Retour sur « l’ogre intact » de Pierrick Hardy au Triton

12 Dec 2019 #

Le quartet de Pierrick Hardy jouait célébrait au Triton la sortie de son disque l’Ogre Intact (Emouvance)  Assurément un des plus beaux concerts de l’année.

Pierrick Hardy (guitare, clarinette), Catherine Delaunay (clarinette), Claude Tchamitchian (basse), Régis Huby (violon), le Triton, 28 novembre 2019

 

Ce qui frappe d’abord en écoutant cette musique, c’est le raffinement des textures, la délicatesse dans les alliages de timbres. Tout cela, on le sent, a été ciselé avec une patience infinie, le poids exact de chaque note a été mesuré au trébuchet tout en veillant avec soin aux grands équilibres entre les masses sonores, les arrières plans ont bénéficié d’autant de soin et d’attention les premiers, bref, c’est magnifiquement écrit. Mais ce qui est presque encore plus beau, à mon sens, c’est que Pierrick Hardy s’est mué en Pénélope de sa propre toile. Il s’est appliqué à faire vaciller les constructions sonores qu’il avait si patiemment élaborées. Il les fait dérailler, le plus souvent, en laissant la bride à la contrebasse de Claude Tchamitchian, à sa pulsation fauve, énorme, irréductible. Et cela change tout.

Car ces textures raffinées et chatoyantes deviennent alors l’objet d’un combat interne, tantôt triomphantes, tantôt vaincues par l’opiniâtreté de cette pulsation de contrebasse. (parfois de violents traits de violon et de clarinette, fomentés par Régis Huby et Catherine Delaunay prennent le relais). La musique devient fragile, tourmentée, clivée, narrative. Un orage menaçant plane au-dessus de cette musique chambriste. L’architecte de ce savant chaos est Pierrick Hardy, doux guitariste qui ne s’est pas donné la part du lion en tant qu’instrumentiste.

Mais il s’est autorisé au début du concert un solo merveilleux, avec un jeu de guitare d’une justesse et d’une musicalité bouleversante, comme s’il voulait murmurer avec son instrument (le sourire de Catherine Delaunay l’écoutant valait tous les discours). Un guitariste rare,  une musique rare, une soirée parfaite.

Texte JF Mondot

Dessins Annie Claire Alvoët (autres dessins, peintures, gravures à découvrir sur son site www.annie-claire.com)

Brève de jazz

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Il restera pour l’éternité l’un des pianistes les plus influents et respectés de l’histoire du jazz moderne, McCoy Tyner est mort vendredi 6 mars, et c’est le monde du jazz qui est en deuil. Jazz Magazine est triste, très triste.

Jazz Magazine de mars (N°725)

Ce mois-ci, Thomas Dutronc est rédacteur en chef invité de Jazz Magazine. Un numéro à retrouver en kiosque !

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20200401 - N° 726 - 100 pages

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