Hymnes et Printemps - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 18 Juin 2026

Hymnes et Printemps

Hier 17 juin 2026, au Studio de l’Ermitage étaient annoncé le prochain festival Les Émouvantes à Marseille du 10 au 12 septembre prochain, et tout à la fois célébrés deux nouveaux disques du label Émouvance – “Hymnes à l’amour < 3” de Christophe Monniot et Didier Ithursarry et “Silent Springs” de Vincent Lê Quang et Claude Tchamitchian.

Et c’était tellement bien que j’ai oublié de sortir de mon petit phonegadget pour le dresser, comme un petit écran de télévision supplémentaire dans nos vies, au-dessus des têtes du public, et saisir une médiocre photo de l’instant. D’où cette illustration d’ouverture pour annoncer, non ce qui fut mais ce qui sera sera à Marseille. Soyez-y pour fêter la fin de l’été.

C’était tellement bien, de retrouver sur la scène, dans l’acoustique toujours impeccable du Studio de l’Ermitage, avec cette jauge à taille humaine, de retrouver en chair et en os ce programme dont je venais de chroniquer le disque pour le numéro à venir de Jazz Magazine, réunissant les ténor et soprano de Vincent Lê Quang et la contrebasse de Claude Tchamitchian, un certain sens du programme, du dialogue, de l’écriture et de l’impromptu, du contraste et de l’être ensemble, de l’ostinato et du fugato, du cheminement en sous-bois et du coup de mistral sous un soleil d’août. Tirons-nous ainsi de l’épreuve du compte rendu pour cette musique qui ne demande qu’à être jouie. Quinze jour et plus sans musique vivante depuis mon dernier concert, j’étais tout à la jouissance de l’instant retrouvé.

Deuxième partie pour une duo qui fête ses vingt ans – déjà ? – avec Christophe Monniot et  Didier Ithursarray, sur un nouveau programme qu’ouvrent les Fables of Faubus de Charles Mingus, des fables dont ils savent réinventer la harangue sur ces instruments que sont l’accordéon et le saxophone (alto ou sopranino). Il y aura d’autres emprunts – à Gabriel Fauré ou de simples clins d’œil à Marc Perrone présent dans la salle, un autre et encore un autre aux Voix bulgares – dont les reprises et originaux défient le rapport critique, défient l’étiquetage, défient l’apesanteur, vont et viennent follement, insaisissables comme autant murmures d’étourneaux. Ah, j’oubliais ce petit joyau qu’ils semblent extraire délicatement d’un écrin pour nous le montrer, Kathelin Gray d’Ornette Coleman. Vous souvenez-vous ? Ce qui me rappelle encore, cette discrète et élégante citation que Vincent Lê Quang fit, en première partie, du Sacre du Printemps. Franck Bergerot