Christophe Marguet ‘Island’ : une île mystérieuse - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 28 Mar 2026 • Par Xavier Prévost

Christophe Marguet ‘Island’ : une île mystérieuse

Le chroniqueur est intrigué par ce nouveau programme : une île des Seychelles, l’Île Moyenne, acquise en 1962 par le journaliste britannique Brendon Grimshaw, qui y vivra en solitaire durant 39 ans, jusqu’à sa mort. Avec l’aide d’un Seychellois, il y planta des milliers d’arbres, introduisit beaucoup d’espèces animales, et cette île devint un parc naturel. Une sorte d’utopie réalisée qui sera l’inspiration de Christophe Marguet pour ce qui n’est pas une ‘musique à programme’ mais une œuvre richement inspirée

CHRISTOPHE MARGUET ‘Island’

Régis Huby (violon ténor, effets), Manu Codjia (guitare, effets), Hélène Labarrière (contrebasse), Christophe Marguet (batterie, composition)

Paris, Sunside, 27 mars 2026, 21h30

Ce répertoire avait été créé au Triton en novembre dernier (chronique de l’Ami Bergerot ici ), et un disque paraîtra fin août. À la veille d’un concert à l’Osons Jazz Club, à Lurs (Alpes de Haute Provence), il nous est donné dans ce qui semble être déjà sa maturité. Au cœur du dispositif, un tandem propulsif, très souple, et très jazz aussi : Hélène Labarrière et Christophe Marguet. Sur cette trame se greffent une foule de dialogues croisés, entre le violon et la basse, la guitare et le violon…. Et cet univers d’infinies nuances secrète des éclats, des turbulences, qui nous rappellent que la musique, dans ses multiples états, est la vie même. Une musique parcourue de mélodies très sinueuses, avec des tensions et des paroxysmes qui nous rappellent le meilleur du rock progressif. Beaucoup de solos sont en mode dialogué entre les membres du groupe. Un solo du leader va, par la multiplicité des rythmes qu’il conjugue, nous conter un peu de l’histoire souterraine qui se joue entre la musique et ce rêve réalisé d’une nature en pleine reviviscence. Régis Huby et Manu Codjia sont, comme leurs deux partenaires, de brillants et turbulents solistes ; l’expressivité et les étincelles sont au rendez-vous. Pour tout le groupe, et à l’intérieur de chaque composition (formant suite parfois), un festival de nuances, de fine musicalité et d’ardeur expressive : très bel accomplissement. Au troisième set le groupe va nous offrir un retour sur le répertoire de son premier disque, ‘Echoes of Time’, enregistré en 2023. Soirée mémorable pour l’auteur de ces lignes, et manifestement aussi pour le public, où l’on croise quelques très bons musiciens. On espère que les festivals et autres lieux vont se ruer sur ce très beau programme.

Xavier Prévost (texte & photos)