Jazz live
Publié le 29 Déc 2014

Pause Muziquale n° 3 : le grand mix

 

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Voyage tangentiel pour la troisième édition de notre désormais rituelle Pause Muziquale. Avec, par ordre d’apparition à l’écran, Public Enemy, Andre Lewis/Mandré, Kidsaredead, Royal Blood, Dick Wagner, Joni Mitchell et Captain Beefheart.


Quand, à l’été 1989, nous vîmes pour la première fois Do The Right Thing de Spike Lee sur grand écran, il y eut un avant et un après dans notre vie de cinéphile. Ce film, c’est le moins qu’on puisse dire, a marqué son temps. Et nos esprits, et nos rétines, et nos tympans.

Il y a peu, au cœur du XXème arrondissement de Paris, on se remémorait quelques scènes cultes en compagnie d’un bassiste à chapeau plat qui le connaissait aussi bien que nous.  « You’re the man… – No, you’re the man ! »… « Yo Mook – Yeeah, what ? – Stay black man. » « Pino, who is your favorite artist ? Prince ! – No man, Bruce, the Boss, man… – No Pino, Prince… » Etc., etc. Comment ne pas évoquer non plus ce fameux générique où Rosie Perez fait furieusement bouger son corps au son de Fight The Power de Public Enemy ? Autant l’avouer, c’est ce fabuleux morceau qui nous a définitivement fait aimer le groupe du political preacher Chuck D et du zébulon-à-grosse-montre-pendentif Flavor Flav, que nous eûmes la chance de voir en concert au Zénith – quel souvenir !

En 1989, Fight The Power n’était disponible qu’en maxi 45t ou dans le cd de la BO de Do The Right Thing, que l’on se procura illico, ainsi que “Yo ! Bum Rush The Show” et “It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back” de Public Enemy, deux brûlots que l’on mit un certain temps à admettre, à comprendre et à digérer. La musique de Public Enemy était âpre, puissante, féroce, dérangeante, mais toujours funky, et méchamment novatrice. L’écouter au casque en marchant dans la rue procurait un plaisir fou. Essayer de convaincre ses amis jazzfans que Public Enemy faisait une musique aussi créative que Miles Davis en 1972 était une autre paire de manches, voire une mission impossible (big up à notre ami Bernard Loupias, aka MC Loulou, Grand Initiateur Hip-Hop qui nous donna les bonnes clés pour défendre notre cause d’amateur-militant).

 

Au printemps 1990, “Fear Of A Black Planet” déboula à son tour dans les bacs. Quoique conscient de l’importance esthétique – et bientôt historique – de “It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back”, c’est bien celui-là qui nous trusta les tympans des mois durant. A l’époque, jamais je n’aurais osé parler de Public Enemy dans Jazz Magazine. J’aurais dû. “Fear Of A Black Planet” est un chef-d’œuvre. Il finit d’ailleurs par figurer dans notre sélection “50 ans de musiques noires en 150 disques essentiels” (Jazz Magazine Jazzman n° 649, mai 2013). Sur la même double page : Living Colour, A Tribe Called Quest, Gary