NOLA French Connection Brass Band au New Morning - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 27 Mar 2026

NOLA French Connection Brass Band au New Morning

19 mars 2026

Malgré une certaine sous-exposition médiatique, la scène française des brass bands ne manque pas de dynamisme et différents ensembles ambiancent régulièrement clubs et festivals. Parmi ceux-ci, le NOLA French Connection Brass Band, fondé il y a dix ans à la Nouvelle Orléans, fait figure de vétéran et la sortie d’un nouvel album, le deuxième seulement, Busking Our Way, est l’occasion d’une soirée festive au New Morning devant un public de supporters convaincus à l’avance.

Le fait de jouer en terrain conquis n’empêche pas l’ensemble, avec Gabriel Levasseur et Arnaud Lécrivain aux trompettes, Thibaud Merle au saxophone, François Morin et Quentin Mauduit aux trombones, Battiste Andreani au sousaphone, Johan Barrer à la grosse caisse, Florent Berteau à la caisse claire et Pierre Demange aux percussions, de donner le maximum. S’il est habitué à jouer avec des figures du genre comme le trompettiste James Andrews et maîtrise bien ses standards, c’est son propre répertoire de compositions que le groupe présente ce soir, avec des titres accrocheurs et dans l’esprit comme « Don’t You Pin That Shit On Me » et « Looking Fly », sur lesquels des arrangements solides permettent de laisser libre court à la puissance de feu des cuivres et d’une section rythmique à l’entente télépathique. Si les musiques de la Nouvelle Orléans sont la source, ils ne sont pas l’unique inspiration du groupe, qui rend un hommage bien tourné et un peu inattendu à Wayne Shorter avec « For Wayne ». Quelques titres du premier album, comme « Turn It Up », viennent réjouir les fans de longue date.

Ce ne serait pas vraiment une fête sans invités, et la chanteuse Anne-Celia Mouteirou rejoint l’ensemble pour interpréter, comme sur le disque, « In A Trance », ainsi qu’une version réarrangée de « Just The Two Of Us ». Habitué des concerts du groupe, le percussionniste Robert Coliné enrichit de son tambour ka la section rythmique, tandis que les trompettistes Nicolas Giraud, Julien Ecrepont et Hippolyte Fevre – membre fondateur du brass band – viennent encore enrichir le « gros son » de l’ensemble. En rappel, le collectif esquive à nouveau des évidences du répertoire classique du genre, et c’est avec son arrangement percutant du « In The Air Tonight » de Phil Collins que se termine en beauté une soirée qui rappelle que la rue des Petits-Ecuries n’est pas si loin que ça de Frenchmen Street…

Frédéric Adrian