FILM #2-3: Didier Large et Rémy Froissart. - Jazz Magazine
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Publié le 8 Déc 2025

FILM #2-3: Didier Large et Rémy Froissart.

Le 17 janvier en quittant le Cim, après y avoir entendu le quartette de Jean-Claude Fohrenbach et le trio de Gianluigi Trovesi, je me suis rendu à la Maison pour Tous de Chatou, pour y entendre le duo de guitares de Didier Large et Rémy Froissart.

Didier Large, bien qu’il soit resté discret à l’ombre d’une carrière de “prof de guitare”, il n’est pas rare que la prononciation de son nom éveille l’attention. Pour cette carrière de pédagogue, et le mot n’est pas prononcé à la légère (Pierrick Hardy, entre autres, s’en souvient encore), et aussi pour ses qualités polyvalentes de guitariste et cette jonction qu’il fit entre guitare jazz, guitare classique et cette folk guitar dont John Renbourn reste le discret héros.

Il serait fastidieux d’évoquer la maïeutique que ce camarade de lycée a exercé sur moi, dans le domaine de l’équation mathématique qu’il m’a fait aimé alors qu’ayant rendu copie blanche deux années durant il me proposa de me préparer à affronter une épreuve de mathématique au Baccalauréat que m’épargnèrent par bonheur mes notes dans le domaine des humanités ; dans le domaine musical où, après les bonnets d’âne que me firent porter quelques professeurs de musique inaptes à l’enseignement (l’un sadique et l’autre facho-raciste qui avait surnommé l’un d’entre nous Blanchet… devinez pourquoi !), Didier Large m’enseigna les mystères du mineur, du majeur, de la gamme, de ses degrés, de ses accords et de leurs fonctions (mystère qu’au Cim, Jean-Claude Fohrenbach et Max Heidiger m’aidèrent à approfondir encore un peu).

Et puis, alors que débutant la guitare en autodidacte après quelques cours suffisamment astucieux pour qu’il sache progresser par ses propres moyens, je l’ai vu à chacune de mes visites chez lui, progresser de la guitare “à la Django” (qu’il me fit découvrir avec les merveilles de 1947) à la guitare jazz (et je le vis troquer cet instrument acoustique dont la rosace ovale m’avait déjà fort intrigué pour une guitare électrique façon Gibson L4 ou L5 – il dut en avoir plusieurs)… Et ce fut l’occasion de découvrir de nouveaux guitaristes à chacune de mes visites selon une progression assez logique : Wes Montgomery (“A Dynamic New Sound”), Jim Hall (“It’s So Nice to Be with You”), Larry Coryell (“Lady Coryell”), John McLaughlin (“Extrapolation”) et René Thomas (“Dynasty” de Stan Getz). Puis virage à angle droit : le voici qui troque son électrique pour une guitare folk : était-ce une Martin ? Une Gibson ? Une Guild ? Et j’appris avec lui à poser mes doigts sur le manche pour jouer quelques mesures de sa nouvelle idole, John Renbourn.

Là dessus, non sans avoir fait un détour par la guitare classique, il croise un autre guitariste, disciple de John Renbourn et Bert Jansch, Rémy Froissart, avec lequel il monta ce duo que j’allais entendre à la MJC de Chatou ce 17 janvier 1981, et au sein duquel tous deux combinaient leurs guitares et leurs savoir faire.

Il y a peu, sur son compte facebook, Didier Large signalait l’existence en ligne sur Amazon et sur Spotify de ses deux disques solo “Double Face” et “Jazz Guitar Solo” dont le souvenir me revenait récemment en écoutant Benjamin Garson. Quant à Rémy Froissart, je vous invite à écouter sur youtube le Green du flûtiste Denis Barbier où il donnait la réplique au jeune Marc Ducret, alors chevelu comme peu l’ont connu. Franck Bergerot (prochain épisode: Jean-François Lauriol, Hubertus Bierman)