Schwab Soro en cinémascope - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 12 Oct 2026

Schwab Soro en cinémascope

Accompagnés par l’orchestre symphonique des Ondes plurielles, Julien Soro, Raphaël Schwab, et Rafaël Körner (batterie) ont réinventé le répertoire du duo  pour conclure le Festival Pegazz-L’Hélicon. Théâtre Jean-François Voguet, Fontenay sous bois, le 4 octobre 2026

Raphaël Schwab a une « patte » de compositeur, on le sait déjà, les deux albums du duo Schwab-Soro le prouvent assez, où l’on retrouve avec bonheur ses chansons espiègles, malicieuses, concises, souvent adossées à des contraintes formelles. Mais il a aussi une patte d’arrangeur, où la délicatesse et l’humour ressortent. Il use donc de cet orchestre symphonique qui met toutes les couleurs, tous les timbres à sa disposition, d’une façon très personnelle. Il ne se laisse pas déborder par ce grand ensemble, il le fragmente, le fait frissonner, le tient en laisse avant de le faire exploser. Il fait entendre notamment, au début du concert, de délicieux effets de dialogues entre les pizzicato des violons et des altos et les contrebasses. On sent chez lui l’amour des cordes, de leur timbre, qu’il fait grésiller, frissonner, chuchoter tout en finesse. Sa principale réussite à d’avoir réussi à faire exister le duo au sein de ce grand ensemble, en lui constituant de petites chapelles temporaires dont il fait disparaître les murs à volonté.

Dans cet écrin géant que constitue le grand orchestre, Julien Soro s’envole majestueusement et donne à entendre toutes les facettes de son lyrisme. Contemplatif, dans les deux premiers morceaux, avec un magnifique travail sur le son (le début) et plus tempétueux ensuite, mais aussi passionnant dans un registre que dans l’autre. Le concert se clôt sur « Une jolie valse joyeuse », l’un des tubes du duo, que Schwab transforme en épopée de plus de 20 minutes, s’amusant à jouer avec l’ombre du thème dans un jeu de cache-cache délicieux, avant de le faire apparaître dans son euphorique et irréfutable majesté.

JF Mondot