Players, le nouveau groupe de Julien Soro-Ariel Tessier-Stefan Caracci

17 Nov 2021 #

Players est le nouveau projet du multi-saxophoniste Julien Soro.

 

Players, avec Julien Soro (sax ténor, sax soprano), Stefan Caracci (vibraphone, claviers), Ariel tessier (batterie), le 11 novembre 2021, Studio de l’Ermitage

 

J’aimais Julien Soro à l’alto (dans son inénarrable duo avec Raphaël Schwab), je l’aimais aussi au ténor (par exemple dans Sweet dogs, son trio avec Paul Jarret et Ariel Tessier). Je l’aime aussi beaucoup au soprano dans ce nouveau projet, Players. Conclusion : je n’ai aucune personnalité.

Le nouveau trio de Julien Soro se distingue de son groupe Sweet Dog, avec Paul Jarret, tourné vers l’improvisation radicale  (avec cependant des mélodies bouleversantes qui arrivaient comme des passagères clandestines). Ici, il y a des compositions, et même des très  belles, comme Snake Skin. La ligne de basse (jouée par Stefan Caracci) est fatale, et le thème, exploré au soprano, prend une force inouïe. On retrouve ensuite tout ce qu’on aime dans les improvisations de Julien Soro, la rage et la tendresse mêlées, l’introspection et la fraternité. Ariel Tessier fait entendre sa capacité unique à infléchir la musique, quel que soit le mode d’expression qu’il adopte, le bruissement, le grondement, ou une simple note sur la cymbale.

Au vibraphone et au clavier, Stefan Caracci est le troisième élément du groupe. Je ne connaissais pas ce musicien qui prend une importance énorme dans le trio par ses lignes de basse fraîches et stimulantes, ses textures (il lui arrive d’utiliser les deux en même temps, main droite sur le clavier, main gauche au vibraphone).

Sur Snake Skin, il prend un solo merveilleux. En laissant résonner les dernières notes de ses phrases, il nous emmène un peu hors du temps, dans un drôle de paysage où les montres sont molles et où les ruisseaux coulent de la mer à la source.  Il n’y a jamais aucune note de bavardage ou de remplissage chez ce musicien qui donne beaucoup d’espace à la musique du trio.

Le dernier morceau An other year, est magnifique. Soro, au sax ténor, fait entendre quelque chose qui fait songer à la tendresse cosmique de Coltrane. Il y a toujours du lyrisme chez lui, toujours de l’énergie, mais on sent qu’il cherche avec ce trio à trouver de nouveaux chemins. On l’entend qui cherche, musicalement et sans doute aussi spirituellement, qui creuse, qui fouille à l’intérieur, qui ne veut pas se contenter de tout ce qu’il sait déjà faire. Un musicien qui cherche, c’est beau, et ça sent tout de suite. Ses prises de risque, ses tâtonnements, ajoutaient encore un peu plus d’humanité à la musique.

 

Texte JF Mondot

Dessins AC Alvoet (autres dessins, peintures, gravures à découvrir sur son site www.annie-claire.com)

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20221001 - N° 753 - 84 pages

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