BLEU QUINTETTE
Au 360 19 juin
Paul Colomb compos, arrangements, violoncelle; Justine Métral, Michelle Pierre, Louis Rhodes, Frédéric Deville, violoncelle.
Le Bleu quintette écrit à la française? Peut-être car il s’agit de bleu plus que de blues pour cinq artistes formés à la musique classique.
La salle du 360 est bourrée d’un public enthousiaste, de générations échelonnées, mais qui se démarque de la population de la rue Myrrha.
Le concert commence avec un rien de mise en scène, alors que les cinq violoncelles, beaux comme des camions, sont disposés en arc de cercle en attendant leurs propriétaires qui entrent en scène un par un. De même, à la fin du set (mais avant les bis) les musiciens quitteront la scène l’un après l’autre: apparition, disparition…
Le répertoire est varié, avec quelques climats qu’on retrouve tout au long de la soirée: une musique hyper consonante autour de tonalités très marquée: la pièce intitulée Ré majeur est-elle un clin d’oeil à In C de Terry Riley? Sans aller si loin, on perçoit l’influence de la musique minimaliste américaine. Le déploiement du violoncelle multiplié créée un hypnose douce qui se module selon des phrasés et des modes de jeux divers: arpèges, frémissements des harmoniques, allusions orientalisantes, voire tsiganes. Paul Colomb, leader installé au centre commande discrètement une électronique qui enrichit la pulsation ou la colore de pulsations boisées. Et du sud de l’Inde à Saint-Nazaire, les souvenirs géographiques du compositeur viennent teinter son imaginaire.
Yvan Amar