Hendaye: Guitaralde au pays de Jean Marie Ecay

09 Jul 2019 #

Du jazz, du blues rock, des hits : Guitaralde festival de guitares au pluriel monté dans sa ville natale par Jean-Marie Ecay cherche à ouvrir sur les horizons actuels de son instrument fétiche. À Hendaye entre océan et montagne Basque. Ambiance festive garantie.

Thierry Elliez prend une voix gorgée de soul, Grouillard,  Malik et Galvin font suer leurs cordes d.’un jus pur blues, le public aficionado relance la machine et Jean Marie Ecay grimpe sur scène pour un rôle de guitare lance flammes. Signature d’un drôle de festival en ce jour de la San Fermin, à une heure de là, ouverture des Fêtes de Pampelune…

Anthony Jambon (g), Joan Cariou (elp, cla), Camille Passeri (tp), Swaeli MBappé (elb), Martin Wangermée (dm)

Les Rapetous : Jimy Drouillard, Serge Malik, Manu Galvin (elg), Thierry Elliez (elp, cla), Laurent Cokelaere (elb), Éric Laffont (dm)

Pablo Fdez Arrieta (g), André Garcia (g), Hasier Oleaga (dm)

Place Sokoburu, Thermes Serge Blanco, Club le Soko, Hendaye (64700), 7 juillet

 

Anthony Jambon Group

 

Un cadre magnifique avec face à la scène, en fond de la Baie de Txigundi, de l’autre coté de la Bidassoa sensée séparer dans l’histoire les deux Pays Basque nord et sud, un regard  sur les murs remparts du Parador de Fontarabie. Anthony Jambon Group trouve ici, entre océan du fond du Golfe de Gascogne et premier contrefort pyrénéen l’espace idéal, propice à envoyer de la musique qui en cherche, en requiert, en alimente par essence « J’ai choisi de les programmer ici pour les qualités de leur leader sur son instrument bien sûr. Mais aussi pour leur travail de composition » justifie Jean-Marie fcay. Directeur artistique, âme d’une rencontre estivale vouée au départ à magnifier la guitare,  il a lancé puis développé ce festival dans sa vile natale depuis huit ans maintenant. Un événement de musiques actuelles qui, c’est le cas de le dire, a trouvé son rythme. Il affirme son caractère d’ouverture, d’accueuil des tendances autour du travail de guitaristes créatifs  dans une dimension raisonnée en début de saison touristique sur la Côte Basque.

Anthony Jambon

La musique  d’Anthony Jambon justement, œuvre à créer, ménager des espaces, des intervalles aptes à donner de l’air aux compositions qu’il signe. Avec dans une architecture peaufinée un jeu permanent de breaks, de relances (Martin Wangermée et Swaeli MBappé en complicité évidente) de croisements de trajectoires des instruments, piano et trompette exerçant alors en fer de lance hatmonique. Day Off offre à cet égard un exemple d’alliages de sonorités pleines, d’unissons comme manière de planter le décor (guitare/trompette) Iron will, au contraire éclate tout en contrastes entre lignes mélodiques douces -vocal y compris- et brisures rythmiques répétées (basse/batterie) Le travail de mise en place global paraît très « écrit » La guitare d’Anthony Jambon, sonorité claire, fluidité du phrasé, les soli signés Joan Cariou ou Camille Passeri viennent souvent en continuum logique, pertinent,  façon idoine de donner plus en profondeur aux lignes de base de la musique du groupe.

Les Mousquetaires de la guitare Rapetous

Écouter les Rapetous pousse, pour une certaine génération, à la mélancolie. Celle des grands hits de pop, blues et soûl des années 70/80…au siècle dernier ! Ainsi ré-ancrés sur une scène jouxtant le dernier port de la façade atlantique hexagonale, les vieux briscards, guitaristes pirates des gros vaisseaux vedettes du show bizz de la chanson française n’ont pas de concurrence pour électriser à ce point une ambiance de spectateurs conquis d’avance. Les trois mousquetaires de la guitare qui sabre électrique, Jimy Drouillard, Serge Malik et Manu Galvin possèdent toutes les recettes pour ce faire. Avec le renfort de Thierry Elliez et d’une rythmique de fer, ils (se) régalent  à faire partager le plaisir de la «gratte » qui découpe électrique comme un arc du même nom. Éclectiques et électriques comme, question de génération sans doute aussi, le jeu inclassable, inarrétable, bref improbable du Serge Blanco dont le nom signé s’inscrit sur le bloc de l’établissement qui abrite en partie le Festival. S’impriment alors sur les Télécasters en sons ronds, saturés sinon gras comme des souvenirs d’échos de Clapton, Beck, Page, Hendrix pourquoi pas et même sûrement l’ombre portée des membres de la tribu des King(s) ès blues, BB, Albert ou Freddie

 

 

Pablo Fdez Arrieta

Pablo Fdez Arrieta pour terminer cette troisième étape du jour pour le compte du tour basque  Guitaralde. Un guitariste de la cité basque de Markina justement, passé par le Berklee College de Boston, et présent notamment sur un album de Nana Vasconcellos lors d’un séjour au Brésil. D’où une composition reprenant les codes du chorro, musique du Nordeste. Arrieta, guitariste amateur de notes douces, de lignes courbes, d’ambiances plutôt feutrées au total. Une certaine élégance qui sied au contexte d’un club. Qui pâtit donc sans doute in fine de ce qu’un guitariste local présent lors du set nomme « la grinta » Cette envie de mordre dans le ballon qu’on reconnaît aux footbailleurs ou rugbymen…argentins.

Robert Latxague

Brève de jazz

Les Grands Prix de l’Académie Charles Cros ont été décernés hier soir

Grand Prix Jazz à CÉCILE McLORIN SALVANT pour son disque 'The Window' (Mack Avenue / Pias) Grand Prix Blues au groupe DELGRES pour son disque 'Mo Jodi' (PIAS) JORDI PUJOL, du label Fresh Sound, a reçu un Prix in honorem pour son travail sur l'édition phonographique et les rééditions, depuis 1983, et en particulier pour ses récentes publications de rééditions et d'inédits du jazz français des années 40 à 60. JOËLLE LÉANDRE a reçu un Prix in honorem en musique contemporaine pour l'ensemble de son parcours musical, à l’occasion de la parution récente de 'Double bass', ( B. Jolas, G. Scelsi, J. Cage, J. Druckmann, J. Léandre par J. Léandre) (Empreinte digitale). Elle a publié également cette année plusieurs disques de musique improvisée http://charlescros.org

Bill Carrothers: solo unique au Duc

C'est sans doute le pianiste le plus rare de notre époque, à tous les sens du terme: si l'ont tient bien nos tablettes, l'immense Bill Carrothers ne s'était plus produit à Paris depuis... 2011! Alors, pour une fois qu'il quitte sa retraite du fin fond du Michigan, on ne manquera pas sous aucun prétexte son unique date au Duc des Lombards ce jeudi 6 décembre, qui plus dans l’intimité d'un solo, configuration dans laquelle il nous a livré ses plus grands disques.

Palmarès.

C’est l’Auxane Trio du pianiste Auxane Cartigny avec le contrebassiste Samuel F’hima et le batteur Tiss Rodriguez qui a remporté l’édition 2018 du prix international Jazzymatmut dans le cadre des actions culturelles du Groupe Matmut. Le trio a touché un chèque de 8 000 €. 2ème prix : le quartette de Ludovic Ernault (5 000 €). 3ème prix : l’Eugène quintette (2 000 €). Auxane Cartigny avait ouvert la série de des 20 pianistes à suivre publiée tout au long du mois d’octobre dans les Bonus de jazzmagazine.com.

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20190701 - N° 718 - 96 pages

Avant ses concerts exceptionnels à la Fondation Louis Vuitton, Ahmad Jamal a accordé à Jazz Magazine un entretien exclusif pour...