Radio France Occitanie Montpellier : Kenny Garrett - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 13 Juil 2026 • Par Xavier Prévost

Radio France Occitanie Montpellier : Kenny Garrett

Sous l’intitulé du disque paru en 2021, un concert explosif qui joue à fond la carte de l’entertainment (pardon pour le franglais….), avec un peu de démagogie, mais un vrai sens du spectacle, et une réelle capacité d’emporter l’adhésion d’un public qui, progressivement, entrera dans la danse, jusqu’au sens littéral puisqu’en fin de concert des dizaines de personnes vont envahir la scène pour exprimer physiquement leur exultation

KENNY GARRETT ‘Sounds From The Ancestors’

Kenny Garrett (saxophones alto & soprano, clavier, spoken words), Keith Brown (piano, claviers), Eric Wheeler (contrebasse), Michael Ode (batterie), Rudy Bird (percussions, voix)

Montpellier, Amphithéâtre d’O, 12 juillet 2026, 21h

La chanteuse annoncée n’est finalement pas de la tournée. C’est donc en quintette que nous écouterons le groupe : ensemble très soudé, hyperactif, qui conduira souvent les opérations à un train d’enfer. Le concert commence avec le piano, en 6/8, tempo rapide et sur des harmonies de blues un peu dévoyées. Toutes les nuances de la musique afro-américaines sont déployées : soul jazz , funk , gospel et rhythm’ and blues . Et Kenny Garrett harangue le public comme on le ferait au Temple Baptiste

Chaude ambiance, festive, avec aussi un moment mystique rythmé par une incantation évoquant Coltrane et A Love Supreme . Le saxophoniste exhorte souvent d’un geste le public, pour l’inciter à plus de ferveur dans les applaudissements

À plusieurs reprises Kenny se met au clavier, en une sorte de jeu de rôle et d’émulation dissymétrique avec le pianiste. Pour les quelques jazzophiles de connaissance croisés en fin de concert, et pour votre serviteur, le temps fort fut en quartette, sans le percussionniste, sur un tempo hallucinant, où Kenny, au saxophone alto, déploya toute sa verve musicienne, tout en émaillant son improvisation de citations furtives. Et après le tacet du piano, puis de la basse, ce fut un duo vertigineux avec le batteur, avant un stop chorus  de sax alto qui laissa tout le monde pantois. Puis on revint à un jazz plus binaire

Comme souvent Kenny Garrett invita le public à le rejoindre sur scène pour un joyeux défoulement des pieds et de tout le corps. Public debout, évidemment, électrisé par ce partage très sollicité mais vraiment sincère

Après le concert, près du bar et devant les aficionados  et le microcosme, Kenny Garrett fut fait Chevalier des Arts et Lettres par Michel Orier, Directeur de la Musique à Radio France, en vertu des pouvoirs à lui conférés par le Ministre de la Culture, selon la formule consacrée. Cérémonie discrète et intime pour conclure une chaude soirée.

Xavier Prévost (texte & photos)