Jazz live
Publié le 7 Août 2016

Marciac (1): Rubalcaba et Fonseca, cubano be cubano bop

« C’est un peu déroutant cette musique… » clame ma voisine un tantinet secouée au sortir d’un moment d’improvisation éruptive, ébouriffante d’idées, d’exercices géométriques tracés sur le clavier sous les doigts experts de Gonzalo Rubalcaba.

Jazz in Marciac, Chapiteau, 6 aout

Volcán Trio: Gonzalo Rubalcaba (p, synthé), Jose Armando Gola (elb), Horacio « El Negro » Hernandez (dm)

Roberto Fonseca (p, synthé, voc), Carlos Sarduy (tp), Matthew Simon (tp), Dario Garcia (tb), Tutu (tb), Javier Salba (s, fl, cl), Jimy Jenkins (ts, Yandi Martinez (b, eld), Ramses « Dinamita » Rodrigues (dm, perc), Adel Gonzames (perc), Carlos Calunga (voc)

Cubano be, Cubano bop sortit un jour de la trompette coudée de Dizzy Gillespie poussé sous des courants d’air cubains par les congas de Chano Pozo…Sous le chapiteau en copier coller du terrain de rugby de Marciac, les deux versions cubaines illustrant une musique d’aujourd’hui ont agité une même nuit d’aout. Données sur le même piano mais sonnant très différemment.

Bop et suite, le jazz jusqu’à aujourd’hui façon Rubalcaba d’abord. Il faut écouter attentivement, certes, lorsque ce pianiste joue. Se concentrer sans doute sur son jeu savant, complexe parfois dans son exposé, nourri de technique, de trouvailles, de décalages pas si évidents à débusquer, ingérer immédiatement. Fruit d’une intelligence, d’une capacité à construire sans dévoiler ses plans. Sauf qu’au passage le musicien cubain fixé à New York dès 1996 n’en oublie pas pourtant de jouer, au sens premier du mot. Témoin ce final, en rappel,  acoustique puis filtré au synthé sur le petit module primesautier du Salt Peanuts de Dizzy. Ou ce thème dansant (Son Punto) inspiré du danzon traditionnel, très brillant, expressif en diable, mobile dans son déroule à trois, occasion donnée à Horacio « El Negro » Hernandez de mettre en pratique cette façon singulière de marque le temps avec deux pédales à la fois sous son pied gauche, l’une pour activer la charleston, l’autre pour déclencher la cloche « latine » (merci au passage au réalisateur Jean-Marc Birraux, d’avoir fixé cet instant sur les écrans  en gros plan par un zoom judicieux de caméra)  Courte déclaration en mode d’explication de la part du pianiste cubain habituellement sur la réserve: « Nous jouons une musique issue d’Amérique du Sud, du Nord et d’ailleurs dans le but, avant tout,  de la faire vivre. L’objectif est de construire ou…déconstruire » Gonzalo Rubalcaba ne figure pas comme le pianiste cubain le plus innervé par des veines de jazz sans raison…(pas forcément) apparente.

Cubano be or not to be ? L’amoncellement du public, appareils de photos, portables, caméra au bord de la scène avant même le début du concert disait déjà quelque chose. L’explosion d’applaudissements dès le premier morceau livré en mode d’hymne (Cubano Chant) confirme l’impression initiale:  A Marciac, Roberto Fonseca a pris rang d’icône « Je suis ici chez moi, en famille » affirme-t-il histoire d’enfoncer le clou. Et de faire monter au final pour saluer, Jean Louis Guilhaumon le boss du festival et patron de la petite ville gersoise. Voilà onze ans Roberto Fonseca montait sur scène pour la première fois dans l’habit de du Buena Vista Social Club en tant que  pianiste attitré d’une autre icône disparue depuis, Ibrahim Ferrer. Depuis le public de Marciac l’a adopté. Adoubé. Sur ce projet (Abuc, palindrome de Cuba) Fonseca garde fidèlement (au sens Marsalisien) le sillon du jazz afro cubain. Une base de percussions, une section de cuivres réglée au millimètre (musiciens cubains ou espagnols issus notamment du Conservatoire de Barcelona et vus au sein du Shakin’All Brass Band catalan, à Vitoria), le piano (accords plaqués de la main gauche, la droite moulinant comme celle d’un chef d’orchestre pour souligner les ruptures ou lancer les solistes) marque, lui, introduction ou point d’orgue.  Roberto Fonseca au final joue peu…du piano. Il cherche sans cesse le dialogue verbal ou musical avec le public. Sur scène il harangue, déclenche, fait chanter (Mambo Afro),  battre des mains. Entertainer, showman, catalyseur il chauffe la salle, se régale visiblement à la tenir, bouillante, au creux de sa main. Une incartade façon trio en amuse bouche, la mélodie sucrée de Besame Mucho à peine suggérée au sax, une touche délicieuse mais trop brève de piano solo (Veinte años), autant d’éclairs passagers, On en voudrait davantage…mais déjà dans le ciel du village gersois l’orage afro-cubain reprend son roulement percussif, ses droits au festival acquittés. Le peuple (public) marciacais tout entier se dresse sur les chaises plastiques de sa Bastille de toile. En remerciement, en mode d’« après l’’envoi je touche », écho de la fière maxime des Mousquetaires du Roi gascons immortalisés via Alexandre Dumas, Roberto Fonseca, son orchestre de cuivres et percus descendent  en mode banda jusques dans les allées du Chapiteau. Dans la nuit la clameur s’entend jusqu’à Vic Bigorre…

Robert Latxague

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« C’est un peu déroutant cette musique… » clame ma voisine un tantinet secouée au sortir d’un moment d’improvisation éruptive, ébouriffante d’idées, d’exercices géométriques tracés sur le clavier sous les doigts experts de Gonzalo Rubalcaba.

Jazz in Marciac, Chapiteau, 6 aout

Volcán Trio: Gonzalo Rubalcaba (p, synthé), Jose Armando Gola (elb), Horacio « El Negro » Hernandez (dm)

Roberto Fonseca (p, synthé, voc), Carlos Sarduy (tp), Matthew Simon (tp), Dario Garcia (tb), Tutu (tb), Javier Salba (s, fl, cl), Jimy Jenkins (ts, Yandi Martinez (b, eld), Ramses « Dinamita » Rodrigues (dm, perc), Adel Gonzames (perc), Carlos Calunga (voc)

Cubano be, Cubano bop sortit un jour de la trompette coudée de Dizzy Gillespie poussé sous des courants d’air cubains par les congas de Chano Pozo…Sous le chapiteau en copier coller du terrain de rugby de Marciac, les deux versions cubaines illustrant une musique d’aujourd’hui ont agité une même nuit d’aout. Données sur le même piano mais sonnant très différemment.

Bop et suite, le jazz jusqu’à aujourd’hui façon Rubalcaba d’abord. Il faut écouter attentivement, certes, lorsque ce pianiste joue. Se concentrer sans doute sur son jeu savant, complexe parfois dans son exposé, nourri de technique, de trouvailles, de décalages pas si évidents à débusquer, ingérer immédiatement. Fruit d’une intelligence, d’une capacité à construire sans dévoiler ses plans. Sauf qu’au passage le musicien cubain fixé à New York dès 1996 n’en oublie pas pourtant de jouer, au sens premier du mot. Témoin ce final, en rappel,  acoustique puis filtré au synthé sur le petit module primesautier du Salt Peanuts de Dizzy. Ou ce thème dansant (Son Punto) inspiré du danzon traditionnel, très brillant, expressif en diable, mobile dans son déroule à trois, occasion donnée à Horacio « El Negro » Hernandez de mettre en pratique cette façon singulière de marque le temps avec deux pédales à la fois sous son pied gauche, l’une pour activer la charleston, l’autre pour déclencher la cloche « latine » (merci au passage au réalisateur Jean-Marc Birraux, d’avoir fixé cet instant sur les écrans  en gros plan par un zoom judicieux de caméra)  Courte déclaration en mode d’explication de la part du pianiste cubain habituellement sur la réserve: « Nous jouons une musique issue d’Amérique du Sud, du Nord et d’ailleurs dans le but, avant tout,  de la faire vivre. L’objectif est de construire ou…déconstruire » Gonzalo Rubalcaba ne figure pas comme le pianiste cubain le plus innervé par des veines de jazz sans raison…(pas forcément) apparente.

Cubano be or not to be ? L’amoncellement du public, appareils de photos, portables, caméra au bord de la scène avant même le début du concert disait déjà quelque chose. L’explosion d’applaudissements dès le premier morceau livré en mode d’hymne (Cubano Chant) confirme l’impression initiale:  A Marciac, Roberto Fonseca a pris rang d’icône « Je suis ici chez moi, en famille » affirme-t-il histoire d’enfoncer le clou. Et de faire monter au final pour saluer, Jean Louis Guilhaumon le boss du festival et patron de la petite ville gersoise. Voilà onze ans Roberto Fonseca montait sur scène pour la première fois dans l’habit de du Buena Vista Social Club en tant que  pianiste attitré d’une autre icône disparue depuis, Ibrahim Ferrer. Depuis le public de Marciac l’a adopté. Adoubé. Sur ce projet (Abuc, palindrome de Cuba) Fonseca garde fidèlement (au sens Marsalisien) le sillon du jazz afro cubain. Une base de percussions, une section de cuivres réglée au millimètre (musiciens cubains ou espagnols issus notamment du Conservatoire de Barcelona et vus au sein du Shakin’All Brass Band catalan, à Vitoria), le piano (accords plaqués de la main gauche, la droite moulinant comme celle d’un chef d’orchestre pour souligner les ruptures ou lancer les solistes) marque, lui, introduction ou point d’orgue.  Roberto Fonseca au final joue peu…du piano. Il cherche sans cesse le dialogue verbal ou musical avec le public. Sur scène il harangue, déclenche, fait chanter (Mambo Afro),  battre des mains. Entertainer, showman, catalyseur il chauffe la salle, se régale visiblement à la tenir, bouillante, au creux de sa main. Une incartade façon trio en amuse bouche, la mélodie sucrée de Besame Mucho à peine suggérée au sax, une touche délicieuse mais trop brève de piano solo (Veinte años), autant d’éclairs passagers, On en voudrait davantage…mais déjà dans le ciel du village gersois l’orage afro-cubain reprend son roulement percussif, ses droits au festival acquittés. Le peuple (public) marciacais tout entier se dresse sur les chaises plastiques de sa Bastille de toile. En remerciement, en mode d’« après l’’envoi je touche », écho de la fière maxime des Mousquetaires du Roi gascons immortalisés via Alexandre Dumas, Roberto Fonseca, son orchestre de cuivres et percus descendent  en mode banda jusques dans les allées du Chapiteau. Dans la nuit la clameur s’entend jusqu’à Vic Bigorre…

Robert Latxague

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« C’est un peu déroutant cette musique… » clame ma voisine un tantinet secouée au sortir d’un moment d’improvisation éruptive, ébouriffante d’idées, d’exercices géométriques tracés sur le clavier sous les doigts experts de Gonzalo Rubalcaba.

Jazz in Marciac, Chapiteau, 6 aout

Volcán Trio: Gonzalo Rubalcaba (p, synthé), Jose Armando Gola (elb), Horacio « El Negro » Hernandez (dm)

Roberto Fonseca (p, synthé, voc), Carlos Sarduy (tp), Matthew Simon (tp), Dario Garcia (tb), Tutu (tb), Javier Salba (s, fl, cl), Jimy Jenkins (ts, Yandi Martinez (b, eld), Ramses « Dinamita » Rodrigues (dm, perc), Adel Gonzames (perc), Carlos Calunga (voc)

Cubano be, Cubano bop sortit un jour de la trompette coudée de Dizzy Gillespie poussé sous des courants d’air cubains par les congas de Chano Pozo…Sous le chapiteau en copier coller du terrain de rugby de Marciac, les deux versions cubaines illustrant une musique d’aujourd’hui ont agité une même nuit d’aout. Données sur le même piano mais sonnant très différemment.

Bop et suite, le jazz jusqu’à aujourd’hui façon Rubalcaba d’abord. Il faut écouter attentivement, certes, lorsque ce pianiste joue. Se concentrer sans doute sur son jeu savant, complexe parfois dans son exposé, nourri de technique, de trouvailles, de décalages pas si évidents à débusquer, ingérer immédiatement. Fruit d’une intelligence, d’une capacité à construire sans dévoiler ses plans. Sauf qu’au passage le musicien cubain fixé à New York dès 1996 n’en oublie pas pourtant de jouer, au sens premier du mot. Témoin ce final, en rappel,  acoustique puis filtré au synthé sur le petit module primesautier du Salt Peanuts de Dizzy. Ou ce thème dansant (Son Punto) inspiré du danzon traditionnel, très brillant, expressif en diable, mobile dans son déroule à trois, occasion donnée à Horacio « El Negro » Hernandez de mettre en pratique cette façon singulière de marque le temps avec deux pédales à la fois sous son pied gauche, l’une pour activer la charleston, l’autre pour déclencher la cloche « latine » (merci au passage au réalisateur Jean-Marc Birraux, d’avoir fixé cet instant sur les écrans  en gros plan par un zoom judicieux de caméra)  Courte déclaration en mode d’explication de la part du pianiste cubain habituellement sur la réserve: « Nous jouons une musique issue d’Amérique du Sud, du Nord et d’ailleurs dans le but, avant tout,  de la faire vivre. L’objectif est de construire ou…déconstruire » Gonzalo Rubalcaba ne figure pas comme le pianiste cubain le plus innervé par des veines de jazz sans raison…(pas forcément) apparente.

Cubano be or not to be ? L’amoncellement du public, appareils de photos, portables, caméra au bord de la scène avant même le début du concert disait déjà quelque chose. L’explosion d’applaudissements dès le premier morceau livré en mode d’hymne (Cubano Chant) confirme l’impression initiale:  A Marciac, Roberto Fonseca a pris rang d’icône « Je suis ici chez moi, en famille » affirme-t-il histoire d’enfoncer le clou. Et de faire monter au final pour saluer, Jean Louis Guilhaumon le boss du festival et patron de la petite ville gersoise. Voilà onze ans Roberto Fonseca montait sur scène pour la première fois dans l’habit de du Buena Vista Social Club en tant que  pianiste attitré d’une autre icône disparue depuis, Ibrahim Ferrer. Depuis le public de Marciac l’a adopté. Adoubé. Sur ce projet (Abuc, palindrome de Cuba) Fonseca garde fidèlement (au sens Marsalisien) le sillon du jazz afro cubain. Une base de percussions, une section de cuivres réglée au millimètre (musiciens cubains ou espagnols issus notamment du Conservatoire de Barcelona et vus au sein du Shakin’All Brass Band catalan, à Vitoria), le piano (accords plaqués de la main gauche, la droite moulinant comme celle d’un chef d’orchestre pour souligner les ruptures ou lancer les solistes) marque, lui, introduction ou point d’orgue.  Roberto Fonseca au final joue peu…du piano. Il cherche sans cesse le dialogue verbal ou musical avec le public. Sur scène il harangue, déclenche, fait chanter (Mambo Afro),  battre des mains. Entertainer, showman, catalyseur il chauffe la salle, se régale visiblement à la tenir, bouillante, au creux de sa main. Une incartade façon trio en amuse bouche, la mélodie sucrée de Besame Mucho à peine suggérée au sax, une touche délicieuse mais trop brève de piano solo (Veinte años), autant d’éclairs passagers, On en voudrait davantage…mais déjà dans le ciel du village gersois l’orage afro-cubain reprend son roulement percussif, ses droits au festival acquittés. Le peuple (public) marciacais tout entier se dresse sur les chaises plastiques de sa Bastille de toile. En remerciement, en mode d’« après l’’envoi je touche », écho de la fière maxime des Mousquetaires du Roi gascons immortalisés via Alexandre Dumas, Roberto Fonseca, son orchestre de cuivres et percus descendent  en mode banda jusques dans les allées du Chapiteau. Dans la nuit la clameur s’entend jusqu’à Vic Bigorre…

Robert Latxague

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« C’est un peu déroutant cette musique… » clame ma voisine un tantinet secouée au sortir d’un moment d’improvisation éruptive, ébouriffante d’idées, d’exercices géométriques tracés sur le clavier sous les doigts experts de Gonzalo Rubalcaba.

Jazz in Marciac, Chapiteau, 6 aout

Volcán Trio: Gonzalo Rubalcaba (p, synthé), Jose Armando Gola (elb), Horacio « El Negro » Hernandez (dm)

Roberto Fonseca (p, synthé, voc), Carlos Sarduy (tp), Matthew Simon (tp), Dario Garcia (tb), Tutu (tb), Javier Salba (s, fl, cl), Jimy Jenkins (ts, Yandi Martinez (b, eld), Ramses « Dinamita » Rodrigues (dm, perc), Adel Gonzames (perc), Carlos Calunga (voc)

Cubano be, Cubano bop sortit un jour de la trompette coudée de Dizzy Gillespie poussé sous des courants d’air cubains par les congas de Chano Pozo…Sous le chapiteau en copier coller du terrain de rugby de Marciac, les deux versions cubaines illustrant une musique d’aujourd’hui ont agité une même nuit d’aout. Données sur le même piano mais sonnant très différemment.

Bop et suite, le jazz jusqu’à aujourd’hui façon Rubalcaba d’abord. Il faut écouter attentivement, certes, lorsque ce pianiste joue. Se concentrer sans doute sur son jeu savant, complexe parfois dans son exposé, nourri de technique, de trouvailles, de décalages pas si évidents à débusquer, ingérer immédiatement. Fruit d’une intelligence, d’une capacité à construire sans dévoiler ses plans. Sauf qu’au passage le musicien cubain fixé à New York dès 1996 n’en oublie pas pourtant de jouer, au sens premier du mot. Témoin ce final, en rappel,  acoustique puis filtré au synthé sur le petit module primesautier du Salt Peanuts de Dizzy. Ou ce thème dansant (Son Punto) inspiré du danzon traditionnel, très brillant, expressif en diable, mobile dans son déroule à trois, occasion donnée à Horacio « El Negro » Hernandez de mettre en pratique cette façon singulière de marque le temps avec deux pédales à la fois sous son pied gauche, l’une pour activer la charleston, l’autre pour déclencher la cloche « latine » (merci au passage au réalisateur Jean-Marc Birraux, d’avoir fixé cet instant sur les écrans  en gros plan par un zoom judicieux de caméra)  Courte déclaration en mode d’explication de la part du pianiste cubain habituellement sur la réserve: « Nous jouons une musique issue d’Amérique du Sud, du Nord et d’ailleurs dans le but, avant tout,  de la faire vivre. L’objectif est de construire ou…déconstruire » Gonzalo Rubalcaba ne figure pas comme le pianiste cubain le plus innervé par des veines de jazz sans raison…(pas forcément) apparente.

Cubano be or not to be ? L’amoncellement du public, appareils de photos, portables, caméra au bord de la scène avant même le début du concert disait déjà quelque chose. L’explosion d’applaudissements dès le premier morceau livré en mode d’hymne (Cubano Chant) confirme l’impression initiale:  A Marciac, Roberto Fonseca a pris rang d’icône « Je suis ici chez moi, en famille » affirme-t-il histoire d’enfoncer le clou. Et de faire monter au final pour saluer, Jean Louis Guilhaumon le boss du festival et patron de la petite ville gersoise. Voilà onze ans Roberto Fonseca montait sur scène pour la première fois dans l’habit de du Buena Vista Social Club en tant que  pianiste attitré d’une autre icône disparue depuis, Ibrahim Ferrer. Depuis le public de Marciac l’a adopté. Adoubé. Sur ce projet (Abuc, palindrome de Cuba) Fonseca garde fidèlement (au sens Marsalisien) le sillon du jazz afro cubain. Une base de percussions, une section de cuivres réglée au millimètre (musiciens cubains ou espagnols issus notamment du Conservatoire de Barcelona et vus au sein du Shakin’All Brass Band catalan, à Vitoria), le piano (accords plaqués de la main gauche, la droite moulinant comme celle d’un chef d’orchestre pour souligner les ruptures ou lancer les solistes) marque, lui, introduction ou point d’orgue.  Roberto Fonseca au final joue peu…du piano. Il cherche sans cesse le dialogue verbal ou musical avec le public. Sur scène il harangue, déclenche, fait chanter (Mambo Afro),  battre des mains. Entertainer, showman, catalyseur il chauffe la salle, se régale visiblement à la tenir, bouillante, au creux de sa main. Une incartade façon trio en amuse bouche, la mélodie sucrée de Besame Mucho à peine suggérée au sax, une touche délicieuse mais trop brève de piano solo (Veinte años), autant d’éclairs passagers, On en voudrait davantage…mais déjà dans le ciel du village gersois l’orage afro-cubain reprend son roulement percussif, ses droits au festival acquittés. Le peuple (public) marciacais tout entier se dresse sur les chaises plastiques de sa Bastille de toile. En remerciement, en mode d’« après l’’envoi je touche », écho de la fière maxime des Mousquetaires du Roi gascons immortalisés via Alexandre Dumas, Roberto Fonseca, son orchestre de cuivres et percus descendent  en mode banda jusques dans les allées du Chapiteau. Dans la nuit la clameur s’entend jusqu’à Vic Bigorre…

Robert Latxague