Ghost-Note au New Morning
7 juillet
Une semaine après le groupe du clavier Bobby Sparks II, c’était au tour d’un autre groupe issu de la galaxie Snarky Puppy de se produire au New Morning. Fondé en 2015 par la paire rythmique formée par Robert « Sput » Searight et Nate Werth, le groupe, à géométrie variable, se produit régulièrement dans le club depuis 2019 et y retrouve ses fans de longue date. Si Searight est aujourd’hui le seul maître à bord, la version actuelle du groupe (Dominique « Xavier » Taplin aux claviers, Justin McKinney à la basse, Peter Knudsen à la guitare, Mackenzie Green au chant et une section de cuivres formée par Jonathan Mones au saxophone et Daniel Wytanis au trombone), dont la moitié des membres ont participé au dernier album en date (« Mustard N’ Onions », sorti en 2024) reste fidèle au son caractéristique de Ghost-Note, même si le fait que Searight soit désormais le seul percussionniste aboutit nécessairement à une plus grande sobriété rythmique.
Moins porté sur l’improvisation débridée et la virtuosité en roue libre que la bande de Sparks, Ghost-Note met l’accent sur le groove, et ne s’éloigne pas trop du format chanson, avec des solos qui restent cadrés, avec une rigueur et un sens de l’ensemble qui évoquent, entre autres, les orchestres de James Brown ou le funk cuivré de Tower of Power. Même s’il n’apparaît pas sur chaque titre, le chant de Mackenzie Green, qui évoque parfois celui de Sly Stone, autre influence évidente du collectif, joue un rôle fondamental dans la cohésion de l’ensemble, même si c’est Robert « Sput » Searight, derrière sa batterie, qui est à la manœuvre. Le répertoire puise largement dans le dernier album, avec l’hommage à James Brown JB’s Out ! (Do It Baby) en ouverture et quelques autres titres comme Synesthesia dans le courant du set, mais cite aussi quelques-unes de ses influences, reprenant par exemple le refrain du P-Funk (Wants To Get Funked Up) de Parliament ou clôturant le premier set avec une version enlevée du Strange Relationship de Prince – pas exactement la référence la plus évidente du répertoire de l’intéressé !
Les contraintes de la vie réelle m’interdisent de poursuivre au-delà du premier set, mais je sors convaincu et avec l’intention claire de revenir me plonger dans la musique de Ghost-Note !
Frédéric Adrian