisance sur la crête des tempos les plus casse-cou sans jamais s’échouer sur la grève. L’instrument lui obéit au doigt et à l’œil, et sans broncher. Mais cette technique ébouriffante a des inconvénients. Pour certains, elle fait écran. Elle empêche de voir que Grasso a bien d’autres atouts que sa vélocité: Il est un fin compositeur, un arrangeur doué, et un improvisateur plein de nuances dont l’univers harmonique ne s’arrête pas à 1955.

Luigi1

Au saxophone baryton, Luigi Grasso ne perd pas sa virtuosité ( en témoigne ce Giant Steps à tombeau ouvert dans le second set qui fit naître pendant quelques secondes un air incrédule sur le visage du grand Gilles Naturel, qui pourtant en a vu d’autres) mais l’utilise avec plus de parcimonie. Il arpente d’autres terrains. Il explore évidemment le timbre de l’instrument, mais aussi sur les possibilités humoristiques d’une telle puissance de feu. Il gagne en légèreté, en insouciance. Le répertoire choisi s’y prête à merveille puisque les thèmes de Monk constituent le coeur de l’affaire. Le trio s’empare d’Epistrophy, de Brilliant Corners, de Reflections. Il donne une version intense et rugueuse de Round Midnight , avec cette introduction si belle , un thème à elle toue seule et que Grasso joue avec un grand sens des contrastes et des dynamiques, en s’autorisant des zooms, broderies, des raccourcis.

luigi2

Parfois le trio s’autorise des escapades hors du répertorie monkien: deux morceaux dans le style boogaloo, quelques standards éclectiques (What is this thing called love, These foolish things, un standard de la variété italienne…). La formule du trio basse-batterie requiert beaucoup d’énergie de la part de Grasso, qui ne quitte pas le devant de la scène. Mais jamais cette configuration dépouillée ne donne un sentiment d’austérité. C’est dire à quel point les musiciens présents au côté de Grasso, le batteur Stéphane Chandelier , et le bassiste Guillaume Naturel sont exceptionnels. Il semble que cette formule, particulièrement exigeante suscite aussi de la part de Grasso comme un surcroît de générosité, que le public du sunside semble avoir reçu droit au coeur.
Texte JF Mondot
Dessins AC Alvoët
Pour voir d’autres dessins et des peintures d’AC Alvoët on peut se rendre sur son site:
www.annie-claire.com
ou au Triton, mairie des Lilas, pour profiter de l’exposition en cours.|Luigitrio

Vendredi soir, au Sunside, Luigi Grasso avait provisoirement délaissé son instrument de prédilection, le saxophone alto pour s’exprimer au baryton.

Luigi Grasso (saxophone baryton), Stéphane Chandelier (batterie), Gilles Naturel (contrebasse), Le Sunside, 15 janvier 2016

Les amateurs de jazz connaissent bien Luigi Grasso. Ce jeune musicien d’une trentaine d’années installé à Paris est réputé pour sa technique au saxophone alto. Sa maîtrise qui lui permet de surfer avec aisance sur la crête des tempos les plus casse-cou sans jamais s’échouer sur la grève. L’instrument lui obéit au doigt et à l’œil, et sans broncher. Mais cette technique ébouriffante a des inconvénients. Pour certains, elle fait écran. Elle empêche de voir que Grasso a bien d’autres atouts que sa vélocité: Il est un fin compositeur, un arrangeur doué, et un improvisateur plein de nuances dont l’univers harmonique ne s’arrête pas à 1955.

Luigi1

Au saxophone baryton, Luigi Grasso ne perd pas sa virtuosité ( en témoigne ce Giant Steps à tombeau ouvert dans le second set qui fit naître pendant quelques secondes un air incrédule sur le visage du grand Gilles Naturel, qui pourtant en a vu d’autres) mais l’utilise avec plus de parcimonie. Il arpente d’autres terrains. Il explore évidemment le timbre de l’instrument, mais aussi sur les possibilités humoristiques d’une telle puissance de feu. Il gagne en légèreté, en insouciance. Le répertoire choisi s’y prête à merveille puisque les thèmes de Monk constituent le coeur de l’affaire. Le trio s’empare d’Epistrophy, de Brilliant Corners, de Reflections. Il donne une version intense et rugueuse de Round Midnight , avec cette introduction si belle , un thème à elle toue seule et que Grasso joue avec un grand sens des contrastes et des dynamiques, en s’autorisant des zooms, broderies, des raccourcis.

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Parfois le trio s’autorise des escapades hors du répertorie monkien: deux morceaux dans le style boogaloo, quelques standards éclectiques (What is this thing called love, These foolish things, un standard de la variété italienne…). La formule du trio basse-batterie requiert beaucoup d’énergie de la part de Grasso, qui ne quitte pas le devant de la scène. Mais jamais cette configuration dépouillée ne donne un sentiment d’austérité. C’est dire à quel point les musiciens présents au côté de Grasso, le batteur Stéphane Chandelier , et le bassiste Guillaume Naturel sont exceptionnels. Il semble que cette formule, particulièrement exigeante suscite aussi de la part de Grasso comme un surcroît de générosité, que le public du sunside semble avoir reçu droit au coeur.
Texte JF Mondot
Dessins AC Alvoët
Pour voir d’autres dessins et des peintures d’AC Alvoët on peut se rendre sur son site:
www.annie-claire.com
ou au Triton, mairie des Lilas, pour profiter de l’exposition en cours.|Luigitrio

Vendredi soir, au Sunside, Luigi Grasso avait provisoirement délaissé son instrument de prédilection, le saxophone alto pour s’exprimer au baryton.

Luigi Grasso (saxophone baryton), Stéphane Chandelier (batterie), Gilles Naturel (contrebasse), Le Sunside, 15 janvier 2016

Les amateurs de jazz connaissent bien Luigi Grasso. Ce jeune musicien d’une trentaine d’années installé à Paris est réputé pour sa technique au saxophone alto. Sa maîtrise qui lui permet de surfer avec aisance sur la crête des tempos les plus casse-cou sans jamais s’échouer sur la grève. L’instrument lui obéit au doigt et à l’œil, et sans broncher. Mais cette technique ébouriffante a des inconvénients. Pour certains, elle fait écran. Elle empêche de voir que Grasso a bien d’autres atouts que sa vélocité: Il est un fin compositeur, un arrangeur doué, et un improvisateur plein de nuances dont l’univers harmonique ne s’arrête pas à 1955.

Luigi1

Au saxophone baryton, Luigi Grasso ne perd pas sa virtuosité ( en témoigne ce Giant Steps à tombeau ouvert dans le second set qui fit naître pendant quelques secondes un air incrédule sur le visage du grand Gilles Naturel, qui pourtant en a vu d’autres) mais l’utilise avec plus de parcimonie. Il arpente d’autres terrains. Il explore évidemment le timbre de l’instrument, mais aussi sur les possibilités humoristiques d’une telle puissance de feu. Il gagne en légèreté, en insouciance. Le répertoire choisi s’y prête à merveille puisque les thèmes de Monk constituent le coeur de l’affaire. Le trio s’empare d’Epistrophy, de Brilliant Corners, de Reflections. Il donne une version intense et rugueuse de Round Midnight , avec cette introduction si belle , un thème à elle toue seule et que Grasso joue avec un grand sens des contrastes et des dynamiques, en s’autorisant des zooms, broderies, des raccourcis.

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Parfois le trio s’autorise des escapades hors du répertorie monkien: deux morceaux dans le style boogaloo, quelques standards éclectiques (What is this thing called love, These foolish things, un standard de la variété italienne…). La formule du trio basse-batterie requiert beaucoup d’énergie de la part de Grasso, qui ne quitte pas le devant de la scène. Mais jamais cette configuration dépouillée ne donne un sentiment d’austérité. C’est dire à quel point les musiciens présents au côté de Grasso, le batteur Stéphane Chandelier , et le bassiste Guillaume Naturel sont exceptionnels. Il semble que cette formule, particulièrement exigeante suscite aussi de la part de Grasso comme un surcroît de générosité, que le public du sunside semble avoir reçu droit au coeur.
Texte JF Mondot
Dessins AC Alvoët
Pour voir d’autres dessins et des peintures d’AC Alvoët on peut se rendre sur son site:
www.annie-claire.com
ou au Triton, mairie des Lilas, pour profiter de l’exposition en cours.|Luigitrio

Vendredi soir, au Sunside, Luigi Grasso avait provisoirement délaissé son instrument de prédilection, le saxophone alto pour s’exprimer au baryton.

Luigi Grasso (saxophone baryton), Stéphane Chandelier (batterie), Gilles Naturel (contrebasse), Le Sunside, 15 janvier 2016

Les amateurs de jazz connaissent bien Luigi Grasso. Ce jeune musicien d’une trentaine d’années installé à Paris est réputé pour sa technique au saxophone alto. Sa maîtrise qui lui permet de surfer avec aisance sur la crête des tempos les plus casse-cou sans jamais s’échouer sur la grève. L’instrument lui obéit au doigt et à l’œil, et sans broncher. Mais cette technique ébouriffante a des inconvénients. Pour certains, elle fait écran. Elle empêche de voir que Grasso a bien d’autres atouts que sa vélocité: Il est un fin compositeur, un arrangeur doué, et un improvisateur plein de nuances dont l’univers harmonique ne s’arrête pas à 1955.

Luigi1

Au saxophone baryton, Luigi Grasso ne perd pas sa virtuosité ( en témoigne ce Giant Steps à tombeau ouvert dans le second set qui fit naître pendant quelques secondes un air incrédule sur le visage du grand Gilles Naturel, qui pourtant en a vu d’autres) mais l’utilise avec plus de parcimonie. Il arpente d’autres terrains. Il explore évidemment le timbre de l’instrument, mais aussi sur les possibilités humoristiques d’une telle puissance de feu. Il gagne en légèreté, en insouciance. Le répertoire choisi s’y prête à merveille puisque les thèmes de Monk constituent le coeur de l’affaire. Le trio s’empare d’Epistrophy, de Brilliant Corners, de Reflections. Il donne une version intense et rugueuse de Round Midnight , avec cette introduction si belle , un thème à elle toue seule et que Grasso joue avec un grand sens des contrastes et des dynamiques, en s’autorisant des zooms, broderies, des raccourcis.

luigi2

Parfois le trio s’autorise des escapades hors du répertorie monkien: deux morceaux dans le style boogaloo, quelques standards éclectiques (What is this thing called love, These foolish things, un standard de la variété italienne…). La formule du trio basse-batterie requiert beaucoup d’énergie de la part de Grasso, qui ne quitte pas le devant de la scène. Mais jamais cette configuration dépouillée ne donne un sentiment d’austérité. C’est dire à quel point les musiciens présents au côté de Grasso, le batteur Stéphane Chandelier , et le bassiste Guillaume Naturel sont exceptionnels. Il semble que cette formule, particulièrement exigeante suscite aussi de la part de Grasso comme un surcroît de générosité, que le public du sunside semble avoir reçu droit au coeur.
Texte JF Mondot
Dessins AC Alvoët
Pour voir d’autres dessins et des peintures d’AC Alvoët on peut se rendre sur son site:
www.annie-claire.com
ou au Triton, mairie des Lilas, pour profiter de l’exposition en cours.