Amaury Faye NOLA Quartet au Bal Blomet
3 juin 2026
Le Bal Blomet a de faux airs de Snugs Harbor ce soir pour accueillir le NOLA Quartet du pianiste Amaury Faye qui présente le répertoire de l’album Rust enregistré sur place avec des musiciens locaux et sorti il y a quelques mois. Pour l’occasion de cette petite tournée, la plupart des participants répondent présents : le saxophoniste Julian Lee, grand habitué des clubs de la ville et entendu récemment chez Isaiah J. Thompson, et le batteur Herlin Riley, grand héritier de la riche tradition des batteurs néo-orléanais, dont le copieux CV mentionne, entre autres, les noms d’Ahmad Jamal, Harry Connick Jr, Dr John, George Benson, Dianne Reeves, Monty Alexander et Wynton Marsalis, avec qui il collabore régulièrement depuis la fin des années 1980. La bassiste Amina Scott est quant à elle remplacée par Edouard Pennes, une présence familière au public parisien.
Ce sont donc les thèmes inspirés à Faye par son séjour de plusieurs mois à la Nouvelle Orléans qui constituent la base du programme du soir, avec de nombreuses références locales qu’il détaille volontiers au moment de présenter ses compositions – « Sirens Of The Crescent City », « Huckabuck Garden », « Walkin’ Down The Levee », entre autres. Si Faye est un soliste convaincant, qui a visiblement assimilé et fait siens les fondamentaux de la tradition pianistique locale, il partage volontiers l’attention avec ses partenaires, et en premier lieux avec Julian Lee, dont le souffle inspiré propulse chaque morceau, tandis que Pennes tient solidement les fondations.
Mais c’est évidemment Herlin Riley la star du groupe, et Amaury Faye ne cache pas son bonheur à jouer avec lui. Constamment inspiré, le batteur, avec son jeu extraverti qui ne s’interdit pas quelques blagues, propulse l’ensemble du groupe et son enthousiasme communicatif ne tarde pas à se propager dans le public. Faye offre une rupture de ton bienvenue en interprétant en solo une composition en mode ragtime qui n’a pas encore de titre mais est dédiée à Jerry Roll Morton et qui devrait apparaître sur son prochain album.
L’ensemble, qui frôle les deux heures sans pause, est une grande réussite sans temps faible, à laquelle un public unanime fait un triomphe mérité.
Frédéric Adrian