Sophie Alour au Paris Jazz Festival : une profession de joie

13 Sep 2020 #Concerts

Ce soir, sous le chapiteau des Festivals du Parc Floral de Paris, le quintette de Sophie Alour s’est rendu maître des lieux.

La saxophoniste et flutiste était bien entourée : outre Mohamed Abozekry au oud et au chant, le pianiste Damien Argentieri, le contrebassiste Philippe Aerts et le batteur Donald Kontomanou, on découvrait le jeune mais déjà chevronné joueur de saz Abdallah Abozekry, qui devrait remplacer son grand frère lorsque celui-ci sera retourné s’installer en Egypte après dix années d’une vie musicale intense en France.

Une belle et solide équipe pour un répertoire largement issu du dernier album de Sophie Alour en étroite collaboration avec Mohammed Abozekry, le bien nommé “Joy” (Music From Source, 2020), dont la belle lancée au mois de février s’est vue interrompue par… (vous savez la suite). Un malheur qui n’était sans doute pas pour rien à la chaleureuse envie de jouer qui a animé un set généreux et intense, quelque part entre les racines bretonnes de la saxophoniste et les influences de Mohammed Abozekry du côté des musiques traditionnelles égyptiennes. Une rencontre aussi étonnante que fructueuse entre deux mondes que semblent rassembler le goût de l’improvisation, dans un parfait équilibre entre le méditatif et la fougue d’une énergie débridée, Sophie Alour laissant une large place à chacun pour s’exprimer : un Donald Kontomanou des grands soirs, les frères Abozekry pour un duo mémorables sur l’un des morceaux phares du disque, Un ciel plus grand, un Philippe Aerts impeccable de retenue et dont le touché a fait merveille sur le “billevansien” Hydrate et adoucit les mœurs, et un Damien Argentieri toujours présent qui sut choisir ses moments pour faire monter par ses chorus mordants la température de cette soirée.

A la flûte comme au saxophone ténor, la leadeure au son puissant, tellurique et pourtant réconfortant a plongé son auditoire dans un univers auquel cette chaude et ensoleillée fin d’après-midi a offert le cadre idéal. De quoi tenir sa promesse d’une musique qui parle « au corps et à l’esprit ». On n’aurait pas dit mieux !

Yazid Kouloughli

Photo © Elodie Winter

Le Festival du Parc Floral continue jusqu’au 23 septembre ! Toutes les dates ici.

Brève de jazz

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