L’été dernier, au mois d’août, un(e) fidèle de la Pépite du jour nous avait parlé chaque matin d’un disque incompris, mésestimé ou oublié qui lui tenait à cœur. Retrouvez jusqu’au 3 janvier cette sélection d’un réjouissant éclectisme. Nordine Amalou (de Roubaix) avait choisi :
Frontiers
Journey
Columbia
1983

« “Incompris” ? Par les rock critics du monde entier sans doute. “Mésestimé” ? Pas par Prince ! “Oublié” ? Jamais ! (Pas par moi en tout cas.) “Frontiers” de Journey, c’est ma madeleine à moi. Mon “plaisir coupable” dites-vous ? Mais pourquoi dites-vous ça ? En quoi devrait-on se sentir “coupable” d’aimer ce disque qui, accessoirement, est l’un des meilleurs de Journey ? Et puis de toute façon, il y a plaisir ou pas, la notion de culpabilité n’a pas lieu d’être. Si je cite Prince, c’est bien sûr parce que Faithfully, la “power ballad” de la fin de la première face, a influencé Purple Rain – oui, je sais, tout le monde connaît et raconte cette histoire pour faire le malin depuis que messieurs Jonathan Cain et Neal Schon l’ont faite fuiter après la mort de Prince : le natif de Minneapolis qui appelle pour signaler aux Journey boys qu’une ballade qu’il venait d’enregistrer était fort influencée par la leur, les Journey boys, flattés par la qualité de Purple Rain, lui répondant quelque chose comme « Go on man, your song is great… Good luck with it ». Mais ce n’est pas tout : “Frontiers” contient aussi l’irrésistible Separate Ways (Worlds Apart), qui passait en boucle sur mon Walkman quand j’allais à la fac, la puissantes Chain Reaction et Edge Of The Blade, l’incroyable Back Talk (avec Steve Smith en feu derrière ses fûts) et la trippante chanson titre. Bref, un album parfait dont le verso était un remake du recto du premier album Journey, un autre album culte pour moi, mais pour d’autres raisons (musicales). PS : Le jour où j’ai lu une chronique positive de “Frontiers” dans Muziq, je me suis abonné ! »
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L’été dernier, au mois d’août, un(e) fidèle de la Pépite du jour nous avait parlé chaque matin d’un disque incompris, mésestimé ou oublié qui lui tenait à cœur. Retrouvez jusqu’au 3 janvier cette sélection d’un réjouissant éclectisme.
Alain Millis (de Majastres) avait choisi :
Adventures In Radioland
John McLaughlin And Mahavishnu
Day Eight Music
1987

Version 1.0.0
« Trois ans après l’inattendu comeback de Mahavishnu avec un album qui en avait désarçonné plus d’un – pas moi, qui lui trouve quelques défauts mais y reste très attaché –, John McLaughlin revenait avec la même formation, à l’exception notoire du batteur, qui n’était plus Billy Cobham, seul lien le Mahavishnu d’“avant”, mais Danny Gottlieb, ex-membre du Pat Metheny Group – cela m’avait surpris et, je dois dire, amusé, dans la mesure où d’aucuns avaient trouvé que dans l’album de 1984, McLaughlin jouait sur certains morceaux avec une Synclavier Digital Guitar™ dont la sonorité n’était pas sans rappeler celle de Pat Metheny… (En 1985, avec “Soaring Through A Dream”, Al Di Meola aussi avait sorti un disque dont l’esthétique était influencée par celle du Pat Metheny Group…) Mais avec “Adventures In Radioland”, l’affaire était toute autre : le groupe était vraiment soudé cette fois, le boss en forme olympique – shredders metal, prenez garde ! –, les compositions variées, provocantes, funky, modernes, typiques du son “eighties”, mais superbement arrangées. Je trouve qu’“Adventures In Radioland” est vraiment un disque mésestimé de Monsieur McLaughlin. Et pour avoir vu ce groupe sur scène à l’époque, je peux dire que la musique était encore plus forte ! Et si je puis me permettre de vous conseiller deux grands albums – mésestimés aussi je trouve ! – de deux autres membres de Mahavishnu, ce serait “Train Of Thought” du claviériste Mitchel Forman et “The Alternative Man” du saxophoniste Bill Evans. PS : Merci Fred d’avoir retenu mon texte ! »
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L’été dernier, au mois d’août, un(e) fidèle de la Pépite du jour nous avait parlé chaque matin d’un disque incompris, mésestimé ou oublié qui lui tenait à cœur. Retrouvez jusqu’au 3 janvier cette sélection d’un réjouissant éclectisme.
Gilles Dulin (de Saint-Rémy-de-Provence) avait choisi :
Asia
Asia
Geffen Records
1982

« C’est chez un disquaire avignonnais qui a malheureusement fermé depuis longtemps que la sublime pochette de ce disque m’a sauté aux yeux. Roger Dean bien sûr, connu pour son travail avec Yes, mais aussi avec Osibisa, Gentle Giant, Uriah Heep, Babe Ruth… Pour être honnête, je ne savais pas que messieurs Wetton, Howe, Downes et Parlmer avaient formé un groupe, ou plus précisément un “supergroup” – je croyais que la mode de ce genre de formation était passée… Ben non : l’ancien bassiste et chanteur de King Crimson, le guitariste de Yes, le claviériste des Buggles et le batteur d’Emerson, Lake & Palmer avaient donc conjugué leurs talents pour former Asia – America et Japan, entre autres, étaient déjà pris… –, et enregistrer un premier album qui avait des allures de “best of” tant la qualité de leurs neuf chansons s’élevait au-dessus de la moyenne. Je m’étais étonné, de prime abord, qu’aucune d’entre elles ne dépassent les six minutes ; après tout, ces Quatre Fantastiques étaient connus pour leurs passé prog. Mais pour cette fois, ils avaient concentré leur art dans un format pop, et il faut avouer qu’ils avaient bien fait, car on frôlait la perfection. Heat Of The Moment (dont le riff préfigure étrangement celui de Owner Of A Lonely Heart de Yes, qui sortira un an après), Time Again, Wildest Dreams, Without You, Here Comes The Feeling… : sur des harmonies et des refrains finement ciselés, la voix du regretté John Wetton n’avait peut-être jamais aussi bien transmis des émotions, tandis que ses trois compères rivalisaient d’invention mélodique et de virtuosité sans esbroufe (Steve Howe et Carl Parlmer dans Wildest Dreams !). Asia, ou l’incarnation idéale de la pop prog. »
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L’été dernier, au mois d’août, un(e) fidèle de la Pépite du jour nous avait parlé chaque matin d’un disque incompris, mésestimé ou oublié qui lui tenait à cœur. Retrouvez jusqu’au 3 janvier cette sélection d’un réjouissant éclectisme.
Agnès Chapotel (de Saint-Ouen) avait choisi :
New Power Soul
New Power Generation
NPG Records
1997

« Je suis folle de ce disque depuis sa sortie. En 1997, il me semble que ça n’allait plus trop de soi d’aimer Prince avec autant de passion qu’en 1987. Il n’était plus tendance, mais moi j’aimais son “temps-danse”, son look insensé, son brushing, son maquillage, ses boucles d’oreille, ses colliers, ses bagouses… (Dans le livret tou.te.s ses musicien.ne.s étaient au diapason.) Bon, le gun-mike, je sais pas, mais ça me faisait bien rire. Et puis le chansons, dix plus une, la cachée, la n° 49, Waysted Kisses, ma préférée peut-être, non, c’est Mad Sex (le groove !), non, When U Love Somebody (le refrain !), non, Freaks On This Side (bien dingo), non, Come On (le presque-tube), non, The One (non mais cette voix quoi, ces chœurs, ces paroles, et les strings de Clare Fisher)… Bref, en 1997, je me sentais un peu seule, mais ça n’allait pas durer, Prince allait peu à peu revenir en pleine lumière, surtout quand il se décida à récupérer son nom tout en gardant son symbole, aujourd’hui devenu, c’est fou, aussi célèbre que son patronyme. En 2001, “The Rainbow Children” le replaça sous les radars de la hype, mais moi, je vous jure, je suis longtemps restée scotchée à “New Power Soul”, et je suis sûre qu’il sera culte en 2037, quand il ressortira en coffret Super Deluxe [LOL]. Sinon, quelqu’un peut m’expliquer pourquoi “New Power Soul” – et, au passage “Exodus” – n’est pas sur les plateformes de streaming ? Allô, l’Estate ? »
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L’été dernier, au mois d’août, un(e) fidèle de la Pépite du jour nous avait parlé chaque matin d’un disque incompris, mésestimé ou oublié qui lui tenait à cœur. Retrouvez jusqu’au 3 janvier cette sélection d’un réjouissant éclectisme.
Joseph Champonce (de Tartane) avait choisi :
In Through The Out Door
Led Zeppelin
Swan Song
1979

« Épargnez-moi vos sourires narquois : oui, “In Through The Out Door” est le premier album de Led Zeppelin que j’ai écouté ! Il venait de sortir, et c’était le seul disponible chez le disquaire de Montélimar où j’avais passé mes vacances d’été. Oui, je sais, nous sommes loin des fabuleux orages électriques et des douces et envoûtantes brises acoustiques des quatre premiers opus du groupe, mais je trouve que la diversité de cet album injustement mésestimé égale celle de “Houses Of The Holy” ou de “Physical Graffiti” (attention, je ne prétends pas qu’il y a dans “In Through The Out Door” des morceaux aussi grandioses que Kashmir ou In My Time Of Dying…)
D’abord, j’adore In The Evening, en ouverture, avec cet ahurissant solo de Jimmy Page qui débute comme un éboulement de notes ; et Fool In The Rain, cette douce folie au cœur samba ! (La partie de batterie de John Bonham a changé la vie de Jeff Porcaro, rien que ça…) Et Carouselambra, Led Zep’ qui vire prog, avec un pont disco orchestré par John Paul Jones !
Jimmy Page était, disons, un peu absent lors de l’enregistrement de ce disque, il s’était senti comme dépossédé de son groupe chéri par Robert Plant, qui avec l’aide de Jones aux synthétiseurs atteint de sommets d’émotion dans All My Love. Et I’m Gonna Crawl ! À mon avis, cette chanson a influencé le Prince de Purple Rain – oui, on ne le dit pas assez souvent(même Fred)… Bref, j’aime ce disque depuis toujours et, pour moi, un disque de Led Zeppelin, même imparfait, reste un grand disque. »
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L’été dernier, au mois d’août, un(e) fidèle de la Pépite du jour nous avait parlé chaque matin d’un disque incompris, mésestimé ou oublié qui lui tenait à cœur. Retrouvez jusqu’au 3 janvier cette sélection d’un réjouissant éclectisme.
Mattéo Rigetti (de Besançon) avait choisi :
Lukather
Steve Lukather
Columbia
1989

« Fan de la première heure de Toto, la sortie du premier album solo de Steve Lukather fut pour moi une belle surprise. Pensant qu’il serait disponible dans son pays natal avant de sortir en France, j’avais appelé un vieil ami américain pour lui demander de me le trouver chez un disquaire de son coin (il habitait Los Angeles), afin que je puisse l’écouter avant tout le monde ici ! “Mais quel disque solo de Lukather, bro’ ?!” m’avait-il répondu par fax. Hé oui, à ma grande surprise j’ai appris par la suite que “Lukather” était sorti dans le monde entier…sauf aux États-Unis ! La faute au nouveau boss de Columbia, un certain Donny Ienner, que Lukather détestait – c’était réciproque je crois…
Mais ce petit désagrément ne m’empêcha pas d’écouter mon CD en boucle et, ô joie, de constater que le premier morceau, l’incendiaire Twist The Knife, avait été composé à quatre mains par “Luke” et son pote Eddie Van Halen, qui jouait de la basse dessus !
Il faut dire que cet album éponyme était un festival de “big names” : Jeff Porcaro, Carlos Vega, Danny Kortchmar, Steve Stevens, Jan Hammer, Mike Landau, Lee Sklar, Randy Goodrum, Will Lee, David Paich, Randy Jackson… Tous donnaient un certain cachet à un disque de hard-rock’n’roll sans complexe, rentre dedans, puissant, et bien sûr débordant de soli brûlants (celui de Drive A Crooked Road est “juste une dinguerie”, comme vous dites, vous les jeunes). Ce qui n’excluait pas certaine verve mélodique.
Bref, aussi bon qu’on disque de Toto, quoique plus “viril” – d’une certaine manière, il annonçait le dernier album de Toto avec Jeff Porcaro, “Kingdom Of Desire”, dont la première chanson, Gypsy Train, aurait pu figurer dans ce “Lukather” qui fit mon bonheur. »
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L’été dernier, au mois d’août, un(e) fidèle de la Pépite du jour nous avait parlé chaque matin d’un disque incompris, mésestimé ou oublié qui lui tenait à cœur. Retrouvez jusqu’au 3 janvier cette sélection d’un réjouissant éclectisme.
Lise Descombes (de Trouville) avait choisi :
High Crime
Al Jarreau
Warner Bros. Records
1984

« Ce disque d’Al Jarreau fut en son temps décrié par les puristes à cause de sa production très “eighties”, synthés à go go et beats électroniques. Et pourtant, quel divin choc avais-je reçu quand le saphir se cala dans le sillon de la première face de mon 33-tours acheté à Paris lors d’un bref séjour, je m’en souviens comme si c’était hier. Raging Waters ! Quelle énergie ! La voix féline et le phrasé élastique du grand Al qui dansait sur les boîtes à rythmes, qui pour l’occasion avaient toutes hérité d’un nom : Chip McSticks, Skinsoh Umor, Tubs Margranate, Tyrone B. Feedback, Rug Toupé, U.L. Blowby… Ah ah ah !
Et ces chansons si entraînantes, ces arrangements inventifs et modernes… Imagination, Murphy’s Law, la chanson titre, le tube Let’s Pretend (où l’on reconnaissait bien la “patte” de Richard Page et de Steve George des Pages), la très funky Sticky Wicked… Non, ce n’était pas un Crime que d’écouter ce disque qui me rendait High le plus légalement du monde – quelle meilleure drogue que la musique ? »
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L’été dernier, au mois d’août, un(e) fidèle de la Pépite du jour nous avait parlé chaque matin d’un disque incompris, mésestimé ou oublié qui lui tenait à cœur. Retrouvez jusqu’au 3 janvier cette sélection d’un réjouissant éclectisme.
Michel Gauthier (de Tournon) avait choisi :
We Live Here
Pat Metheny Group
Geffen Records
1995

« C’est Claude Nougaro qui chantait : “Mon disque d’été est déjà rayé / Par les rayons gris de la mélancolie / Mon disque pleure sur sa dernière heure envolée.” Hé bien moi, mon disque de l’été 1996, c’était “We Live Here” du Pat Metheny Group, et je dois avouer qu’étant un peu jeune pour avoir “vécu” ce groupe génial dans les années 1980, son âge d’or selon les plus anciens, les disques du PMG (du “Pihemgi” !) des années 1990 sont ceux qui comptent le plus pour moi. Et donc celui-ci, le plus souvent rythmé par des beats (magnifiquement) programmés, mélangés au jeu de cymbale pointilliste de Paul Wertico. (Dans The Girl Next Door, on frôle le hip-hop !)
La musique du Pat Metheny Group m’a souvent invité au voyage – leurs célèbre double live de 1983 ne s’appelle-t-il pas “Travels” ? –, mais “We Live Here” représente pour moi un must du genre “trippin’ jazz” ensoleillé, avec des mélodies irrésistibles et des harmonies chatoyantes. Et puis il y les deux maîtres, Pat le guitariste et Lyle le claviériste, les Lennon & McCartney du jazz, qui de leur écrin avaient sorti leur plus belle plume pour coucher sur partition leurs idées lumineuses.
Et puis, comme on aime aussi leurs immenses qualités d’improvisateurs, permettez-moi d’insister sur les solos qu’ils prennent dans Episode d’Azur (j’adore ce titre !) : ils sont tout simplement touchés par la grâce. “Nous vivons ici” ? Moi aussi, pour la vie ! »
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L’été dernier, au mois d’août, un(e) fidèle de la Pépite du jour nous avait parlé chaque matin d’un disque incompris, mésestimé ou oublié qui lui tenait à cœur. Retrouvez jusqu’au 3 janvier cette sélection d’un réjouissant éclectisme. Annaëlle Dessan (de Nîmes) avait choisi : Zenyattà Mondatta The Police (A&M Records1980)

« Le troisième disque de The Police me tient à cœur pour une raison toute simple : je n’avais alors que deux 45-tours d’eux, Walking On The Moon et Message In A Bottle, et c’est le premier “33” que j’ai pu m’acheter avec mon argent de poche, peu de temps, je crois, après sa sortie (j’étais au Lycée Alphonse Daudet, je venais d’entrer en seconde, c’était donc forcément fin 1980). Je sais bien que “Zenyattà Mondatta” est loin d’être considéré comme le meilleur album de The Police, et d’ailleurs, pour moi qui ne connaissais donc que mes deux 45-tours, par cœur (et Roxanne bien sûr, qui passait souvent à la radio), je dois avouer que j’avais été un peu déçue, au début, ou plus précisément décontenancée par, comme dire, la différence énorme entre certaines chansons. J’adorais Don’t Stand So Close To Me, Voices Inside My Head (mon grand frère, batteurs, me disait que Stewart Copeland était vraiment génial sur ce morceau), et le fait que Driven To Tears et When The World Is Running Down, You Make The Best Of What’s Still Around (ce titre !) me troublait un peu, mais ça me plaisait tout de même. J’aimais nettement moins Canary In A Coalmine, dont je trouvais le refrain bêta (je dois avouer que je n’avais pas fait le rapprochement avec le fait que Sting soit originaire d’une ville minière…), De Do Do Do Do, De Da Da Da et Man In A Suitcase pour les mêmes raisons, et je zappais souvent Bombs Away. Mais le rythme bizarre de Shadows In The Rain et l’étrangeté des deux instrumentaux, Behind My Camel et The Other Way Of Stopping, fit qu’au bout du compte j’appris ce disque par cœur, qui reste pour moi un grand disque un peu enrhumé de The Police, mais un grand disque quand même. »
La rencontre au sommet de ces deux légendes de la guitare blues en 1983 est rééditée avec le plus grand soin en CD et en LP par Craft Recordings.
On n’oserait presque pas vous faire l’affront de vous répéter ce qui a déjà si souvent été dit sur cette collaboration de rêve, qui de toutes celles qui jalonnent l’histoire du blues reste l’une des plus brûlantes et mémorables. Voilà enfin rééditée dans les règles de l’art cette session de 1983, enregistrée alors que SRV ne s’était pas encore couvert de gloire pour sa participation à l’album “Let’s Dance” de David Bowie, et qu’Albert King, déjà entré dans la légende malgré une reconnaissance jugée insuffisante par ses admirateurs, était encore au sommet de son éloquence.
Depuis quelques années, Craft Recordings multiplie les rééditions, en LP et/ou en CD, de grands disques historiques avec tout le soin qu’ils méritent, tant au niveau de la qualité du son que de l’attention portée aux pochettes, et c’est un plaisir que de (re)découvrir “Albert King With Stevie Ray Vaughan / In Session”, publié à l’origine sur le label Stax, aussi bien traité.
Si le LP reprend le tracklisting des 7 morceaux de la première édition de 1999, la version 2 CD propose elle l’intégralité des pistes enregistrées le 6 décembre 1983 aux CHCH Studios d’Hamilton, dans l’état de l’Ontario, qu’on n’avait découvertes qu’en 2010 à l’occasion de la sortie du DVD, avec trois plages supplémentaires mais qu’on vous recommande de ne surtout pas rater : Born Under A Bad Sign, I’m Gonna Move To The Outskirts Of Town et le célèbre Texas Flood de SRV. Ici, pas de DVD (vous devriez pouvoir en trouver assez facilement des extraits sur la toile), mais le livret, à la pagination généreuse (15 pages) comprend les textes qui agrémentaient l’édition originale de 1999 et la réédition de 2010.
La qualité de la musique se passe de commentaire, mais l’entente qui règne entre les deux hommes laisse pantois, qui se prolonge dans leurs discussions entre les morceaux préservées par le montage, tandis qu’ils sont accompagnés d’une section rythmique à la hauteur de l’événement (Gus Thornton, basse, Michael Llorens, batterie, Tony Llorens, piano et orgue). Pour la qualité du travail éditorial et celle de la musique, toujours aussi forte qu’au premier jour (ou comme le disait Albert King lui-même : « The blues don’t change ») cette réédition est des plus recommandables ! Yazid Kouloughli