Chloé Mons transporte Burt Bacharach au XXIème siècle
Photo : ANDRED
La chanteuse, compositrice et multi-instrumentiste publie « A Drink With Burt », album épuré et futuriste en hommage au célèbre compositeur américain. Elle le présentera au Sunset le 14 octobre.
Pourquoi avez-vous voulu rendre hommage à Burt Bacharach ? C’est un compositeur que j’admire depuis toujours, qui est évidemment lié au cinéma et je suis cinéphile. Ses chansons m’ont accompagnée et font vraiment partie de ma géographie musicale. J’ai trouvé très bizarre que rien ne soit fait autour de lui après sa mort en 2023. J’aime le travail de reprise et d’autant plus quand il s’agit de réinterpréter des morceaux très produits car, au contraire, je dépouille un maximum. Plus la chanson originale est fastueuse et riche, plus c’est intéressant pour moi. Je voulais quelque chose de très pur, garder le squelette translucide de cette musique magique et mes reprises de Burt Bacharach sonnent un peu comme si je chantais un souvenir originel de ses chansons.
Comment avez-vous procédé pour élaborer ces reprises ? Je n’ai pas réécouté les morceaux. Ce sont des chansons que j’ai en moi depuis longtemps. Je me suis mise au piano, et j’ai reproduit les mélodies de mémoire, avec ce qu’il me restait. J’ai cherché les accords qui correspondaient à la mélodie que j’avais en tête. Mes versions restent donc assez fantômatiques, avec beaucoup d’ellipses et de choses “hors champ”, qu’on sent mais qui ne sont pas là. Mais il y a beaucoup de morceaux sur lesquels j’avais commencé à travailler et pour lesquels ça n’a pas marché finalement.
Les chansons de Burt Bacharach évoquent souvent une certaine insouciance, celle des années 1970. Vos versions évoquent plutôt une incertitude et une sombreur qui semble beaucoup plus contemporaine. Touche personnelle ou reflet de notre époque ? Ce n’est pas une volonté de ma part mais mon album raconte effectivement beaucoup plus notre époque, et traduit la nostalgie d’une autre. J’adore le nouvel Hollywood, cette période des années 1970 qui était géniale aussi pour la musique, où les moyens étaient énormes et où on ne se posait pas de question. Mes reprises sont faites avec pas grand-chose et ça dit quelque chose de là où en est la musique aujourd’hui : on n’a plus de moyens et on fait avec. Ça peut être très beau aussi, mais une mélancolie s’inscrit forcément dans ce geste.
Le guitariste Yan Péchin et le metteur en son Jean Lamoot, avec qui vous avez enregistré l’album, sont intervenus à quel moment ? Comme pour tous mes disques, je conçois d’abord l’album seule au piano, au chant ou avec quelques autres instruments, et une fois que le noyau dur est là, je fais appel à Yan avec qui on cherche des trucs, et ça va assez vite parce qu’on se connaît par cœur et qu’on aime jouer ensemble. On se comprend très bien, c’est rare et assez merveilleux. Pour ce disque j’ai pensé à Jean Lamoot, que je connaissais depuis qu’il avait travaillé avec Alain [Bashung], mais on n’avait encore jamais travaillé ensemble. Même si j’avais l’idée d’un album très épuré, je voulais que le son soit beau et j’avais besoin de quelqu’un qui sache travailler la matière sonore et prolonger mes idées. C’était vraiment la bonne personne. On a enregistré dans son studio, tous les trois, à jouer live à l’ancienne, et voilà le résultat. Il y a eu des choses traitées en live, quelques re-recordings, et quelques petites choses très délicates en post-prodroduction.
Le 14 octobre au Sunset, avec qui jouerez-vous sur scène ? Très simplement avec Yann à la guitare, et moi au Fender Rhodes et au chant.
S’ils sont sages, vos fans peuvent-ils s’attendre à des morceaux qui proviennent du reste de votre répertoire ? Oui, des albums précédents et d’autres reprises surprises ! Au micro : Yazid Kouloughli
A écouter « A Drink With Burt » (Red And Star / Universal, sortie le 16/10).

Réservez vos places pour le concert au Sunset, mercredi 14 octobre, 20h30