‘Trees on Wheels’ au Conservatoire de Montreuil
Le trio, qui associe le batteur Samuel Ber (initiateur du projet voici bien des années) au saxophoniste Tony Malaby, et aux claviers de Jozef Dumoulin, terminait une courte tournée (Graz en Autriche, puis Munich & Bruxelles) par une master class de Tony Malaby au conservatoire Pina Bausch de Montreuil. Ce qui induisit le soir même un concert gratuit du trio dans l’auditorium du lieu.

C’est l’occasion de rappeler que ce conservatoire fut, depuis des années, un vivier pour quelques figures importantes du jazz contemporain dans notre pays

La musique puise sa source dans le récent disque éponyme, publié l’été dernier, et chroniqué dans les colonne de Jazz Magazine (n° 785) en septembre.
TREES ON WHEELS
Tony Malaby (saxophones ténor et soprano), Jozef Dumoulin (piano augmenté & synthétiseur), Samuel Ber (batterie)
Montreuil-sous-Bois, 12 janvier 2026, 20h40

Le concert commence par le saxophone ténor, seul. Lignes mélodiques sinueuses, presque insaisissables. Puis le piano entre dans la danse, par des accords harmoniquement très tendus. Et la batterie s’immisce dans ce monde un peu mystérieux, qui conquiert immédiatement notre attention, et notre sentiment esthétique, en éveil, et troublé. La musique se joue par lignes croisées, à deux, à trois…. Au fil du concert on passe du recueillement et du mystère à l’effervescence. Puis le soprano de Tony Malaby entre en lice

À mains nues sur les peaux, aux balais et autres baguettes, Samuel Ber est constamment dans le jeu, même quand il s’en retire. Quand l’un dans le groupe est silencieux, son écoute semble présente dans la musique. Un instant je crois que Jozef Dumoulin s’est retiré du champ sonore. Mais les sons synthétiques ou transformés qui surgissent me donnent à penser que, derrière le pupitre situé à sa droite, et qui dissimule à mes yeux l’action de ses mains, il se passe des choses qui engendrent ces sortilèges sonores. Tout le public est porté par cette histoire en cours d’élaboration, l’attention est grande ; jusqu’au applaudissements qui surgissent quelques secondes après une fin en forme de surprise. Et le rappel nous offre une belle tranche de free jazz, accompagnée par un piano libéré de ses artefacts électroniques. Bonheur pour l’assistance, chroniqueur inclus. Bonheur d’avoir vécu cet instant où la musique, forcément, est unique, parce jouée, et écoutée, ‘sur le vif’.
Xavier Prévost (texte et photos)