Jazz live
Publié le 14 Juil 2016

Festival International de Jazz de Montréal (2)

Larry Coryell, Randy Brecker et Alphonse Mouzon devaient se produire ensemble au sein du projet 11th House du guitariste. Mais ce concert attendu a été annulé. Il restait à se tourner vers Marcus Miller.

Marcus Miller – Afrodeezia

Marcus Miller (elb, voc, guembri), Russel Gunn (tp), Brett Williams (cla), Alex Bailey (dm), Alex Han (sax)

Mercredi 6 juillet 2016, Place des Arts, théâtre Maisonneuve

Le bassiste emballait Toulouse avec le même projet et peu ou prou le même groupe voici tout juste un an. L’album venait alors de paraître, le répertoire était neuf (à un Tutu près) et le leader portait ses compositions avec flamboyance. Pas de Mino Cinelu ce soir, pas de surprise non plus. L’ordre des morceaux est le même que précédemment. Les présentations de Miller ont perdu toute spontanéité et se voient réduites à quelques mots. Lassitude de jouer les mêmes titres soir après soir ? Les solos d’accompagnateurs/faire-valoir relèvent de l’anonymat, et ce jazz-fusion taille patron ne parvient pas à me toucher – trop de muscle, pas assez de retenue. En lieu et place du feeling qui faisait le sel des envolées du bassiste, on a droit à une prestation en pilotage automatique. Du métier, de la technique, du gros son, oui, bien sûr, beaucoup. Du cabotinage aussi. Le batteur a la main lourde, le claviériste est transparent. Qu’en aurait pensé Miles Davis, abondamment cité? Le public est enthousiaste, mais il n’est pas interdit d’émettre des réserves sur les choix esthétiques du musicien-producteur-star.

_©Denis ALIX_MARCUS MILLER-034

Hommage à Paul Bley

François Bourassa (p), Marianne Trudel (p)

Jean Baudet (p), Daniel Lessard (b), Michel Ratté (dm)

Mercredi 6 juillet 2016, Gesu

Un hommage au regretté Paul Bley dans sa ville d’origine et par des musiciens de la scène locale, voilà une belle initiative. Deux pianos se font face, un homme et une femme, parité appropriée quand on sait que Bley aimait à revisiter les compositions de ses ex, Carla Bley (Ictus, Ida Lupino) et Annette Peacock (Nothing ever was, anyway, pièce introspective dont les mille nuances répondent à l’appel), quand il n’était pas affairé à leur dédier des compositions (Carla). Free rappelle que Paul Bley compte parmi les authentiques bâtisseurs du free jazz aux côtés d’Ornette Coleman. Soit un programme de magnifiques pièces point trop fréquentées, exprimées par un duo qui en a saisi l’esprit aussi bien que la lettre. François Bourassa et Marianne Trudel se montrent aussi convaincants dans le blues cascadant que dans un lyrisme existentiel tempéré par un salutaire sens de l’humour. La fraîcheur et l’honnêteté du tandem québécois ont fait mouche.

Toujours dans le cadre de cet hommage, le Trio de Musique Improvisée de Montréal leur succède sur la même scène. On apprécie la délicatesse du toucher des trois compères (on a rarement entendu batteur aussi prévenant) et on salue le bel équilibre instrumental ne pouvant résulter que d’un travail en commun de longue date. Mémorable ? Pas sûr. Reste que pendant qu’on y était, on n’était pas ailleurs – c’est déjà pas mal.

David Cristol

Photo : Denis Alix|Larry Coryell, Randy Brecker et Alphonse Mouzon devaient se produire ensemble au sein du projet 11th House du guitariste. Mais ce concert attendu a été annulé. Il restait à se tourner vers Marcus Miller.

Marcus Miller – Afrodeezia

Marcus Miller (elb, voc, guembri), Russel Gunn (tp), Brett Williams (cla), Alex Bailey (dm), Alex Han (sax)

Mercredi 6 juillet 2016, Place des Arts, théâtre Maisonneuve

Le bassiste emballait Toulouse avec le même projet et peu ou prou le même groupe voici tout juste un an. L’album venait alors de paraître, le répertoire était neuf (à un Tutu près) et le leader portait ses compositions avec flamboyance. Pas de Mino Cinelu ce soir, pas de surprise non plus. L’ordre des morceaux est le même que précédemment. Les présentations de Miller ont perdu toute spontanéité et se voient réduites à quelques mots. Lassitude de jouer les mêmes titres soir après soir ? Les solos d’accompagnateurs/faire-valoir relèvent de l’anonymat, et ce jazz-fusion taille patron ne parvient pas à me toucher – trop de muscle, pas assez de retenue. En lieu et place du feeling qui faisait le sel des envolées du bassiste, on a droit à une prestation en pilotage automatique. Du métier, de la technique, du gros son, oui, bien sûr, beaucoup. Du cabotinage aussi. Le batteur a la main lourde, le claviériste est transparent. Qu’en aurait pensé Miles Davis, abondamment cité? Le public est enthousiaste, mais il n’est pas interdit d’émettre des réserves sur les choix esthétiques du musicien-producteur-star.

_©Denis ALIX_MARCUS MILLER-034

Hommage à Paul Bley

François Bourassa (p), Marianne Trudel (p)

Jean Baudet (p), Daniel Lessard (b), Michel Ratté (dm)

Mercredi 6 juillet 2016, Gesu

Un hommage au regretté Paul Bley dans sa ville d’origine et par des musiciens de la scène locale, voilà une belle initiative. Deux pianos se font face, un homme et une femme, parité appropriée quand on sait que Bley aimait à revisiter les compositions de ses ex, Carla Bley (Ictus, Ida Lupino) et Annette Peacock (Nothing ever was, anyway, pièce introspective dont les mille nuances répondent à l’appel), quand il n’était pas affairé à leur dédier des compositions (Carla). Free rappelle que Paul Bley compte parmi les authentiques bâtisseurs du free jazz aux côtés d’Ornette Coleman. Soit un programme de magnifiques pièces point trop fréquentées, exprimées par un duo qui en a saisi l’esprit aussi bien que la lettre. François Bourassa et Marianne Trudel se montrent aussi convaincants dans le blues cascadant que dans un lyrisme existentiel tempéré par un salutaire sens de l’humour. La fraîcheur et l’honnêteté du tandem québécois ont fait mouche.

Toujours dans le cadre de cet hommage, le Trio de Musique Improvisée de Montréal leur succède sur la même scène. On apprécie la délicatesse du toucher des trois compères (on a rarement entendu batteur aussi prévenant) et on salue le bel équilibre instrumental ne pouvant résulter que d’un travail en commun de longue date. Mémorable ? Pas sûr. Reste que pendant qu’on y était, on n’était pas ailleurs – c’est déjà pas mal.

David Cristol

Photo : Denis Alix|Larry Coryell, Randy Brecker et Alphonse Mouzon devaient se produire ensemble au sein du projet 11th House du guitariste. Mais ce concert attendu a été annulé. Il restait à se tourner vers Marcus Miller.

Marcus Miller – Afrodeezia

Marcus Miller (elb, voc, guembri), Russel Gunn (tp), Brett Williams (cla), Alex Bailey (dm), Alex Han (sax)

Mercredi 6 juillet 2016, Place des Arts, théâtre Maisonneuve

Le bassiste emballait Toulouse avec le même projet et peu ou prou le même groupe voici tout juste un an. L’album venait alors de paraître, le répertoire était neuf (à un Tutu près) et le leader portait ses compositions avec flamboyance. Pas de Mino Cinelu ce soir, pas de surprise non plus. L’ordre des morceaux est le même que précédemment. Les présentations de Miller ont perdu toute spontanéité et se voient réduites à quelques mots. Lassitude de jouer les mêmes titres soir après soir ? Les solos d’accompagnateurs/faire-valoir relèvent de l’anonymat, et ce jazz-fusion taille patron ne parvient pas à me toucher – trop de muscle, pas assez de retenue. En lieu et place du feeling qui faisait le sel des envolées du bassiste, on a droit à une prestation en pilotage automatique. Du métier, de la technique, du gros son, oui, bien sûr, beaucoup. Du cabotinage aussi. Le batteur a la main lourde, le claviériste est transparent. Qu’en aurait pensé Miles Davis, abondamment cité? Le public est enthousiaste, mais il n’est pas interdit d’émettre des réserves sur les choix esthétiques du musicien-producteur-star.

_©Denis ALIX_MARCUS MILLER-034

Hommage à Paul Bley

François Bourassa (p), Marianne Trudel (p)

Jean Baudet (p), Daniel Lessard (b), Michel Ratté (dm)

Mercredi 6 juillet 2016, Gesu

Un hommage au regretté Paul Bley dans sa ville d’origine et par des musiciens de la scène locale, voilà une belle initiative. Deux pianos se font face, un homme et une femme, parité appropriée quand on sait que Bley aimait à revisiter les compositions de ses ex, Carla Bley (Ictus, Ida Lupino) et Annette Peacock (Nothing ever was, anyway, pièce introspective dont les mille nuances répondent à l’appel), quand il n’était pas affairé à leur dédier des compositions (Carla). Free rappelle que Paul Bley compte parmi les authentiques bâtisseurs du free jazz aux côtés d’Ornette Coleman. Soit un programme de magnifiques pièces point trop fréquentées, exprimées par un duo qui en a saisi l’esprit aussi bien que la lettre. François Bourassa et Marianne Trudel se montrent aussi convaincants dans le blues cascadant que dans un lyrisme existentiel tempéré par un salutaire sens de l’humour. La fraîcheur et l’honnêteté du tandem québécois ont fait mouche.

Toujours dans le cadre de cet hommage, le Trio de Musique Improvisée de Montréal leur succède sur la même scène. On apprécie la délicatesse du toucher des trois compères (on a rarement entendu batteur aussi prévenant) et on salue le bel équilibre instrumental ne pouvant résulter que d’un travail en commun de longue date. Mémorable ? Pas sûr. Reste que pendant qu’on y était, on n’était pas ailleurs – c’est déjà pas mal.

David Cristol

Photo : Denis Alix|Larry Coryell, Randy Brecker et Alphonse Mouzon devaient se produire ensemble au sein du projet 11th House du guitariste. Mais ce concert attendu a été annulé. Il restait à se tourner vers Marcus Miller.

Marcus Miller – Afrodeezia

Marcus Miller (elb, voc, guembri), Russel Gunn (tp), Brett Williams (cla), Alex Bailey (dm), Alex Han (sax)

Mercredi 6 juillet 2016, Place des Arts, théâtre Maisonneuve

Le bassiste emballait Toulouse avec le même projet et peu ou prou le même groupe voici tout juste un an. L’album venait alors de paraître, le répertoire était neuf (à un Tutu près) et le leader portait ses compositions avec flamboyance. Pas de Mino Cinelu ce soir, pas de surprise non plus. L’ordre des morceaux est le même que précédemment. Les présentations de Miller ont perdu toute spontanéité et se voient réduites à quelques mots. Lassitude de jouer les mêmes titres soir après soir ? Les solos d’accompagnateurs/faire-valoir relèvent de l’anonymat, et ce jazz-fusion taille patron ne parvient pas à me toucher – trop de muscle, pas assez de retenue. En lieu et place du feeling qui faisait le sel des envolées du bassiste, on a droit à une prestation en pilotage automatique. Du métier, de la technique, du gros son, oui, bien sûr, beaucoup. Du cabotinage aussi. Le batteur a la main lourde, le claviériste est transparent. Qu’en aurait pensé Miles Davis, abondamment cité? Le public est enthousiaste, mais il n’est pas interdit d’émettre des réserves sur les choix esthétiques du musicien-producteur-star.

_©Denis ALIX_MARCUS MILLER-034

Hommage à Paul Bley

François Bourassa (p), Marianne Trudel (p)

Jean Baudet (p), Daniel Lessard (b), Michel Ratté (dm)

Mercredi 6 juillet 2016, Gesu

Un hommage au regretté Paul Bley dans sa ville d’origine et par des musiciens de la scène locale, voilà une belle initiative. Deux pianos se font face, un homme et une femme, parité appropriée quand on sait que Bley aimait à revisiter les compositions de ses ex, Carla Bley (Ictus, Ida Lupino) et Annette Peacock (Nothing ever was, anyway, pièce introspective dont les mille nuances répondent à l’appel), quand il n’était pas affairé à leur dédier des compositions (Carla). Free rappelle que Paul Bley compte parmi les authentiques bâtisseurs du free jazz aux côtés d’Ornette Coleman. Soit un programme de magnifiques pièces point trop fréquentées, exprimées par un duo qui en a saisi l’esprit aussi bien que la lettre. François Bourassa et Marianne Trudel se montrent aussi convaincants dans le blues cascadant que dans un lyrisme existentiel tempéré par un salutaire sens de l’humour. La fraîcheur et l’honnêteté du tandem québécois ont fait mouche.

Toujours dans le cadre de cet hommage, le Trio de Musique Improvisée de Montréal leur succède sur la même scène. On apprécie la délicatesse du toucher des trois compères (on a rarement entendu batteur aussi prévenant) et on salue le bel équilibre instrumental ne pouvant résulter que d’un travail en commun de longue date. Mémorable ? Pas sûr. Reste que pendant qu’on y était, on n’était pas ailleurs – c’est déjà pas mal.

David Cristol

Photo : Denis Alix